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Grigny : Quatre policiers blessés par des tirs de plombs
(Le 3 mars 2008)

Quatre policiers blessés par des tirs de plombs à Grigny

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 02.03.08 | 21h22

Quatre policiers ont été blessés dimanche 2 mars par des tirs de plombs lors d’une intervention à Grigny, dans l’Essonne, a annoncé le ministère de l’intérieur. "Appelés par une boulangère du quartier de La Grande Borne, dont le commerce venait d’être vandalisé par deux individus", explique le communiqué, ces fonctionnaires seraient tombés dans un "guet-apens" tendu par une trentaine de personnes, "au visage dissimulé, dont plusieurs étaient armées, qui les ont pris à partie."

A l’arrivée de la police, vers 16 heures, les jeunes braqueurs de la boulangerie ont pris la fuite avant d’être rejoints par une vingtaine d’autres individus, avaient indiqué plus tôt des sources policières. Deux d’entre eux ont sorti des fusils à pompe et fait feu en direction des policiers. D’après le syndicat Alliance, les armes n’étaient pas chargées avec de vraies balles, mais avec du plomb. Plusieurs autres jeunes étaient en possession d’armes de poing, mais ils n’ont pas réussi à en faire usage, a précisé le syndicat Alliance. Des projectiles et des cocktails Molotov ont été lancés en direction des fonctionnaires. Une voiture a également été brûlée. Le quartier a été bouclé par de nombreux renforts, dont des CRS et des gendarmes mobiles. Le calme est revenu vers 17 h 30, selon la police qui n’a procédé à aucune interpellation.

Trois policiers ont été légèrement blessés, un quatrième, touché à une cuiss, a dû être transporté à l’hôpital, indiquent ces sources et le communiqué. Ses jours ne sont pas en danger, ont indiqué les pompiers.

La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, "exprime son indignation" et "dénonce la lâcheté de tels actes", indiquent ses services. Les policiers n’ont pas fait usage de leurs armes, a-t-on précisé au ministère.

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03.03.2008

La Police agressée à coups de fusil dans l’Essonne

Dimanche. 15h35. Six individus pénètrent dans une boulangerie de Viry-Chatillon à quelques centaines de mètres du quartier réputé sensible de la Grande-Borne, à Grigny. Ils font sortir les clients et cherchent à mettre le feu au commerce en l’aspergeant d’essence. Les forces de l’ordre arrivent rapidement sur place mais, entre temps, les jeunes braqueurs ont été rejoints par une vingtaine d’individus. Les 15 policiers ont été accueillis par des jets de pierres et des cocktails Molotov. Et comme à Villiers-le-bel, des coups de fusil à pompe sont tirés. Un fonctionnaire de Police reçoit une volée de plomb. Il a été touché à une cuisse et a dû être transporté à l’hôpital d’Évry. Ses jours ne sont pas en danger. Trois autres policiers ont été légèrement blessés au visage et aux jambes par des jets de projectiles. Les affrontements se sont poursuivis pendant une heure. Une voiture a été incendiée. Le calme est finalement revenu vers 17h30. La Police parle d’un véritable "guet-apens" tendu par une trentaine de personnes. Selon une source judiciaire, cette agression aurait été préméditée.

Les fonctionnaires ont été visés alors qu’ils se rendaient à l’appel d’une habitante dans le quartier sensible de la Grande Borne où une trentaine de personnes s’apprêtaient "manifestement" à dégrader et incendier un magasin, a précisé le sous-préfet d’Etampes Jacques Garau. La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a exprimé "son indignation". Une enquête est en cours. Aucune arrestation n’a eu lieu.

Patrick Calvet, délégué régional du syndicat Alliance : ‘Ça devient de plus en plus inquiétant. C’est la deuxième fois et en très peu de temps, après Villiers-Le-Bel, que des collègues se font tirer dessus à coups de fusils de chasse, à coups de fusils à pompe. C’est vrai que là, on a franchi un palier. Dans le cas présent à Grigny, il n’y a aucune raison valable à ce qu’il y ait ce tel degré de violence. Les collègues ont été appelés sur une espèce de braquage sur cette boulangerie. Pour nous, c’était un véritable ‘guet-apens’ puisque les assaillants nous attendaient avec des cocktails Molotov, avec des fusils de chasse et fusils à pompe. Il est difficile de se mettre en opposition. Maintenant, ce qu’on attend, c’est que les auteurs de ces faits soient sanctionnés avec la plus grande sévérité pour faire un exemple pour les autres’.

http://letourdumondeen20minutes.blog.20minutes.fr/archive/2008/03/03/la-police-agressee-a-coups-de-fusil-dans-l-essonne.html

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Grande-Borne : appels à témoins après des tirs contre la police

mardi 04 mars 2008, 19h27 | leparisien.fr

La police a distribué mardi après-midi des appels à témoins dans le cadre de l’enquête sur les tirs de plombs qui ont blessé cinq policiers dimanche dans la cité de la Grande-Borne, à cheval sur Grigny et Viry-Châtillon (Essonne), a-t-on appris de source policière.

Une centaine de lettres ont été distribuées par des enquêteurs qui ont fait du porte à porte, ou laissées dans les boîtes aux lettres en cas d’absence.

Contrairement à ce qui s’était passé après les événements de Villiers-le-Bel (Val-d’Oise), aucune rétribution n’est proposée.

Les habitants auront la possibilité d’être entendus sous le régime de l’anonymat.

Dimanche après-midi, cinq policiers de la Section départementale d’intervention (SDI) et de la Brigade anti-criminalité (Bac) ont été blessés par des tirs de plombs après l’attaque de la boulangerie Le Fournil, située en bordure de la cité.

Trois personnes dans un premier temps se sont attaqués au commerce, et ont tenté d’y mettre le feu en déversant un liquide inflammable sur le sol, avant de saccager à cinq ou six la boulangerie, dont la caisse a été dérobée.

Des affrontements ont ensuite eu lieu entre la police et une quarantaine de personnes, et une voiture a été incendiée.

Deux tirs, vraisemblablement de fusil à pompe, ont retenti, provenant de l’autre côté de la RN 445, route qui sépare la cité de la boulangerie.

Les policiers ont été touchés aux cuisses et au bras. L’un d’eux a été atteint près de la mâchoire : un plomb est venu se loger près d’un nerf du visage. Une incapacité totale de travail de 8 jours lui a été délivrée.

Les cinq policiers sont tous ressortis de l’hôpital. La sûreté départementale est chargée de l’enquête.

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Appel à témoins : les policiers distribuent des tracts

mercredi 05 mars 2008 | Le Parisien

Grigny - Viry-Châtillon (Essonne)

BRISER L’OMERTA. C’est l’objectif de l’opération de police menée hier dans la cité de la Grande-Borne, à cheval sur Grigny et Viry-Châtillon (Essonne). A 17 heures tapantes, près de 160 fonctionnaires prennent position autour du square des Solstices pour faire du porte à porte et distribuer en main propre une centaine de lettres appelant les riverains à témoigner.

C’est sur cette petite place que dimanche dernier des policiers ont essuyé des tirs. Ici, une dangereuse tradition s’est établie, consistant, pour quelques dizaines de jeunes, à s’en prendre régulièrement aux forces de l’ordre. Dimanche donc, des casseurs ont tenté d’incendier le Fournil, une boulangerie : un guet-apens pour attirer les policiers. Alors que les gaz lacrymogènes répondaient ensuite aux cocktails Molotov, deux tirs ont retenti, blessant cinq policiers. Touché en pleine poitrine, l’un d’eux n’a dû son salut qu’à son gilet pare-balles.

« La sécurité dans les quartiers est l’affaire de tous »

Pour mettre fin à cette spirale de la violence et trouver les coupables, c’est une nouvelle sorte d’appel à témoins qui a été inaugurée hier. Soutenus par une demi-compagnie de CRS, une cinquantaine d’hommes de la sûreté départementale, pour certains en civil, ont arpenté quinze halls d’immeuble et les cages d’escalier. Leur arme : un tract. « En tant que femmes, hommes, parents, jeunes, aidez-nous à identifier les auteurs de ces infractions graves, stipule le texte. La sécurité dans les quartiers est l’affaire de tous. » Une opération de démarchage nouvelle ici, un précédent appel à témoins, placardé anonymement sur les murs en octobre dernier dans la cité des Tarterêts, à Corbeil-Essonnes, n’avait eu aucune retombée pour aider à retrouver les agresseurs d’un convoyeur de fonds.

Les tracts distribués hier ne promettent pas de récompense pécuniaire, mais en appellent au sens civique des habitants. Et surtout, les policiers vont eux-mêmes à la rencontre des habitants. « On ne voulait pas une distribution impersonnelle, mais expliquer directement notre démarche, justifie ce policier de l’Essonne. Discuter directement avec les parents pour qu’ils réalisent que le "jeu" que pratiquent ces gamins de parfois 14 ou 15 ans est extrêmement dangereux. »

Le message est-il passé ? Sur place, la loi du silence reste bien souvent gravée dans le béton des bâtiments gris délavé. « On a peur, soupire Denise, qui habite depuis trente-huit ans à Grigny. On vit dans la crainte permanente. Je ne sors plus après le coucher du soleil. Une de mes amies s’est fait voler son sac en venant chez moi. Elle ne veut plus venir, comme le reste de ma famille. »

L’anonymat garanti pour toute personne qui contacterait le numéro indiqué sur le tract ? Elle n’y croit que très modérément. « La plupart des gens, ils parleront pas, prévient Kader, 15 ans. Ce sont tous des darons et des daronnes du quartier (NDLR : des pères et des mères) ... » L’espace de quelques minutes, lui et son copain Mounaïm, capuches noires sur le crâne, dialoguent avec une poignée de policiers en faction. « Donnez-moi 20 €, je vous dis tout », fanfaronne Kader. « Tu crois que c’est leur boulot aux policiers de se faire tirer dessus ? », le rembarre un fonctionnaire. « C’est dommage, mais ils sont payés pour ça, reprendra Mounaïm en aparté. En plus, j’suis sûr. Quand il prend une balle, il a une prime. »

Le groupe de policiers poursuit sa distribution de tracts tout en gardant un oeil derrière la tête. « Ici, ça peut déraper en une poignée de secondes », rappelle un policier. « Et la boulangerie le Fournil, elle est pas utile ? », reprend son collègue. « Elle fait trop d’argent, tente d’argumenter Mounaïm. Mais c’est vrai que nos parents, ils achètent le pain là-bas.
- Tu vois, cinquante jeunes foutent le bazar, et c’est tout le quartier qui est puni.
- Et c’est qui c’est, ces cinquante ? feinte Kader.
- Tu le sais mieux que moi, lui rétorque le gardien de la paix.

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