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Paris : Vélib’, deux ans de vandalisme anti-bobos
(Le 10 juillet 2009)

Vélib’ : deux ans de bobos

lefigaro.fr, 10/07/2009 | Mise à jour : 16:33 |

ENQUÊTE - Le système de vélos en libre-service de la capitale souffle mercredi ses deux premières bougies. Mais le gâteau, victime d’un vandalisme croissant, a comme un goût amer pour JCDecaux et la Mairie de Paris.

16.000 dégradations, 8.000 vols, 3.500 plaintes auprès de la police, 1.500 réparations par jour. A eux seuls, ces quatre chiffres résument le triste sort que subissent les Vélib’ depuis deux ans. Mis en service le 15 juillet 2007, le système de vélos en libre-service de la capitale semble plus que jamais victime de son succès. Cadres voilés, guidons tordus, pneus crevés, paniers cassés, sonnettes volées, garde-boue tagués, vélos jetés dans la Seine... La liste est longue. Trop longue pour JCDecaux, exploitant des quelque 20.000 bicyclettes mises en circulation dans la capitale et, depuis peu, trente communes limitrophes.

En dépit d’une répartition sensiblement meilleure des vélos dans les quelque 1.800 stations de la capitale, l’opinion des usagers continue de se dégrader quant à l’état des deux-roues. Reflet des dégradations croissantes, seuls 46% des « Vélibistes » se déclarent satisfaits de l’état des vélos selon une enquête TNS Sofres de mars dernier, contre 55% en 2008. Photo DR. Photo DR.

Donner des explications rationnelles à ces dégradations n’est pas évident. Certains évoquent deux pistes : d’abord, nombre de touristes ne se préoccuperaient guère de la durée de vie des Vélib’ qu’ils empruntent ; mais surtout, les dégradations volontaires commises sur les Vélib’ seraient le symbole d’une attaque envers l’image « bobo » que les vélos en libre-service véhiculent depuis leur mise en service. « C’est un peu comme les 4x4 ou les Mercedes que l’on raye pour s’en prendre aux plus riches, analyse le sociologue Sébastian Roché, directeur du pôle « sécurité et société » au CNRS de Grenoble. Et puis tout ce qui appartient à tout le monde et à personne en même temps n’est généralement que très peu respecté... ». Sans oublier ceux qui, souvent via Internet, se lancent des défis cascades en tous genres et autre « freeride » à gogo par vidéos interposées et postées sur Youtube ou Dailymotion.

Un travail de maintenance énorme

Jamais JCDecaux n’avait imaginé un vandalisme d’une telle ampleur. Paris ferait d’ailleurs plutôt figure d’exception. « A Lyon, Marseille ou Toulouse, il y a aussi des dégradations, c’est sûr, mais jamais autant qu’ici », dit un mécanicien de Cyclocity, la filiale de Decaux en charge du développement et de l’exploitation des Vélib’. Avec 500 salariés, le travail de maintenance est considérable. Une dizaine d’ateliers ont été installés autour de Paris, et une péniche de réparations circule en permanence sur la Seine. Responsable de la flotte automobile et de la sécurité chez JCDecaux, Jean-Claude Joyeux explique son fonctionnement :

Permettant d’éviter les embouteillages et limitant les déplacements de camions dans Paris, la péniche circule ainsi tous les jours du pont de Charenton au pont Mirabeau pour réparer les vélos dégradés. Assurée écologique par ses promoteurs, la clinique flottante des Vélib’ s’est distinguée en novembre dernier en recevant le Grand Prix de l’environnement.

Pour JC Decaux, le problème n’est pas seulement celui des réparations. Le contrat signé entre le Ville de Paris et Decaux prévoit que l’exploitant touchera un intéressement de 12% sur les recettes, mais seulement si le parc est bien entretenu. De même, la Mairie de Paris déboursera 400 euros par vélo volé ou inutilisable, si la perte annuelle dépasse les 4% pour Decaux. Une clause qui pourrait coûter plus d’1,5 millions d’euros aux contribuables parisiens. « Pas le cas pour le moment », assure-t-on à l’Hôtel de Ville.

En attendant, JC Decaux débourse sans donner de chiffres - la communication y est parfaitement verrouillée -, s’impatiente en silence, et tente de mettre en place des alternatives. Depuis le début de l’année, il n’aura ainsi pas échappé aux usagers fréquentant les stations les plus dégradées que de moins en moins de vélos y sont mis en service. C’est par exemple le cas aux abords des Halles, de Montparnasse, de la gare du Nord ou de Pigalle.

Une campagne de communication pour quelle efficacité

Quant à la Mairie de Paris, elle préfère voir s’attarder sur le taux de satisfaction global des usagers - 94% selon l’enquête de mars dernier. Pleinement consciente malgré tout du problème, l’équipe de Bertrand Delanoë se demande surtout comment résoudre la situation.

Une campagne de communication a été mise en place (aperçu ci-contre), avec un message simple : « Casser un Vélib’, c’est facile... Il ne peut pas se défendre. Vélib’ est à vous, protégez-le ! ». Signée par le célèbre dessinateur Cabu, l’affiche fait petit à petit le tour de Paris depuis le mois dernier. Reste encore à savoir si elle parviendra à dissuader les vandales de poursuivre leurs agissements.

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