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Vichy : affrontements lors du sommet sur l’immigration
(Le 4 novembre 2008)

Immigration : une manifestation dégénère à Vichy

lefigaro.fr) Avec AFP 04/11/2008 | Mise à jour : 08:20

Trois policiers ont été blessés et une trentaine de personnes interpellées après que des casseurs se sont mêlés à une manifestation contre la politique européenne d’immigration.

Une trentaine de personnes interpellées et trois policiers blessés. C’est le bilan des incidents qui se sont produits lors d’une manifestation menée lundi soir à Vichy contre la politique européenne d’immigration, thème d’une conférence organisée le jour même dans la ville. « Un groupe de plus de 200 manifestants s’est livré durant et après la manifestation à des exactions contre les forces de l’ordre, notamment attaquées à l’aide de projectiles », a expliqué la préfecture de l’Allier dans un communiqué lundi soir. « Trois policiers ont été blessés, dont un par un engin incendiaire. Les sapeurs-pompiers appelés à intervenir ont fait l’objet de jets de pierres », a-t-elle ajouté.

Lors de ces incidents, dus à des « casseurs » sans lien avec la manifestation, ont souligné ses organisateurs, cinq voitures ont été incendiées, les vitrines de plusieurs commerces brisées, des véhicules et des mobiliers urbains endommagés à Vichy et à Cusset (banlieue de Vichy), a poursuivi la préfecture. Les incidents ont entraîné des tirs de gaz lacrymogène par des CRS en faction. Une trentaine de personnes ont été interpellées.

Dès le début du défilé, vers 18 heures, des manifestants de la mouvance anarchiste avaient jeté des projectiles vers les policiers, qui ont réagi en tirant des cartouches de gaz lacrymogènes. La manifestation a ensuite repris par une autre rue. Le cortège qui se voulait pacifique a rassemblé au total deux milliers de personnes. La banderole de tête, qui indiquait « Collectif pour une Europe des droits de l’Homme », était portée par un représentant de chacune des organisations appelant à la manifestation (Attac, Solidaires, FSU, RESF, LCR, PCF, CGT, PS et Verts), dont Cécile Duflot, secrétaire national des Verts, et Francis Wurtz, député européen communiste. Dans le cortège étaient présents des enfants de déportés rassemblés sous la banderole de l’Union des Juifs Français pour la Paix (UJFP), indiquant « Non à l’Europe forteresse, non à la criminalisation des sans-papiers...oui, cette politique nous rappelle Vichy ». Un peu avant le début du cortège, une poignée de manifestants déguisés en prisonniers de camps de la Seconde Guerre mondiale avaient été interpellés. Le but affiché de ce groupuscule altermondialiste : « faire l’amalgame » entre la période vichyste et l’époque actuelle. Ils ont ensuite été relâchés. Dans une certaine confusion, due à l’intervention des casseurs, le cortège s’est dispersé vers 19h30. À Paris, une trentaine de personnes se sont également rassemblées pour protester contre la conférence de Vichy.

L’organisation dans la ville de l’Allier de la troisième conférence ministérielle européenne sur l’intégration, qui intervient après la récente adoption du Pacte européen sur l’immigration et l’asile, avait suscité la polémique. Certains y voyaient une provocation des autorités françaises eut égard au passé de la ville, siège de l’État français entre 1940 et 1944. Brice Hortefeux, conseiller régional d’Auvergne, et ministre français de l’Immigration et de l’Identité nationale, estimait lui nécessaire de « mettre fin à l’ostracisme » qui pèse sur Vichy.

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AFP : Sommet intégration : une trentaine d’interpellations après une manifestation (préfecture)

Une trentaine de personnes ont été interpellées et trois policiers blessés après une manifestation lundi soir à Vichy contre la politique européenne d’immigration, discutée ce jour dans la ville lors d’une conférence européenne controversée, a annoncé la préfecture de l’Allier. "Un groupe de plus de 200 manifestants s’est livré durant et après la manifestation à des exactions contre les forces de l’ordre, notamment attaquées à l’aide de projectiles", a expliqué la préfecture dans un communiqué. "Trois policiers ont été blessés, dont un par un engin incendiaire. Les sapeurs-pompiers appelés à intervenir ont fait l’objet de jets de pierres", a-t-elle ajouté. Lors de ces incidents, dus à des "casseurs" sans lien avec la manifestation, ont souligné à l’AFP ses organisateurs, cinq voitures ont été incendiées, les vitrines de plusieurs commerces brisées, des véhicules et des mobiliers urbains endommagés à Vichy et à Cusset (banlieue de Vichy), a poursuivi la préfecture. "Les forces de l’ordre sont rapidement intervenues pour mettre un terme à ces violences. Elles ont procédé à une trentaine d’interpellations", a-t-elle conclu. La manifestation, qui a débuté vers 18H00, a rassemblé au total deux milliers de personnes. Les incidents ont entraîné des tirs de gaz lacrymogène par des CRS en faction. Dans une certaine confusion, le cortège s’est dispersé vers 19H30. La troisième conférence ministérielle européenne sur l’intégration, qui intervient après l’adoption du Pacte européen sur l’immigration et l’asile lors du sommet de Bruxelles du 16 octobre, a débuté lundi à Vichy.

LE MONDE : http://www.lemonde.fr/europe/portfolio/2008/11/04/une-trentaine-d-interpellations-a-vichy-en-marge-du-sommet-europeen-sur-l-integration_1114342_3214.html

LA MONTAGNE : Les casseurs sèment le désordre. http://www.lamontagne.fr/editions_locales/vichy/les_casseurs_sement_le_desordre_video_@CARGNjFdJSsEEhgGBRw-.html

INDY GRENOBLE : Vichy, la police gaze, émeute. http://grenoble.indymedia.org/index.php ?page=article&id=7903

Personne n’avait osé se mouiller. Les organisations politiques et syndicales - si ce n’est localement, à Vichy ou à Lyon, par exemple - avaient refusé d’appeler à la manifestation. Trop risqué politiquement quand on tente de créer un nouveau parti, ou quand on est en quête de légitimité. Même les "stars" annoncées se seront défilées, pas de Malek Boutih, pas de Noël Mamère.

La presse, elle, reprenait la version officielle (Le monde et L’express, notamment)  : enfin, cette bonne vieille ville de Vichy, qui n’avait rien demandé à personne, se trouverait réhabilitée par ce sympathique sommet sur l’intégration des étrangers. Parce qu’il y en a marre de ces histoires du passé, comme dirait Hortefeux.

Les cars au départ de Lyon et Grenoble avaient été bloqués le temps de ficher les militants, voire de les photographier.

Malgré tout, il y a 2 à 3000 personnes à 18h, devant le lycée, à Vichy.

Le cortège s’ébranle, des chansons et des feux d’artifice fusent. Les manifestants portent pour beaucoup des masques blancs, visages figés. Une intervention au micro à la gare, comme prévu, mais ça va trop vite. Le cortège semble pressé de se rapprocher du lieu de rencontre des ministres : l’opéra - là où fut voté la fin de la IIIe république, et l’instauration du régime de Vichy, c’est de bon goût. Sauf que le parcours a changé, le cortège est censé éviter le plus possible la zone rouge. Et en effet, des grilles anti-émeutes bloquent la rue qui devait être normalement empruntée.

D’abord quelques dizaines de personnes, derrière une banderole, puis quelques centaines, se massent devant les grilles. La banderole encaisse les coups, pendant ce temps des projectiles partent, des fumigènes, des fusées. La banderole est proche des grilles. Une corde est accrochée. Ca tire, les grilles bougent, les flics mangent, la corde rompt, les flics gazent. La police teste ses nouveaux gazs à Vichy. Superdosés : les manifestants crachent, pleurent ou dégueulent. Le cortège se reforme, déterminé à réavancer. C’est que l’hostilité est tournée vers la police, plutôt que contre les fantasmatiques casseurs "sans aucun lien avec la manifestation" dont on parle aujourd’hui. Les militants restent. La CGT crie "police partout, justice nulle part". "Jeter des pierres sur la police, ok, mais les vitrines, ça non !" "Ils sont motivés ces jeunes." "Arrêtez !, mais arrêtez !"

Là on ne sait plus bien. Des groupes partent jusqu’à la mairie, dont les vitres sont brisées. Des banques sont cassées. Du côté des lignes de CRS, qui se sont extirpés des grilles, des voitures sont mises en travers, puis incendiées. Tout ce beau monde se retrouve à la gare. Les flics arrivent par plusieurs endroits. Les grilles de chantier sont déplacées pour les contenir.

Ca repart vers Cusset. De nouvelles voitures incendiées, de nombreux tags, une station Total attaquée, des lacrymos. A l’espace Chambon le meeting continue. Les flics ont rattrapé leur retard, ils sont aux portes. Ils dissuadent à coup de flashball ceux et celles qui voudraient repartir. Ils s’approchent trop, alors ça dépave, ça démonte tout ce qu’il y a - de la cabine téléphonique au banc - pour faire une barricade. Le feu y est mis. Finalement personne n’attaquera.

La préfecture annonce 3 policiers blessés, une trentaine d’arrestations, 5 voitures brûlées.

Hortefeux voulait être celui qui aurait redoré le blason de Vichy, pour de futures élections locales. Redorer le blason, même à coup de CRS, de trains bloqués, de contrôles à tout va. Ce matin le journal local titre sur les violents affrontements de la veille. Il voulait faire le fier devant ses potes européens. 3 semaines après que la France a présenté ses novatrices techniques de maintien de l’ordre aux autres polices européennes, ça la fout mal : les flics étaient complètement débordés, protégeant tant bien que mal la zone rouge, lâchant du gaz dans tout Vichy.

Aujourd’hui la presse n’en parlera quasimment pas. Que quelques centaines de personnes étaient là, à Vichy, répondant à la provocation, tentant par tous les moyens d’aller déloger les ministres. Pas que ça à faire : c’est l’élection américaine. Et puis tenons nous en à la version officiel : c’est un simple sommet sur l’intégration, Vichy est une des 20 villes françaises pouvant accueillir une conférence internationale, nous ne comprenons pas que certains soient choqués...

En fait nous ne sommes pas outrés, nous prenons acte. Nous avons répondu dans la rue.

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