Marseille : expulsion de la Razzia


La foudre est tombée sur La Razzia


Jeudi 26 juillet au matin, à Marseille, la police aidée du GIPN a envahi la Razzia qui s’apprêtait à lancer des festivités et des ateliers, l’orage, du 2 au 5 août. Néanmoins, malgré l’absence de cet énorme lieu d’activités, l’orage va retentir quand même aux dates prévues.

Ce jeudi 26 juillet de bonne heure, la Razzia [22 rue Vincent Leblanc] a été expulsée en quelques heures en employant les grands moyens. Même le GIPN était de la partie : cagoulés et équipés ils sont montés sur le toit à l’aide d’une nacelle réquisitionnée et, un par un, ils ont interpellé et descendu les habitants et habitantes. Et dans la foulée, un bulldozer est intervenu…

Le squat d’activité de la Razzia est un lieu de résistance au capitalisme destructeur au beau milieu de ce quartier de Marseille, appelé désormais Euromed, proche de la rue de la République et du nouveau tram, situé au plein cœur de la bataille que se livrent diverses institutions et entreprises de la finance et du bâtiment, comme Urazeo/ANF, le plus gros propriétaire sur le périmètre Euromed, qui a fait venir immédiatement le bulldozer.

Au final, il n’y a eu aucune arrestation et une bonne partie des affaires a pu être récupérée. Mais ils n’ont même pas attendu fin août, comme ils l’avaient promis, pour expulser la Razzia ! Même si on le savait déjà, ce sont vraiment des menteurs. Ils n’ont pas attendu que l’orage se passe ! Pour eux, le fric passe avant la parole donnée.

Cependant la décision a été prise de maintenir l’orage prévu du 2 au 5 août… Ailleurs.

Bien sûr le programme sera pas mal chamboulé, de nombreuses surprises égayeront ces folles journées. Bien sûr ce sera moins confortable. Alors ramène-toi avec ta frontale, ta bouteille d’eau, ton matelas-mousse et encore plus de détermination.

larazzia@no-log.org

NB : Voilà la nouvelle adresse: angle de la rue Trinquet et de la rue Cathala, Marseille, 2°, à deux pas du métro Joliette. C’est le bâtiment des Pompes funèbres.


Pour la p’tite histoire

Ça avait commencé par l’occupation d’un ancien lycée catholique en plein cœur du projet Euroméditerranée, un projet de restructuration urbaine de grande envergure. La Razzia n’a pas duré longtemps : 3 mois. C’est que le proprio était ANF-Eurazeo (une des plus grasses sociétés d’investissement européennes) qui possède par ailleurs la moitié de la rue de la République.

Le lieu a été expulsé une semaine avant l’orage de concerts, projections, ateliers prévus du 2 au 5 août. Alors, un autre bâtiment a été occupé. Encore plus près de la rue de la République. L’orage a bien eu lieu. Programme chamboulé mais assuré grâce à de nombreux compagnons venus prêter mains fortes (spécial dédicace au crew du Nord) : bouffe devant La Razzia suivie d’une ouverture en plein jour – soirée anti-nucléaire, projection/discussion – concerts – ateliers sérigraphie, fanzine, chauffe ton corps, etc.

Samedi 4 s’est déroulée une balade à vélo dans laquelle le nouveau tramway de Marseille a été “attaqué” (tag, barricades sur les rails, collage). A l’issue de la balade, la Bac charge la porte. Altercation. Deux flics blessés en tentant de rentrer de force. Une personne arrêtée à l’extérieur du squat. Renforts de CRS qui font le siège pendant environ une heure.

Lundi 6 : rassemblement de solidarité devant le tribunal… la personne arrêtée est libérée dans l’après-midi. Elle comparaît le 22 août au tribunal correctionnel de Marseille pour rébellion avec violence en réunion [reporté au 7 septembre].

Venons nombreux manifester notre solidarité le 7 septembre devant le tribunal de Marseille.

[Extrait de "Cette Semaine" n°93, août 2007, p. 14]