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Heurts à Quimper entre défenseurs de l’hôpital de Carhaix et gendarmes
(Le 8 juin 2008)

Heurts à Quimper entre défenseurs de l’hôpital de Carhaix et gendarmes

AFP - 7 juin 2008

QUIMPER (AFP) — Des heurts ont opposé samedi à Quimper des gendarmes mobiles et des manifestants du comité de défense de l’hôpital de Carhaix (Finistère), dont deux services ont été fermés par l’administration, a constaté un correspondant de l’AFP.

Huit manifestants ont été interpellés et remis en liberté en fin d’après-midi, selon la police.

Quelque 500 personnes s’étaient rassemblées samedi matin devant la préfecture pour protester contre la suspension, effective depuis vendredi soir, des services de chirurgie et de maternité de l’hôpital.

Les manifestants ont enflammé des pneus sur la chaussée, paralysant la circulation, puis des incidents ont éclaté avec les gendarmes mobiles qui interdisaient l’accès à la préfecture. Des tirs de grenades lacrymogènes et quelques charges ont répondu à des jets de cailloux, de fumigènes et de projectiles divers.

Vendredi soir, 5.000 à 7.000 personnes avaient manifesté sans incidents à Carhaix au moment de la fermeture des deux services sur décision de l’Agence régionale d’hospitalisation (ARH).

Depuis plusieurs semaines, le comité de défense multiplie les actions contre cette fermeture. Il a prévenu que les manifestations continueront la semaine prochaine.

Invoquant une "exception géographique", Carhaix étant distant de plus de 45 minutes des hôpitaux de Brest et Quimper, le conseil d’administration de l’hôpital a également déposé un référé auprès du tribunal administratif de Rennes. L’audience est prévue pour le 25 juin.

L’ARH de Bretagne avait publié fin avril un rapport très critique sur le fonctionnement de l’établissement, dénonçant notamment les difficultés de recrutement de médecins, une surmortalité dans certains services de chirurgie, ou le non-respect du temps de repos des praticiens.

Vendredi, le maire de Carhaix, Christian Troadec (DVG), avait qualifié de "lueur d’espoir" et de "premier recul de l’Etat", l’annonce par l’ARH de la levée de la suspension de l’activité de chirurgie ambulatoire et l’absence de date butoir pour une fermeture définitive laissant du temps pour proposer un nouveau projet pour l’hôpital.

"Il faut continuer à mettre la pression, la violence vient de l’Etat. C’est la fermeture d’un hôpital, il ne faut pas s’étonner qu’il y ait des gestes désespérés", a affirmé M. Troadec à l’AFP.

"On est contre la violence, mais il y a beaucoup de fatigue et d’usure, et des gens qui ont peur de perdre leur emploi", ont indiqué deux femmes d’une quarantaine d’années, venues de Carhaix pour manifester.

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Ouest France, dimanche 08 juin 2008

Hôpital de Carhaix : une journée sous tension à Quimper

Manifestants et forces de l’ordre se sont affrontés une bonne partie de la journée dans le centre-ville de Quimper. Vers 17 h, le maire de Carhaix a ordonné la dispersion.

La journée avait pourtant commencé calmement. Vers 10 h 30, les cortèges de voitures font leur entrée sur les quais de l’Odet à Quimper. Un peu plus d’un demi-millier de manifestants venus soutenir l’hôpital de Carhaix déboulent en centre-ville. Ce qu’ils veulent, c’est sauver les services de maternité et de chirurgie, qui ne fonctionnent plus depuis vendredi, 18 h. Et s’il n’est plus question de fermeture définitive le 13 juin, les Carhaisiens ayant obtenu un sursis de l’Agence régionale de l’hospitalisation (ARH), les manifestants n’ont pas l’intention de faiblir le mouvement.

Pour la première fois, ils avaient prévenu de leur arrivée à Quimper. Car les Carhaisiens, dans leurs précédentes manifestations, avaient toujours tablé sur l’effet de surprise. Personne, pas même les manifestants, ne savait à l’avance où les actions allaient être menées. Ils étaient donc attendus samedi matin. Dès 9 h 30, les gardes mobiles se sont déployés le long des quais, empêchant l’accès à la préfecture du Finistère, bâtiment plusieurs fois pris pour cible, ces derniers jours.

Une catapulte face aux gendarmes mobiles

Et la journée a commencé en musique. Les gavottes des montagnes et autres pach pi se sont enchaînés au son du groupe Re an Are. Des particuliers ou hospitaliers de Quimper, Pont-l’Abbé et Concarneau se sont joints au mouvement. « Par solidarité et parce que le problème de Carhaix n’est pas isolé », confiaient Joël et Joela Touzé de Loctudy.

Après les pas de danse, c’est une catapulte qui est amenée devant les gendarmes mobiles, sur le boulevard Kerguelen. Vestige d’une fête historique que les Carhaisiens avaient pris soin d’emporter avec eux. C’est à partir de ce moment-là que l’ambiance bascule. Des feux de pneus sont allumés à plusieurs endroits sur les quais de l’Odet. Des oeufs sont jetés sur les gendarmes mobiles qui répondent par des tirs de bombes lacrymogènes.

« Nous reviendrons »

La manifestation se scinde alors. Une partie recule vers la place de la cathédrale pour fuir les fumées. L’autre au bout de la rue du Parc, inscrit au sol « l’hôpital de Carhaix en guerre ». Et Quimper devient une ville en « état de siège ». Excepté un interlude pour la sortie d’un mariage et la pause barbecue du midi sur les quais, il n’est plus alors question que de violences. Six manifestants sont interpellés. Tous relâchés en fin d’après-midi et convoqués en septembre devant le tribunal correctionnel de Quimper pour « violences sur personnes dépositaires de la force publique ».

Vers 16 h 30, la quasi-totalité des manifestants est réunie sur la place Saint-Corentin. Christian Troadec, maire de Carhaix, les appelle à se diriger vers le commissariat « pour chercher nos camarades ». Tous se massent dans la rue de Juniville. Ils ne pourront pas aller plus loin. En face, les gendarmes mobiles les accueillent avec des jets de lacrymogènes. Christian Troadec reprend la parole et décide de dissoudre la manifestation devant l’impossibilité d’avancer. « Mais nous reviendrons. Tous les jours s’il le faut. »

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