INTERSQUAT DE PARIS : LA SEMAINE D’ACTIONS CONTRE LES EXPULSIONS

A l’initiative de l’Intersquat de Paris et banlieue proche s’est déroulée du 14 au 21/03/99 une semaine d’actions contre les expulsions. Du 14 au 21 parce que l’arrivée du printemps dénote traditionnellement la fin de la " trêve d’hiver " et le retour en force des expulsions de squats et de locataires (la trêve concerne juridiquement " les locataires mauvais-es payeur-euses ", mais une tolérance existe pour les squats).

Des squatteuses-eurs sont ainsi venu-es d’un peu partout (France, Allemagne, Pays-Bas…) pour activer la solidarité entre les squats et partager des moments de lutte et de fête.

Du 14 au 21, la semaine aura plutôt été chargée, chaotique, désorganisée, mais expérimentatrice. L’occasion pour les squatteuses-eurs de faire preuve aux institutions et autorités diverses de leur mécontentement et de leur détermination à ne pas se résigner et à riposter. Après la fête de rue du 14, sur la Place des Fêtes, dans le XIXe, de nombreuses actions-éclairs ont été menées sur différentes cibles (sur EDF contre les coupures d’électricité et le nucléaire, sur des avocats défendant les expulseurs, contre la bureaucratisation et l’urbanisme bourgeois lors d’une expo sur la ville de Paris, etc.).

Effectuées à 15 ou 20 maximum, ces actions ne nécessitaient pas forcément la présence des nombreuses personnes venues sur Paris pour participer à la semaine d’actions, et ne demandent donc qu’à être renouvelées le plus souvent possible.

La manif " illégale " (sans demande d’autorisation auprès de la Préfecture), mais avant tout festive, du mercredi 17 mars a rassemblé environ 130 personnes, toutes masquées et/ou déguisées. Traversant le XXe arrondissement jusqu’au sud du XIXe, en passant par le métro, les manifestant-e-s faisaient monter la pression au détour de certaines rues dans lesquelles, jadis, étaient ouvert tel ou tel squat… Légumes pourris balancés sur les devantures des nouveaux bâtiments, bombages multiples, la fête s’intensifiait. Et par manque de lucidité, une grosse partie de la manifestation s’est retrouvée piégée par un quadrillage policier pas si inattendu que ça… Près d’une trentaine de personnes ont été interpellées, sans suite.

Enfin, si cette semaine n’a pas eu un retentissement énorme (mais c’était une première pour nombre d’entre nous), elle a quand même eu un impact certain sur les autorités, puisque le dimanche 21, l’intersquat avait prévu de clore la semaine en discutant "en plein air" sur le thème des squats et des expériences alternatives de vie collective, mais les flics ont jugé cela bien trop dangereux pour ne pas être réprimé avant même que ça n’ait lieu. Du coup, au lieu de rendez-vous fixé pour aller débattre, une douzaine de personnes ont été embarquées au faciès par les flics (à noter que plusieurs des personnes qui se sont retrouvées dans le fourgon de flics n’étaient même pas au courant de ce débat sur les squats ni même de la semaine d’actions). Pour résumer, cette semaine d’actions contre les expulsions aura bien fait tourner les keufs en bourrique, les squatteuses-eurs auront occupé la rue, mais peut-être pas assez (durablement) pour être suffisamment visibles. Mais ça ne s’arrête pas là, la lutte continue.

EXTRAIT DU N°1 DE KAROSHI (ETE 1999)