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Thessalonique : Une première mise à jour sur le récent soulèvement (6-23 décembre)
(Le 11 janvier 2009)

Une première mise à jour sur le récent soulèvement à Thessalonique

Cette brève présentation ne peut pas répondre au besoin d’une considération en profondeur des soulèvements récents en Grèce. C’est juste une première tentative pour informer les camarades et les prolétaires plus largement, à propos des événements en cours, du point de vue des participants. Ceci est une mise à jour des événements tels que nous les avons vécus (ou la plupart d’entre eux), à Thessalonique.

Samedi 6 décembre

Immédiatement après que le jeune Alexis-Andreas Grigoropoulos, âgé de 15 ans, ait été assassiné par un agent spécial de la police à Athènes, 200-300 personnes, principalement des anarchistes et des étudiants gauchistes, se réunirent à l’Ecole Polytechnique de l’Université Aristote de Thessalonique (AUTH), qui se trouve près du centre commercial et culturel de la ville. Une manifestation spontanée se dirigea vers le commissariat de la place Aristote (la place la plus touristique de la ville), où eurent lieu des combats avec la police. Au même moment, il y avait des gens qui affrontaient la police anti-émeute avec des pierres et des cocktails Molotov autour de la place Syntrivani, près de l’AUTH. Les affrontements avec les flics ont duré toute la nuit.

Dimanche 7 décembre

Une manifestation est partie de la place Kamara (située dans le quartier étudiant près de l’AUTH) à midi. 1 500 à 2 000 personnes (lycéens et étudiants, anarchistes et gauchistes) défilèrent dans les rues commerciales du centre-ville (Egnatia, Agias Sofia, Tsimiski), détruisant quelques banques et vitrines, jusqu’au commissariat de la place Aristote. Là, beaucoup de manifestants attaquèrent la police avec des pierres et quelques cocktails Molotov. Un flic prit feu. La police répliqua avec des lacrymos. La manifestation se prolongea jusqu’à la rue Ermou et ensuite à travers Venizelou vers le ministère de Macédoine et de Thrace. Beaucoup de magasins et l’Hôtel de Ville, furent détruits rue Venizelou. Après avoir atteint le ministère, la manif se dirigea vers le commissariat Ano Poli par la rue Agiou Dimitriou, où la police anti-émeute fut à nouveau attaquée. En se dirigeant vers la place Kamara, des jeunes pillèrent un supermarché. Pendant que la manif se terminait, quelques lycéens tentèrent de piller une librairie et de nouveaux affrontements avec la police commencèrent. Plus tard dans la soirée, l’Ecole supérieure d’Art dramatique et les bureaux du Barreau de Thessalonique furent occupés, le premier par des étudiants et des anarchistes et le second principalement par des étudiants gauchistes. Ces deux endroits, situés dans le centre-ville, seront utilisés comme point de ralliement pour les participants des manifs. Durant la nuit, il y eut des affrontements avec la police devant l’AUTH. Un émeutier fut blessé par une balle en caoutchouc de la police. La même nuit, le commissariat du quartier-est de Toumpa, l’Hôtel de Ville du quartier d’Agios Pavlos et les bureaux du parti Nouvelle Démocratie (le parti du gouvernement en Grèce) furent attaqués dans le quartier des 40 Ekklisies.

Lundi 8 décembre

A 10h, 400 lycéens manifestèrent dans le quartier de Toumpa et attaquèrent une fois encore le commissariat. Il y eut aussi des blocages de routes dans d’autres quartiers de la ville. Pendant ce temps, 1 500 lycéens érigèrent des barricades et affrontèrent la police anti-émeute dans les rues Slovou et Ethnikis Amynis et place Navarinou, le quartier étudiant du centre-ville. Des magasins des rues Tsimiski et Vinizelou furent aussi attaqués. Neuf facultés étaient occupées par des étudiants. Le même matin, le commissariat du quartier-ouest de Sykies fut aussi attaqué. Il y avait un appel à manifester à 18h30, place Kamara. 6 000 personnes défilèrent dans le centre-ville. Il y avait des lycéens et des étudiants, quelques jeunes immigrants, des délinquants, quelques ouvriers, des anarchistes et des gauchistes. Un grand nombre de banques et de magasins (téléphones portables, électronique, fringues, fast-food et bijouteries) furent détruits, principalement rue Tsimiski, la rue la plus commerçante de la ville, et rue Venizelou. Certains furent aussi pillés. Il y eut des affrontements avec les flics en face du ministère de Macédoine et Thrace. Les flics nous étouffèrent avec des lacrymos. Les combats avec les flics continuèrent autour de l’AUTH pendant la nuit.

Mardi 9 décembre

C’était le jour des obsèques d’Alexis à Palaio Faliro, à Athènes. Les enseignants du primaire et du secondaire étaient en grève et il y eut un débrayage l’après-midi de tous les travailleurs du secteur public. Une manifestation est partie de la place Kamara à midi. 4 000 personnes ont défilé vers le ministère de Macédoine et de Thrace, où il y eut quelques heurts avec la police. Pendant la nuit, il y eut quelques combats entre les jeunes et la police anti-émeute dans le secteur de l’université. Nous devons signaler que plusieurs secteurs de l’université furent pillés par des lycéens venant de différentes banlieues ces jours derniers jours. La même nuit, les fascistes apparurent près de l’université. La même chose est survenue dans de nombreuses villes de la Grèce, spécialement à Patras, ce qui est la preuve que cela avait été organisé par le gouvernement. Dans certains cas, comme à Larisa, les fascistes attaquèrent les émeutiers de concert avec des flics en civil et des “ propriétaires de magasins en colère ”.

Mercredi 10 décembre

C’est un jour de grève générale, décrétée longtemps auparavant par la Confédération Générale du Travail de Grèce (GSEE) et la Confédération des travailleurs du service public (ADEDY) contre le budget 2009. Du fait des émeutes en cours, les leaders syndicaux annoncèrent le mardi qu’ils annuleraient les manifestations prévues. A Thessalonique, les branches locales de la GSEE et l’ADEDY tentèrent de confiner les grévistes dans un rassemblement pacifique en face de la Bourse du travail. Les lycéens et les étudiants se montrèrent alors déterminés à emmener les grévistes en manif et ils y réussirent. 4 000 étudiants et travailleurs défilèrent vers le ministère de Macédoine et Thrace. Là, quelques lycéens attaquèrent les flics qui répliquèrent avec des lacrymos. Les combats continuèrent une demi-heure dans une zone de 500 mètres entre le ministère et la Bourse du travail. Quelques jeunes combattirent la police, mais de nombreux travailleurs et étudiants les soutenaient en restant sur place et en insultant les flics. Finalement, les flics furent contraints de battre en retraite. Après ça, 500 personnes bloquèrent la rue Egnatia, une avenue principale du centre-ville, pour plus d’une heure. Dans la soirée, des lycéens affrontèrent la police anti-émeute pendant un moment, sur la rue Ethnikis Amynis. Le même soir, l’occupation des bureaux du Barreau de Thessalonique prit fin.

Jeudi 11 décembre

Tôt dans l’après midi, 80 anarchistes ont attaqué les bureaux du journal local Makedonia, rue Monastiriou. L’occupation de l’Ecole d’Art dramatique a appelé à une manifestation à 17h place Camara. 2 000 personnes, principalement des étudiants et des anarchistes, et quelques lycées défilèrent pacifiquement vers les quartiers est de la ville, désertiques. Il n’y eut pas d’affrontement ce jour-là, pour autant que nous le sachions.

Vendredi 12 décembre

Une manifestation appelée par les occupants de l’école d’Art est partie de la place KAMARA à 18h30. 1 500 à 2 000 personnes, principalement des militants libertaires, des étudiants et de jeunes ouvriers, se sont dirigées vers les quartiers populaires de l’ouest de la ville. Les manifestants ont traversé les quartiers de Neapoli et de Sykies et sont revenus à l’école d’Art par le quartier du centre-nord, Ano Poli. Malgré la pluie intense, la manifestation a duré trois heures, des slogans contre les flics et l’état et d’autres appelant à une libération immédiate de tous ceux qui avaient été arrêté durant les derniers jours, étaient répétés sans cesse et inscrits sur les murs ; beaucoup de tracs furent distribués. Un grand nombre d’habitants du quartier applaudissaient, alors que d’autres se joignaient à la manif, un fait qui témoigne de la large sympathie avec l’insurrection, même de la part de prolétaires qui ne participaient pas aux émeutes ou aux autres actions. Un bureau du LAOS (parti d’extrême droite) fut attaqué et brulé ; un bureau politique de Nouvelle Démocratie fut aussi attaqué. Ce même soir, des militants de la gauche extra-parlementaire manifestèrent dans des zones voisines.

Samedi 13 décembre

Dans l’après-midi, 500 personnes, principalement des militants libertaires, se rassemblèrent place Kamara. Ils constituèrent un bloc et se dirigèrent vers la place Aristote où s’étaient principalement rassemblés des militants de la gauche extra-parlementaire, suite à l’appel de la Coordination des assemblées générales et des occupations de l’AUTH, pour une manif. Les deux groupes formèrent initialement une manifestation commune de 1 000 personnes le long de la rue Egnatia. Après un moment, les deux blocs se séparèrent de quelques mètres. Ils marchèrent tous deux le long de l’avenue Nikis, la rocade du centre, pleine de cafés et de bars, où beaucoup de caméras de surveillance de banque furent détruites. Les gauchistes se dirigèrent vers le ministère de Macédoine et de Thrace alors que la plupart des gens quittaient la manif. Ce fut la première manifestation depuis sept jours qui avait un caractère plus politique que social.

Dimanche 14 décembre

Une manifestation à moto démarra de l’école d’Art occupée à 13h00. Elle se dirigea vers les banlieues éloignées de l’est de la ville - Stavroupoli, Evosmos, Eptalofos, Xirokrini - où vivent de nombreux immigrés de Russie et d’Albanie et les travailleurs pauvres. Quelques-uns d’entre eux se joignirent à la manif. En revenant, les manifestants passèrent en face du ministère de Macédoine et de Thrace, et devant le commissariat d’Ano Poli, et revinrent à l’école d’Art.

Une autre manifestation eut lieu dans la banlieue éloignée, au sud-est, de Peraia. 60 lycéens et étudiants marchèrent jusqu’au commissariat et ensuite à l’Hôtel de Ville, où ils accrochèrent une banderole proclamant : « à bas le gouvernement des assassins et de la police ».

Lundi 15 décembre

Tôt le matin, une initiative de militants de l’occupation de l’école d’Art occupait l’Hôtel de Ville du quartier de Sykies, à l’ouest, afin de le transformer en centre de contre-information local et d’appeler à une assemblée populaire locale. Les assemblées populaires dans les quartiers et les occupations des bâtiments municipaux ou d’État ont émergé comme nouvelle forme de lutte, tout d’abord à Athènes, introduites par l’occupation de l’Hôtel de Ville de la banlieue Agios Demetrios, l’occupation de l’ancien Hôtel de Ville dans la banlieue nord d’Halandri et celle de Galaxias, dans la banlieue Nea Smirni. Pendant cette semaine, cette forme de lutte se répandit aux autres quartiers et banlieues d’Athènes et à nombre de villes partout en Grèce.

Dans la journée les habitants du coin passaient à l’Hôtel de Ville occupé de Sykies ; certains d’entre eux avaient sympathisant avec l’action, d’autres juste curieux. Dans la soirée, au moins 200 personnes se retrouvèrent là, dans une première assemblée populaire ; principalement des participants aux contestations et aux émeutes des jours précédents, mais aussi des habitants du coin favorables au bouleversement en cours. L’assemblée décida d’appeler à une manifestation locale mercredi après-midi et d’organiser des actions de contre-information locale mardi. Cette assemblée continue à se tenir dans l’Hôtel de Ville jusqu’à présent.

Toute la journée de lundi, beaucoup d’assemblées générales d’étudiants avaient lieu à l’AUTH, votant l’occupation des locaux universitaires contre la répression d’Etat. La plupart des assemblées étudiantes demandaient aussi la démission du gouvernement et le désarmement de la police. Aux dires de certains étudiants, les assemblées générales étaient massives, rappelant celles qui avaient eu lieu durant le mouvement étudiant de 2006-2007. Durant cette semaine, plus d’étudiants participèrent activement aux occupations, par rapport à la semaine précédente, quand le seul point de rendez-vous pour chacun était la rue.

Mardi 16 décembre

Le procès de huit flics avait lieu au tribunal de Thessalonique ; ils étaient accusés d’avoir molesté Avgoustinos Demetriou, un étudiant de Chypre, le 17 novembre 2006, alors qu’ils étaient en service et en civil. Bien qu’ils aient été déclarés coupables et condamnés de 15 à 39 mois d’emprisonnement, ils furent relâchés sous caution pour 5 euros par jour. 150 personnes se rassemblèrent devant le tribunal pour protester contre la police. Quand l’attendu fut prononcé, les gens attaquèrent la police anti-émeute gardant l’entrée du tribunal avec des pierres, des œufs et des bouteilles vides. Les flics répliquèrent en utilisant des lacrymos et en frappant les manifestants.

A 19h00, une manifestation appelée par la coordination des assemblées générales et des occupations de l’AUTH démarra de la place Kamara. Environ 3 000 personnes, pour la majeure partie des étudiants, défilèrent dans les rues principales du centre-ville et se dirigèrent vers le ministère de Macédoine et de Thrace. Pendant la manif, des slogans et des graffitis furent inscrits sur les vitrines et les murs ; les militants étudiants occupèrent pendant un moment trois stations de radios, diffusant proclamations et communiqués. Il n’y eut pas d’affrontements, bien que les flics furent largement insultés à vue.

Les premières assemblées générales étudiantes eurent lieu et davantage de bâtiments universitaires furent occupés. L’école de cinéma occupée, située à l’ouest dans la banlieue ouvrière de Stavroupoli, appela à sept jours de projections populaires et de discussions ouvertes dans le quartier.

Mercredi 17 décembre

Le matin, un supermarché Carrefour à Stavroupoli fut pillé par 50 militants. Les marchandises furent distribuées sur un marché du voisinage.

A 14h30, une manifestation, appelée par la première assemblée populaire de l’Hôtel de Ville de Sykies, démarra de l’ancienne prison de Genti Koule et se poursuivit dans les rues du quartier de Sykies. Plus tard dans la soirée, la deuxième assemblée populaire eut lieu à Sykies. Les participants étaient moins nombreux que la première fois, principalement des habitants du coin.

Pendant ce temps, la première assemblée populaire du quartier d’Ano Poli eu lieu à 18h00, avec plus de 200 participants, la plupart d’entre eux étant de jeunes gens (ouvriers et étudiants), qui avaient participé aux contestations et émeutes des jours précédents et dont la plupart vivent dans ce quartier partiellement préservé et alternatif de la ville, mais aussi d’autres habitants du coin, d’âges divers, en sympathie avec l’agitation en cours. L’assemblée se tint dans le bâtiment de la bibliothèque municipale, qui avait accueilli dans le passé un centre social expulsé par les flics 10 ans auparavant. Beaucoup de gens participèrent à la discussion avec des comptes-rendus des événements des jours précédents, tout en proposaient qu’une revendication essentielle à avancer soit la libération immédiate de tous ceux qui avaient été arrêtés. Des rassemblements de contre-information furent planifiés pour le lendemain. Après la fin de l’assemblée, 150 personnes participèrent à une manif spontanée dans les rues d’Ano Poli, chantant et taguant des slogans contre les flics, le travail salarié et l’Etat.

Ce même soir, des militants étudiants organisèrent une assemblée populaire dans le quartier ouest, éloigné, d’Ampelokipi, pour ce que nous en savons.

Jeudi 18 décembre

La Coordination des occupations et des assemblées générales de l’AUTH appela à une manifestation place Kamara à 11h00. Du fait de la forte pluie, seulement 300 militants se rassemblèrent et se dirigèrent vers le ministère de Macédoine et de Thrace.

Dans la soirée un concert fut organisé place YMCA, à côté de la zone de l’Exposition internationale de Thessalonique, par l’école d’Art occupée, avec de nombreux artistes alternatifs y participant, 4 000 à 5 000 personnes de tous âges étaient là. De nombreux tracts appelant à la solidarité avec les personnes arrêtées furent distribués, relayées en même temps par des annonces dans les haut-parleurs. Ce concert pris fin après minuit. Plus tard dans la nuit, un autre concert eut lieu à l’école Polytechnique, appelé par la Coordination.

Vendredi 19 décembre

La seconde assemblée populaire d’Ano Poli eut lieu place Koule Kafe, en face de la bibliothèque municipale précédemment mentionnée. 100 à 150 personnes y participèrent ; des rassemblements de contre-information furent prévus pour le lendemain.

Samedi 20 décembre

Vers 10h00, des militants libertaires occupèrent le cinéma Olympion, le plus luxueux de la ville et lieu du Festival International du Film de Thessalonique, au cœur du centre-ville. Les projections officielles laissèrent place aux films militants et aux documentaires pour le reste de la journée. Le café du cinéma servit de lieu de rendez-vous pour les occupants et les passants, où les boissons étaient gratuites. Des milliers de tracts furent distribués. Les slogans furent criés à côté de l’Olympion occupé, une boite de bonbons fut lancée sur le maire de Thessalonique pendant une opération caritative de rue, qui fut interrompue. Une petite unité de police accourut afin de défendre le maire ridiculisé. A 18h00, 400 à 500 personnes se retrouvèrent dans une assemblée ouverte qui eut lieu au « cinéma Olympion libéré ». De nombreux comptes-rendus de l’agitation récente et les propositions pour le futur furent débattues. Tard dans la soirée, l’occupation prit fin avec une manifestation de 1 000 à 1 500 personnes dans l’avenue Nikis et la rue Ethnikis Aminis. Les flics qui gardaient l’arbre de Noël furent attaqués à la peinture, des caméras de surveillance furent détruites.

Dimanche 21 décembre

La troisième assemblée populaire eut lieu à Ano Poli. Environ 100 personnes occupèrent temporairement l’église de Taksiarches où ils firent des propositions et discutèrent des actions pour le lendemain. Un prêtre menaça d’excommunier les participants ! Cette occupation constitua un scandale majeur pour les fractions conservatrices de la société locale. Le lendemain, une douzaine de flics en civil gardaient l’église de Taksiarches alors que la police anti-émeute surveillait une autre église connue dans le quartier d’Ano Poli.

Lundi 22 décembre

Tôt le matin, la bibliothèque municipale d’Ano Poli fut occupée afin d’accueillir les assemblées populaires et d’être utilisée comme centre de contre-information. Dans la matinée, des tracts furent distribués par des occupants dans les rues et les lycées d’Ano Poli. La quatrième assemblée populaire eut lieu le soir. Outre l’organisation des actions pour le lendemain, un thème majeur de l’assemblée fut l’idée d’un appel à des actions dans le centre-ville pendant Noël, faisant valoir que « cette année on ne célèbre pas Noël, on s’émeute ».

Jeudi 23 décembre

A 18h30, une manifestation locale appelée par la bibliothèque municipale occupée eut lieu dans les rues principales du quartier d’Ano Poli, à laquelle participèrent une centaine de militants du milieu libertaire. De nombreux tracts appelant à une libération immédiate des personnes arrêtées et dénonçant les célébrations de Noël furent distribués aux employés des magasins, aux habitants et aux passants. Après la manif, l’occupation de la bibliothèque municipale pris fin sur fond d’agitation sociale réduite. De ce fait il était devenu impossible d’organiser des contestations et d’autres actions durant Noël.

Retour à la normale ?

Jusqu’ici tout va bien. La vie dans la ville de Thessalonique semble être revenue à la normale. Toutefois, quelques réunions de militants continuent à avoir lieu, comme dans l’école d’Art occupée dans la banlieue est de Kalamaria et à Ano Poli. Hier, jeudi 30 décembre, 100 personnes manifestèrent à Kalamaria contre les célébrations du Nouvel An, appelant à la libération immédiate des personnes arrêtées pendant que des ouvriers, des immigrés et des militants occupaient la Bourse du travail de Thessalonique, exprimant leur solidarité à l’ouvrière syndicaliste bulgare de l’ISAP (métro d’Athènes et du Pirée) Konstantina Kouneva, qui avait été attaquée à l’acide sulfurique le 23 décembre ; elle est toujours à l’hôpital et dans un état grave.

Comme pour ce soir, il y a un appel à un rassemblement place Rotonda à minuit et demi : « pendant la nuit du réveillon, nous n’allons pas rester à la maison en attendant une nouvelle année morte ; nous allons sortir nous amuser et les rues seront à nous ; tout à changé, l’émeute fait maintenant partie de nos vies ; pour chaque moment assassin, pour tous les copains qui sont morts, pour tout ce que nous ressentons et nous recherchons »

Il est quasiment impossible pour qui que ce soit d’estimer si ou comment cette agitation sociale va continuer après le 7 janvier, le jour de la rentrée. Selon ce qui arrivera, plus rien ne sera pareil, non seulement pour nous qui avons été dans la rue, mais aussi bien pour toute la classe ouvrière de ce pays.

Blaumachen et amis,
Thessalonque, 31 décembre 2008

[Trouvé sur http://dndf.org]

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