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"La Marseillaise" sifflée : des précédents existent
(Le 16 octobre 2008)

"La Marseillaise" sifflée : des précédents existent

LEMONDE.FR | 16.10.08 | 19h08

Si les sifflets au moment de La Marseillaise, mardi au Stade de France en prélude au match amical entre la France et la Tunisie, ont fait naître une intense polémique, les précédents ne manquent pas dans les enceintes du football.

"LA MARSEILLAISE" SIFFLÉE AU STADE DE FRANCE

Cet événement a fait ressurgir ceux qui avaient émaillé des rencontres amicales de la France face à d’autres pays du Maghreb. Ainsi, le 16 novembre 2007, lors de France-Maroc, l’hymne national français est sifflé par une partie des 78 000 spectateurs, et les joueurs tricolores sont régulièrement hués.

Les faits "Marseillaise" sifflée : une indignation gouvernementale soigneusement préparée

Les incidents qui ont le plus marqué les esprits datent du France-Algérie du 6 octobre 2001. Ce soir-là, non seulement La Marseillaise avait été sifflée, mais des centaines de supporters avaient envahi la pelouse, à la 76e minute, alors que les Bleus menaient 4 buts à 1. La partie ne reprendra jamais, et la colère de Lilian Thuram demeurera célèbre.

Il est également arrivé que l’hymne français soit sifflé en dehors d’une rencontre de l’équipe nationale. Ce fut par exemple le cas, le 11 mai 2002, pour la finale de la Coupe de France entre Lorient et Bastia, également au Stade de France. Des supporters, majoritairement corses, couvrent de sifflets La Marseillaise. Jacques Chirac, alors président, quitte le stade.

"LA MARSEILLAISE" SIFFLÉE À L’ÉTRANGER

Le 8 septembre 2007, lors d’une rencontre de qualification pour l’Euro 2008 disputée à San Siro (Milan), les supporters italiens avaient sifflé La Marseillaise. La rivalité était alors vive entre les deux équipes nationales, après la finale de la Coupe du monde 2006 marquée par l’altercation entre Zidane et Materazzi. Le lendemain de la rencontre de 2007, la ministre des sports italienne, Giovanna Melandri, avait présenté des excuses officielles à la France.

Lors d’un déplacement en 2005 en Israël, comptant pour les qualifications pour le Mondial 2006, les spectateurs du stade Ramat-Gan de Tel-Aviv sifflent l’hymne français et conspuent Fabien Barthez tout au long de la partie. Le gardien des Bleus avait déclaré quelques jours auparavant qu’il avait peur de prendre un avion pour Israël et de loger dans un hôtel de la ville.

AUTRES EXEMPLES ÉTRANGERS

La Marseillaise n’est pas le seul hymne qui soit malmené. Récemment, lors de leur double confrontation, en 2005, en vue de la qualification pour la Coupe du monde, Suisses et Turcs avaient respectivement sifflé l’hymne de leur adversaire. La tension était telle qu’une bagarre générale avait éclaté dans les vestiaires à l’issue du match en Turquie. Sepp Blatter, président de la Fédération internationale de football, avait alors déclaré : "Je me demande si cela a encore un sens de jouer les hymnes nationaux. Quand un nationalisme exacerbé s’ajoute à la passion et à l’émotion, cela devient explosif."

D’autres cas, plus lointains, ont également été particulièrement remarqués. Ainsi, lors de la Coupe du monde 1998, en pleine tension autour du Kosovo, l’hymne yougoslave avait été sifflé avant la partie disputée face aux Pays-Bas. Plus violente, la rencontre de 1995 entre l’Irlande et l’Angleterre à Lansdowne Road (Dublin) au cours de laquelle, après que les hymnes furent sifflés, une émeute éclata entre les policiers et les supporters anglais, dont certains scandaient des slogans contre l’Armée républicaine irlandaise.

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"Marseillaise" sifflée : une indignation gouvernementale soigneusement préparée

LE MONDE | 16.10.08 | 16h11

Tout le gouvernement s’y était préparé car Nicolas Sarkozy avait prévenu qu’il frapperait fort à l’occasion des prochains sifflets lancés dans un stade contre l’hymne national. Quand, mardi 14 octobre, l’incident se produit de nouveau au cours du match amical France-Tunisie, la plupart des ministres concernés sont sur le pied de guerre. D’autant que les services du ministère de l’intérieur repèrent, dans les heures qui précèdent le match, une mobilisation "anti-Marseillaise" sur Internet.

François Fillon, qui va sur RTL le lendemain, lance à ses collaborateurs : "Je sais ce que je vais dire". Il en a déjà parlé avec le chef de l’Etat : les deux hommes sont convenus de demander la suspension des matchs où se dérouleront à l’avenir de tels incidents. Le chef de l’Etat le confirme au cours d’une réunion à l’Elysée avec la ministre de la jeunesse et le président de la Fédération française de football, Jean-Pierre Escalettes. Ce dernier prend acte, en mettant l’Etat face à ses responsabilités : "Moi, je ne vais pas lancer 50 000 personnes dans les rues comme ça. A partir de maintenant, ce sera prévu à l’avance. Voilà l’engagement de l’Etat."

M. Sarkozy sait que l’opinion publique en redemande. Jacques Chirac avait marqué des points le 11 mai 2002 en quittant le Stade de France pendant les sifflets corses lors du match Lorient-Bastia. Un sondage CSA, réalisé mercredi auprès de 802 personnes pour Le Parisien valide cette stratégie de communication : 80 % des personnes interrogées disent avoir été choquées par les sifflets contre la Marseillaise.

A droite, c’est la surenchère et parfois la précipitation. Dans la soirée de mardi, le ministère de la santé et des sports publie un communiqué dans lequel "Roselyne Bachelot Narquin et Bernard Laporte se déclarent choqués par les sifflets qui ont retenti ce soir au Stade de France"... daté de la veille du match (le 13 octobre).

Aux premières loges, mais immobile pendant les événements, Bernard Laporte, le secrétaire d’Etat aux sports, en rajoute le lendemain en suggérant sur RMC, que les matches contre les équipes du Maghreb soient "joués chez eux ou alors en province." Sa ministre de tutelle Roselyne Bachelot condamne ces propos "malencontreux", après avoir proposé elle-même à l’Assemblée nationale qu’il n’y ait "plus de matchs amicaux avec les pays concernés."

De son côté, Fadela Amara, la secrétaire d’Etat à la ville, préfère rester sur le terrain de la légalité : "La justice doit être exemplaire, il faut vraiment passer à la sanction (...) Il ne faut leur trouver aucune excuse. Pas de pitié avec ces gens-là !" explique-t-elle au Parisien.

Le président du groupe UMP de l’Assemblée nationale Jean-François Copé propose lui "que des sanctions soient prises à l’encontre de ceux qui ont ce type de comportements. On peut par exemple envisager des interdictions de stade."

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