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Nuits d’émeute à Clichy-sous-Bois
(Le 27 octobre 2005)

Nuit d’émeute à Clichy-sous-Bois

Pompiers caillassés, voitures brûlées, centre commercial vandalisé... : après la mort de deux jeunes qui s’étaient réfugiés dans un transformateur EDF, deux cents personnes se sont heurtés à la police jusqu’à deux heures du matin.

Deux morts, une nuit d’émeute, un quartier vandalisé, et quelques questions en suspens : tel est vendredi matin la bilan des incidents de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Les deux morts sont des jeunes de la cité du Chêne-Pointu, décédés alors qu’ils s’étaient réfugiés, peu avant 19 heures, dans un transformateur EDF situé au fond d’une impasse. Ziad avait 17 ans et Banou 15 ans. Les raisons pour lesquelles ils se sont abrité dans un lieu aussi dangereux font partie des principales zones d’ombre. Il semble que les deux jeunes - ainsi qu’un troisième, âgé de 21 ans, grièvement blessé - tentaient d’échapper à la poursuite de la police, qui les a découverts en train de tenter de cambrioler un cabanon. Mais vendredi matin, Nicolas Sarkozy a affirmé que « la police conteste formellement que les jeunes étaient poursuivis ». Il a précisé que lorsque les policiers sont arrivés sur le lieu de la tentative de cambriolage, « trois jeunes sont partis en courant ». Le ministre a aussi qualifié les incidents de « dramatiques » et a déploré « une nuit d’émeute, je dirais une de plus ».

En fin de matinée, à l’occasion d’une conférence de presse, Jean-Michel Bonte, secrétaire général de la préfecture de Seine-Saint-Denis a lui aussi affirmé « qu’il n’y a pas eu de course poursuite et les policiers n’étaient pas aux trousses des jeunes avant qu’ils n’arrivent au transformateur. Il n’y a également aucun lien établi entre un contrôle policier survenu plus tôt à propos d’un vol de chantier et la mort des deux jeunes ». Dans la nuit, un communiqué des pompiers indiquait qu’ils avaient été appelés pour porter secours à trois personnes électrocutées dans un transformateur « après avoir tenté d’échapper à la police ».

Une fois connue, la nouvelle de ce double décès a jeté dans la rue plusieurs dizaines de jeunes, environ 200 selon la place Beauvau. « On vu les jeunes se masser progressivement et venir au contact », indique un secouriste. Ils s’en sont d’abord pris aux pompiers venus tenter de secourir les trois jeunes réfugiés dans le transformateur. Après avoir médicalisé le blessé sur place, les pompiers sont obligés de le transporter au centre de secours de Clichy-sous-Bois pour échapper aux caillassage. Vers 23 heures, ils déclenchent le plan de secours « troubles urbains » tandis que des « bandes incontrôlées de plusieurs dizaines de jeunes », selon les termes de l’état-major des sapeurs-pompiers de Paris, s’en prennent aux engins en intervention et au centre de secours de Clichy-sous-Bois et à d’autres bâtiments. Vingt-trois voitures brûlées, les vitres d’un centre commercial brisées, des abri-bus vandalisés, une école, la poste et la mairie de Clichy-sous-Bois font l’objet de caillassages. Face à ces jeunes, jusqu’à 300 policiers ont répliqué jusqu’à 2h du matin.

par Jacky DURAND et Fabrice TASSEL LIBERATION.FR : vendredi 28 octobre 2005 - 15:13

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Reprise des Violences urbaines à Clichy-sous-Bois

PARIS (AP) -- Un véhicule des CRS a été la cible d’un tir à balles réelles vendredi soir à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), au lendemain d’une nuit d’affrontements entre des centaines de jeunes et des forces de police, a-t-on appris tard vendredi auprès de la préfecture de la Seine-Saint-Denis. On ne signalait aucun blessé dans l’immédiat. "L’état des lieux, c’est que c’est chaud", a déclaré vendredi soir Michel Theuil, directeur de cabinet du préfet. "Il y a eu un tir à balle réelle de gros calibre sur un camion de CRS." Selon la préfecture, la commune de Clichy-sous-Bois était de nouveau le théâtre de violences urbaines, avec des groupes de jeunes incendiant des véhicules et des poubelles. Vendredi soir, une unité de CRS et un escadron de gendarmes mobiles étaient déployés sur les lieux tandis qu’une autre unité de CRS devaient arriver en renforts, selon la préfecture. Le préfet de la Seine-Saint-Denis et le directeur départemental de la sécurité publique, Jacques Méric, se trouvaient également sur place. "A ma connaissance, à l’heure ou je vous parle, il n’y a pas eu de blessés", a ajouté M. Theuil. De violents accrochages ont eu lieu vendredi soir à Clichy-sous-Bois entre jeunes du quartier et forces de l’ordre. Les troubles ont éclaté jeudi peu avant 19h lorsque les pompiers ont été appelés pour porter secours à trois jeunes électrocutés, dont deux sont décédés et un a été hospitalisé dans un état grave à l’hôpital Beaujon de Clichy-sur-Seine. Selon les pompiers, lorsque les secours sont arrivés jeudi soir à Clichy-sous-Bois, ils ont été accueillis par des jets de pierres. Des jeunes du quartier du Chêne pointu ont également brûlé des poubelles, des voitures et saccagé des bâtiments. D’après les pompiers et les habitants du quartier, ces trois jeunes s’étaient réfugiés dans un transformateur EDF à haute tension pour échapper à la police. La police, la préfecture de Seine-Saint-Denis et le ministère de l’Intérieur affirment cependant que ces jeunes n’étaient pas poursuivis. Une marche silencieuse est organisée samedi matin en mémoire des deux jeunes électrocutés. Après un rassemblement à 9h30 devant la mairie, le cortège doit se rendre dans le quartier du Chêne pointu pour observer une minute de silence sur le lieu de l’accident.

AP

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Appels au calme à Clichy-sous-Bois après les émeutes

Elus et responsables religieux de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) ont lancé samedi un appel au calme après deux nuits de violences provoquées par la mort de deux adolescents, électrocutés jeudi soir après avoir pénétré dans un transformateur EDF.

En fin de journée, un important dispositif policier s’est mis en place à Clichy-sous-Bois pour éviter une troisième nuit d’émeutes. Près de 400 policiers et CRS ont été mobilisés, a-t-on appris de source policière. Dans l’après-midi, un troisième jeune, blessé dans les mêmes circonstances, a pu être interrogé sur son lit d’hôpital. Il a confirmé que les trois adolescents se croyaient poursuivis par la police "alors qu’à aucun moment ils ne l’ont été", a déclaré le procureur de la République de Bobigny, François Molins.

Le quartier du Chêne Pointu, l’une des deux cités de Clichy-sous-Bois, s’est embrasé jeudi soir après la découverte des corps de Ziad et de Banou. La rumeur s’est rapidement répandue qu’ils avaient été pris en chasse par des policiers et avaient trouvé refuge dans le local extrêmement dangereux d’EDF.

Cette version des faits a été démentie par le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, dès vendredi mais dans la soirée, les violences ont repris, opposant près de 400 jeunes aux forces de l’ordre qui ont été la cible de pierres, de cocktails molotov et d’un tir à balle réelle, de gros calibre.

Deux enquêtes ont été ouvertes pour faire la lumière sur ces événements : l’une a été confiée à la police judiciaire et l’autre à l’Inspection générale des services (IGS), la police des polices.

Samedi matin, près d’un demi-millier de personnes ont pris place derrière les familles des deux victimes pour une marche silencieuse. Sur les T-shirts blancs d’un groupe de jeunes, on pouvait lire "Mort pour rien" d’un côté et les noms des deux adolescents de l’autre.

Slalomant entre les carcasses de voiture incendiées la veille, le cortège s’est recueilli devant le transformateur EDF et plusieurs responsables religieux musulmans ont dit une prière à la mémoire des deux jeunes.

"PAS DES DÉLINQUANTS"

Le maire de la ville, le socialiste Claude Dilain, a déposé une gerbe au milieu des fleurs apportées par la foule. "La France entière nous regarde", a-t-il déclaré avant d’appeler au calme. "Montrons que malgré notre douleur et notre colère nous savons rester dignes", a-t-il ajouté. Nicolas Sarkozy devrait recevoir les familles lundi après-midi, a-t-on appris auprès du ministère de l’Intérieur. "Le ministre est en liaison permanente avec le préfet de Seine-Saint-Denis et le responsable départemental de la sécurité publique", a-t-on précisé de même source. Dans la nuit de vendredi à samedi, la police a interpellé 19 personnes, dont 14 étaient toujours en garde-à-vue samedi. Les émeutes ont fait 16 blessés légers, 15 policiers et un journaliste, selon la préfecture de Seine-Saint-Denis.

Le bilan des dégâts matériels fait état d’une trentaine de voitures incendiées, ainsi que des poubelles et du mobilier urbain.

Lors d’une conférence de presse, le procureur de Bobigny a dénoncé le comportement de "ceux qui paraissent prêts à utiliser tous les motifs pour commettre des dégradations et en découdre avec les forces de police".

Il a précisé que les trois adolescents réfugiés dans le transformateur "n’étaient pas défavorablement connus des services de police". "Il ne s’agissait de délinquants", a déclaré François Molins.

Les trois victimes se sont mises à courir en voyant arriver un groupe de jeunes qui semblaient fuir un contrôle d’identité après une tentative de cambriolage sur un chantier, a-t-il ajouté.

Le fait qu’on ait tiré à balle réelle vendredi soir sur un fourgon de CRS a suscité la colère des syndicats de policiers, qui réclament plus de moyens humains et matériels pour intervenir dans les quartiers sensibles. Vendredi, Nicolas Sarkozy a annoncé que la totalité des voitures de police serait équipée de caméras d’ici la fin de l’année. "Dans une affaire comme celle-là, s’il y avait eu une caméra, il y aurait un élément objectif qui permettrait de savoir", a-t-il déclaré lors d’un déplacement à Nancy.

Reuters

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Véhicule incendié lors de l’émeute de Clichy-sous-Bois le 29 octobre 2005.