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Italie :Chronologie des révoltes dans et autour des centres de rétention (janvier-avril)
(Le 27 avril 2009)

[A Paraître dans Cette Semaine n°98, printemps 2009, pp.48-49]

Italie :Révoltes dans les centres de rétention

24 décembre, Bari : La nuit de Noël, une partie des 200 immigrés en attente d’expulsion s’est révoltée et a tenté une évasion, détruisant des lits et les meubles des modules du centre. Quelques policiers et militaires du Bataillon San Marco, chargé de sa surveillance [depuis juin les militaires sont aussi présents dans les centres de rétention], sont légèrement blessés. 12 immigrés algériens ont réussi à s’enfuir, tandis que 21 ont été repris.

Janvier 2009, Lampedusa : Le ministre Maroni bloque les transferts vers le continent. 1800 personnes sont enfermées dans le CSPA de Lampedusa (qui contient normalement 804 places). Le CSPA (Centre pour Aide et Premier Accueil) est une structure provisoire, les immigrés ne sont pas supposés y rester longtemps. Les prisonniers ne sont pas sous la juridiction du pouvoir judiciaire et ne peuvent pas faire de demandes d’asile.

22 janvier, Lampedusa : Affrontements entre les forces de l’ordre et la population qui manifeste contre la décision du ministre. La voiture du préfet Morcone et un bus avec 110 immigrés en route pour l’aéroport sont bloqués.

23 janvier, Lampedusa : Appel à une grève générale sur l’île pour protester contre le traitement infligé aux immigrés. 4000 des 6000 habitants y participent. Le transfert d’une partie des prisonniers vers l’ancienne base militaire de l’OTAN de Loran est empêché.

24 janvier, Lampedusa : Tous les immigrés enfermés dans le CSPA (près de 700) cassent les portes et les grillages d’enceinte. Ils partent en manifestation vers le village où ils sont accueillis par les applaudissements des habitants.

25 janvier, Lampedusa : La sénatrice Maraventano (Ligue du Nord) se rend sur l’île pour apaiser les esprits. Elle est accueillie avec rage et doit fuir sous escorte des carabiniers.

29 janvier, Lampedusa : Le CSPA est transformé en CIE (Centre d’Identification et d’Expulsion), l’ancienne base de Loran devient un centre d’accueil pour ceux qui ont fait des demandes d’asile.

2 février, Lampedusa : Incendie volontaire dans les bâtiments de l’ancienne base de Loran où des centaines de femmes sont enfermées.

7 février, Lampedusa : Dix immigrés enfermés dans le CSPA tentent de se suicider. L’un d’entre eux est transféré vers les urgences de l’hôpital de Palerme.

14 février, Lampedusa : Des flics zélés tabassent un immigré qui traversait la rue.

17 février, Lampedusa : Grève de la faim massive (près de 300 personnes) dans le CIE après l’annonce du transfert de 107 Tunisiens à Rome, en vue d’une déportation imminente.

18 février, Lampedusa : Mutinerie dans le CIE. Les prisonniers s’affrontent avec des unités anti-émeute. Lors des affrontements, ils boutent le feu aux bâtiments. L’incendie ravage une grande partie de l’infrastructure, 22 flics sont blessés.

18 février, Trento : Toute la matinée, des anarchistes parcourent la ville en diffusant des tracts, en collant des affiches, en taguant des slogans de solidarité avec la révolte de Lampedusa.

19 février, Malte : La révolte se diffuse vers deux autres centres de rétention. Près de 70 Tunisiens incendient matelas et tentes du centre d’Hal Far à La Valette, d’autres se révoltent dans celui de Safi. Intervention des flics et de militaires pour les mater.

19 février, Milan : Tension dans le CIE de la via Corelli : des matelas et des draps brûlent.

19 février, Turin : Rassemblement bruyant devant le CIE de corso Brunelleschi où 27 immigrés transférés de Lampedusa viennent d’arriver par un vol d’Air Italy. Des pneus, des palettes et des poubelles sont cramés dans la rue. Les femmes enfermées sont libérées pour faire de la place, tandis que les hommes entament une grève de la faim.

20 février, Monteroni (Lecce) : Des tags comme « Lampedusa brûle, Feu aux lagers », « Qui sème le vent révolte la tempête, Lampedusa brûle », « Mantovano terroriste » apparaissent sur les murs. Le soir, le sous-secrétaire à l’Intérieur, Alfredo Mantovano participait au Premier Forum permanent pour la Sécurité et la Légalité, en présence du Préfet et de l’Archevêque. La police scientifique est intervenue pour relever le type de peinture, les caractéristiques de l’écriture, etc.

20 février, Turin : Rassemblement devant le supermarché Ipercoop (lié à la chaîne de coopératives de gôche Legacoop), diffusion de tracts en solidarité avec les grévistes de la faim au CIE de Turin et contre la collaboration de Legacoop à la gestion des centres de rétention (notamment celui de Lampedusa). Des centaines de tracts ont été glissés dans les rayons du supermarché.

20 février, Lampedusa : 300 des 850 immigrés sont transférés. Vingt mis en accusation pour l’émeute sont envoyés à la prison d’Agrigento ; les autres sont transférés vers les centres d’Isola Capo Rizzuto, Gradisca d’Isonzo, Elmas et Turin. Pendant les transferts, ils sont maltraités par les forces de l’ordre. Certains transferts se font par avion, avec la collaboration de société aérienne d’Alitalia.

21 février, Turin : Des slogans comme « Feu aux CPT » sont peints sur huit locaux de la Croix-Rouge à Turin, Settimo, Chivasso, Pino, Chieri, Moncalieri, Nichelino et Beinasco. A Moncalieri, un seau de peinture rouge a accompagné le tag. La Croix-Rouge gère plusieurs centres de rétention.

22 février, Turin : Rassemblement de solidarité devant le CIE avec des pétards et des fumigènes. Des oeufs volent contre les flics qui gardent l’entrée. Des slogans sont peints sur les murs du centre. Les prisonniers font plein de bruit jusqu’à l’intervention des unités anti-émeute.

23 février : Un décret-loi porte de 2 à 6 mois la durée de rétention administrative.

27 février, Turin : Les bureaux du directeur de Kairos, Mauro Maurino, situés via Lulli 8, sont occupés pendant deux heures en solidarité avec les immigrés en lutte. Kairos est membre du consortium Connecting People qui a déposé un dossier pour gérer le CIE de Turin à la place de la Croix-Rouge. La banderole sur l’immeuble disait « Mauro Morino, aspirant maton » tandis que celle qui barrait l’entrée de l’immeuble ajoutait « Pas de CIE, pas d’expulsions ».

27 février, Bologne : Rassemblement de solidarité devant le CIE via Mattei ; réponses bruyantes des prisonniers.

3 mars, Bologne : Un prisonnier du CIE avale du métal pour protester contre les conditions d’enfermement, vingt autres montent sur le toit. Rassemblement spontané devant le CIE, où des slogans sont peints sur les murs, puis en ville. Les pompiers aident les forces de l’ordre à mettre fin à la protestation. Trois immigrés sont transférés vers le CIE de Milan.

5 mars, Milan : Plusieurs immigrés réussissent à grimper sur le toit du CIE de via Corelli, criant « Liberté ! ». Cernés, ils redescendent, sont tabassés puis entament une grève de la faim et de la soif.

8 mars, Bari : 85 prisonniers entament une grève de la faim.

8 mars, Bologne : Une table de presse du Movimento Giovani Padani (proche de la Ligue du Nord) est défoncée, leur banderole arrachée et l’un d’eux qui faisait le brave frappé. Le tract de ces ordures était titré « Maintenant Basta - arrêtons-les par la castration chimique », faisant référence à des cas médiatisés de viols commis par des « étrangers ». Douze compagnons sont arrêtés, quatre poursuivis pour « violence en réunion » et « coups & blessures », tous pour « manifestation non autorisée », et un pour « incitation à commettre un délit » suite à des insultes précises contre le ministre de l’Intérieur et Berlusconi.

9 mars, Bologne : Des inconnus parviennent à grimper sur le mur d’enceinte extérieur du CIE. Sur le plexiglas qui le surplombe est écrit « Basta Lager », « Liberté pour tous », des insultes contre les flics et un numéro de portable à contacter.

14 mars, Bari : Rassemblement de solidarité devant le CIE de San Paolo puis en centre-ville. Suite au refus de remettre banderole et tracts aux flics municipaux, une dizaine de manifestants se fritent avec eux. Cinq d’entre eux sont arrêtés et amenés à la caserne des carabiniers. Deux sont relâchés quelques heures plus tard avec une plainte, et trois passeront le 18 mars en comparution immédiate. Ils sont condamnés à 10 mois de prison avec sursis [en patteggiamento, soit accord avocat/procureur contre réduction de peine] pour « résistance », « violence » et « blessures » contre les municipaux.

19 mars, Rome : un jeune algérien de 24 ans, Salah Souidani, meurt dans le CIE de Ponte Galeria. Les médecins ne l’ont pas ausculté suite à un malaise, la police l’a en plus tabassé et, comme d’habitude, la Croix-Rouge est restée là à regarder. Une grève de la faim commence dans le centre.

19 mars, Turin : Rassemblement rapide sous le CIE avec mégaphone, pétards et petites boules jaunes qui volent au-dessus des murs avec des messages de solidarité à l’intérieur. Course avec les flics en civil qui n’arrêtent personne. Restent des tags sur le mur d’enceinte : « Feu aux CPT-CIE », « Votre sécurité tue ». En soirée, quatre inconnus pénètrent en soirée au siège de la Croix-Rouge en criant « assassins, assassins ! » et balancent un seau de peinture rouge dans l’entrée. La même parole est tracée à la bombe sur sa façade.

20 mars, Trento : Les militants de la Ligue du Nord en train de s’occuper de leur stand dans la rue sont assaillis par six personnes qui leur balancent un fumigène et des sacs de merde.

20 mars, Turin : Le consul marocain passe reconnaître une vingtaine de prisonniers pour qu’ils soient expulsés les jours suivants. Un des trois Tunisiens qui s’est révolté la semaine précédente est transféré au CIE de Rome. A l’extérieur, une dizaine de personnes débarquent vers 17h avec tracts et banderole pour perturber la sale besogne de la laverie La Nuova, via Santhià 34 (quartier Barriera di Milano) : elle s’occupe de laver les draps du centre.

22 mars, Bologne : explosion artisanale contre le nouveau siège de la Ligue du Nord, via Pietralata 42. 22 mars, Turin : Six anarchistes masqués font irruption vers 20h30 dans le resto de luxe « Il cambio », situé piazza Carignano, lançant des seaux d’excréments sur les bourgeois présents et sur les velours historiques, ainsi que des tracts se référent à la situation dans les CIE.

23 mars, Rome : Des ballons remplis de peinture rouge ont éclaté contre la porte d’entrée de la Croix-Rouge, via Pacinotti. A côté, un tag de 5 mètres de long précisait : “ Assassins. Feu à tous les centres de rétention ”, avec un A cerclé.

24 mars, Rome : Vers 8h30 du matin, la circulation de Porta Maggiore est bloquée en solidarité avec les sans-papiers en lutte dans les CIE et Salah Souidani, assassiné le 19 dans celui de cette ville. S’en suit une manif sauvage avec banderole, tracts et fumigènes.

25 mars, Bologne : Une dizaine d’inconnus pénètrent dans l’hôtel Europa et y jettent des sacs de merde. Cet hôtel devait accueillir le lendemain la conférence de Fiamma Tricolore, un parti d’extrême-droite.

28 mars : Journée contre le « Paquet (de lois) sur la Sécurité », le racisme d’Etat et en solidarité avec les immigrés en lutte dans les CIE.
Rome : Banderole (« Salah, assassiné à Ponte Galeria. Solidarité avec les exploités en lutte. Fermons les CIE ») et tracts distribués sur la question.
Turin : Plusieurs initiatives en ville (tracts, etc.) et direct toute la journée sur radio Black Out avec les initiatives des autres villes.
Florence : Manif contre la construction de deux futurs CIE à Campi Bisenzio et Grosseto avec banderole, tracts, mégaphone, dans les rues, le marché S. Lorenzo et la gare Santa Maria Novella.
Trento : Stand, expo et micro ouvert dans les rues. Le soir, intervention dans un supermarché Coop avec une banderole (« La Coop est complice des lagers »), mégaphone et tracts.

30 mars, Turin : Après une journée d’agitation dans le CIE, évasion de 7 sans-papiers par la porte d’entrée, alors qu’ils étaient amenés à l’hôpital. Cinq seront repris aux alentours et tabassés, les deux autres courent toujours.

5 avril, Milan : Vers 22h30, des dizaines de retenus du CIE de via Corelli montent sur le toit. La police intervient et en tabasse certains (matraques et coups de crosse).

6 avril, Turin : Après l’évasion réussie la semaine précédente, une vingtaine de retenus tente de s’évader du CIE de Turin. Repris, cinq sont incarcérés.

7 avril : Au moins quatre CIE (Turin, Milan, Gradisca d’Isonzo, Rome) commencent une grève de la faim coordonnée.

8 avril : Le décret-loi signé le 23 février par le gouvernement et qui portait la durée de rétention de 2 à 6 mois n’est pas prolongé par le Parlement (232 voix contre 225). Après plus d’un mois de luttes dans les CIE à travers toute l’Italie, 1.038 sans-papiers dont la détention a dépassé les deux mois doivent donc être libérés le 26 avril, et 227 dans les deux semaines qui suivent.

9 avril, Gradisca : 40 sans-papiers réussissent à s’évader du CIE. Ils ont d’abord défoncé le faux-plafond des chiottes, gagné le toit par une bouche d’aération puis franchit le mur d’enceinte de 4 mètres de haut vers 3h30 du matin. Deux, blessés (dont une jambe cassée) ont été repris à côté du mur et une vingtaine dans la campagne des alentours. 21 (17 tunisiens et 3 marocains) ont donc réussi la belle jusqu’au bout.

13 avril, Florence : Un engin explose devant le siège de Forza Italia [parti de Berlusconi] situé piazza Pier Vettori. La porte d’entrée a été défoncée.

20 avril, Gradisca : 2 sans-papiers réussissent à s’évader du CIE. Ils ont tordu le barreau central de la fenêtre puis rejoint l’autre partie du CIE, celle pour demandeurs d’asile, après avoir passé un premier mur d’enceinte. Là, ils ont escaladé le second et se sont évanouis dans la campagne. Tous deux faisaient partie du groupe de Tunisiens impliqués dans la révolte de Lampedusa.

[Infos traduites de l’italien et résumées à partir d’Informa-azione.info]

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