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Putumayo (Colombie) : nouvelles manifestations d’épargnants ruinés par la fermeture de plusieurs sociétés d’épargne
(Le 25 novembre 2008)

Colère d’épargnants en Colombie : production pétrolière paralysée dans le sud

AFP / 25 novembre 2008 22h53

BOGOTA - De nouvelles manifestations d’épargnants ruinés par la fermeture de plusieurs sociétés d’épargne frauduleuse ont ponctué la journée mardi en Colombie, où l’essentiel de la production pétrolière d’un département du sud est bloquée par des piquets de grève.

Dans le département de Putumayo (sud), des manifestants occupent depuis six jours plusieurs puits et raffineries des municipalités d’Orito et Villagarzon, a indiqué à l’AFP le maire de Mocoa, capitale du département.

"La production pétrolière à Orito et Villagarzon est paralysée, ils ne laissent rentrer aucun employé", a précisé Mario Narvaez.

La production du Putumayo est pour l’essentiel concentrée dans cette région. Quelque 40.000 barils de pétrole -- sur une production totale en Colombie de quelque 600.000 barils -- sont acheminés tous les jours, en provenance de cette région jusqu’à la côte Pacifique.

Les épargnants ont été ruinés par la fermeture administrative de l’entreprise DMG, qui offrait des taux d’intérêts astronomiques, jusqu’à 150% en quelques mois, et qui est notamment accusée par les autorités de blanchiment d’argent. Cette fermeture ordonnée le 17 novembre, fait suite à celle d’une autre société d’épargne frauduleuse, DRFE, qui a mis la clef sous la porte sans rendre leurs économies à des milliers d’épargnants.

Ces sociétés pratiquaient l’épargne dire pyramidale, consistant à verser les intérêts promis avec l’argent de nouveaux clients.

Dans certaines localités, les intérêts versés étaient tels que les gens avaient cessé de travailler.

Leur interdiction ou leur fermeture a entraîné en quelques semaines la ruine de centaines de milliers de personnes qui n’ont pu récupérer leur épargne, jusqu’à deux millions selon certaines estimations.

Dans le département déjà très pauvre de Putumayo, on estime que 40% des 350.000 habitants ont été touchés.

Mardi, quelque 600 personnes originaires de ce département ont manifesté à Bogota pour exiger la réouverture de DMG, en réclamant à l’Etat qu’il leur rende leurs inversions.

"DMG a fait manger ma famille pendant des années", a déclaré à l’AFP Eduardo Calarsu, un des manifestants, expliquant que l’entreprise avait permis à beaucoup de paysans de survivre après l’épandage massif des champs de coca qu’ils cultivaient.

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Colombie : troubles à Bogota et dans le sud après la ruine de milliers d’épargnants

BOGOTA (AFP, 20 novembre 2008) - Des centaines d’épargnants ruinés par la fermeture administrative d’une société pratiquant l’épargne pyramidale ont affronté jeudi la police à Bogota, et manifesté dans le sud du pays, accusant l’Etat de voler leurs économies.

Des centaines de clients de la société DMG, dont la fermeture a été ordonnée lundi, se sont rassemblés jeudi matin à proximité du grand stade de Bogota, El Campin, où les autorités avaient mis en place un centre d’accueil destiné à enregistrer leurs plaintes.

Mais ces épargnants, méfiants, ont rapidement commencé à manifester leur mécontentement face au manque d’information et ont bloqué pendant plusieurs heures l’une des principales avenues de Bogota avant d’être dispersés par la police anti-émeutes, a constaté un journaliste de l’AFP.

"Nous n’accepterons pas de perdre notre argent. S’il le faut, nous prendrons les armes", a déclaré à l’AFP Jose-Maria, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille et a expliqué avoir investi dix millions de pesos dans DMG (environ 3.400 euros).

"Cette société (DMG, ndlr), était bien. Le gouvernement (qui a saisi tous les avoirs de DMG, ndlr) doit me rendre mon argent", a déclaré pour sa part Blanca Rodriguez, qui a investi 30 millions de pesos (10.350 euros).

De 500.000 Colombiens à deux millions selon les estimations, ont investi dans ces sociétés d’épargne pyramidale, dont la fermeture en chaîne depuis une dizaine de jours a causé la ruine de beaucoup d’entre eux et fait craindre une crise de la consommation, en plein ralentissement de l’économie lié à la crise financière mondiale.

L’épargne pyramidale consiste à verser les intérêts promis, jusqu’à 150% dans le cas de DMG, avec l’argent de nouveaux épargnants et débouche la plupart du temps sur la faillite des sociétés qui la pratiquent.

DMG, créé en 2003 et qui avait notamment mis en place un système de cartes prépayées permettant d’acheter toute sorte de biens dans ses magasins en obtenant des remboursements partiels ou intégraux en quelques mois, se défend d’avoir eu recours à ce type d’épargne.

Mais les autorités la soupçonnent de blanchir l’argent du narcotrafic et de groupes armés et ont saisi lundi tous ses biens, mais aussi demandé l’extradition de son principal dirigeant, David Murcia Guzman, interpellé mercredi soir au Panama et transféré jeudi en Colombie.

Pendant ce temps, dans la province de Putumayo (sud), des milliers de personnes ont décidé spontanément de faire grève dans plusieurs villes ou de manifester contre la décision de fermeture de DMG.

A Mocoa, une de ces villes, "quelque 20.000 personnes, soit la moitié de la population, sont descendues dans la rue pour exiger que le gouvernement revienne en arrière, estimant que DMG ne les avait jamais trahi", a déclaré à l’AFP Ricardo Paredes, un membre de la préfecture.

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Courrier International, 24 novembre 2008

COLOMBIE • Colère des épargnants crédules

Le scandale des "pyramides" est en train de provoquer une véritable crise sociale et politique en Colombie. Des milliers d’épargnants crédules ont investi leurs économies dans de pseudo-établissements bancaires qui leur promettaient des taux d’intérêt mirobolants. Ils les ont perdues et expriment désormais leur colère. "Les manifestations se multiplient dans tout le pays, notamment dans le Sud, où une armada de 3 000 épargnants s’est constituée, décidée à marcher sur Bogotá le mardi 25 novembre", rapporte El Espectador.

La faillite de plusieurs de ces entreprises "accapareuses d’épargne" avait obligé le gouvernement à intervenir début novembre. Depuis, le scandale ne fait que s’amplifier. "La situation la plus explosive est celle du Putumayo, dans le sud du pays, où treize municipalités avaient fini par vivre et subsister de l’argent généré par ces pyramides", explique le quotidien. Plusieurs dirigeants des entreprises frauduleuses ont été arrêté. Le plus célèbre d’entre eux, David Murcia Guzmán, à la tête de la firme DMG, qui a parfois été présenté comme "le Bill Gates colombien" par les médias en raison de sa fortune colossale, est aujourd’hui accusé d’avoir blanchi de l’argent de la drogue et profité d’appuis politiques.

Selon El Espectador, les milliers d’épargnants qui marchent sur Bogotá protestent cependant contre son arrestation, qui signe la fin de leurs espoirs de revoir un jour leur argent.

Face aux troubles, plusieurs villes ont instauré un couvre-feu. On s’attend aussi à "un débat agité au Congrès, où seront mis en question les liens qu’entretenaient des hommes politiques, des fonctionnaires ou des membres de la force publique avec plusieurs des entreprises frauduleuses".

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