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Belgique : Document du Sénat à propos du mouvement anarchiste et pas seulement
(Le 7 novembre 2009)

Document du Sénat à propos du mouvement anarchiste et pas seulement

Ce document - propagande de l’Etat - vise clairement à préparer le terrain pour isoler les anarchistes et autres anti-autoritaires des luttes en cours, ne mérite rien d’autre d’autre que notre mépris le plus profond.

Annales du Sénat Belge 29 octobre 2009

Demande d’explications de Mme Nele Jansegers au ministre de la Justice sur « l’extrémisme lié à la problématique de l’asile » (nº 4-1123)

M. le président. - M. Carl Devlies, secrétaire d’État à la Coordination de la lutte contre la fraude et secrétaire d’État, adjoint au ministre de la Justice, répondra.

Mme Nele Jansegers (VB). - J’ai lu dans la presse du 16 octobre qu’une vingtaine d’individus masqués avaient, la veille, envahi une filiale de l’entreprise de construction Besix, à Saint-Denis-Westrem. Le réceptionniste a subi des menaces et le mobilier a été saccagé. Cette incursion serait liée au fait que l’entreprise en question est chargée de la construction d’un nouveau centre de transit pour illégaux à Steenokkerzeel.

Par ailleurs, il ressort de la lecture du journal néerlandais NRC Handelsblad du 12 octobre que le service néerlandais de renseignement AIVD met en garde contre l’augmentation des violences extrémistes perpétrées par des opposants à l’enfermement et à l’expulsion des étrangers. Ce petit groupe rejette radicalement la politique d’asile du gouvernement néerlandais. On a observé ces dernières années une augmentation du nombre d’incidents, dont la nature est aussi devenue plus agressive. Ces extrémistes ne s’en prennent plus seulement aux instances directement concernées. Les concepteurs et les bâtisseurs de centres d’asile sont aussi visés. Quiconque est impliqué d’une façon ou de l’autre dans la politique d’asile devient une cible potentielle.

Les extrémistes allument des incendies, se livrent à du vandalisme et profèrent des menaces. Les victimes de cette forme d’intimidation sont des personnes : des échevins ou des directeurs d’entreprises de construction, par exemple. L’entreprise qui fournit le papier de toilette au ministère de la Justice et l’imprimerie qui travaille pour celui-ci sont aussi devenues des cibles. Trois « visites à domicile » ont déjà eu lieu cette année. Les maisons et les voitures de directeurs d’entreprises visées par les extrémistes ont fait l’objet de déprédations.

Le service de renseignement s’est entre-temps concerté avec les responsables de la justice et de l’ordre public sur des mesures à prendre.

Est-ce, dans notre pays, le premier cas de recours à la violence ou au vandalisme pour protester contre l’implication des victimes dans la politique d’asile ? Dans la négative, le ministre peut-il énumérer les incidents ?

Des arrestations ont-elles déjà eu lieu ? Dans l’affirmative, j’aimerais obtenir un relevé et savoir où nous en sommes à l’heure actuelle.

La Sûreté de l’État est-il impliquée dans les enquêtes concernant ces incidents ? Le ministre et la Sûreté de l’État se sont-ils déjà concertés à ce sujet ?

A-t-on pris des contacts avec nos collègues néerlandais pour débattre de ces incidents, échanger des informations et discuter d’une éventuelle stratégie commune ? Dans la négative, pourquoi ?

Quelles mesures le ministre compte-t-il prendre ? Envisage-t-il une concertation avec d’autres ministres ?

M. Carl Devlies, secrétaire d’État à la Coordination de la lutte contre la fraude et secrétaire d’État, adjoint au ministre de la Justice. - Je vous lis la réponse du ministre De Clerck.

On constate depuis fin 2007 une augmentation du nombre d’actions pouvant vraisemblablement être associées au milieu anarchiste. Elles font partie de différentes campagnes anarchistes visant entre autres à obtenir la fermeture des prisons et des centres d’accueil fermés. Toutes les entreprises reliées de près ou de loin à ces institutions peuvent être une cible. Une entreprise de nettoyage, La Poste et des sociétés de transport public ont, par exemple, été victimes de tels actes. Les services de police ont aussi été visés.

Les actes commis par les anarchistes vont de l’inscription de graffitis à l’allumage d’incendies, en passant par des faits de vandalisme. Au moins 55 faits de cette nature ont été dénombrés depuis le début de l’année.

En octobre 2009, deux actions bien préparées ont été menées par des groupes de personnes masquées et vêtues de noir. La première s’est déroulée à Bruxelles, où les vitrines d’agences de travail intérimaire et d’agences bancaires ont été brisées.

L’idéologie anarchiste considère en effet les prisons et les centres d’asile comme les instruments par excellence de la répression exercée par l’État. Les entreprises et organes publics responsables de la gestion des prisons et des centres fermés ou qui leur fournissent des services sont donc devenus la cible d’un petit groupe d’anarchistes virulents, par exemple, le 15 octobre dernier, l’entreprise Besix. Début août 2009, une liste noire de toutes les sociétés qui contribuent à la construction du nouveau centre d’asile de Steenokkerzeel a même été publiée sur internet. La pratique du naming and shaming devient bien souvent une méthode d’action pour les activistes d’extrême gauche.

Il est très difficile d’établir une liste exhaustive de ces incidents car les services de renseignement et de police ne peuvent pas toujours déterminer si un fait est ou non de nature politique.

Seuls quelques faits sont revendiqués en tant que tels sur internet ou dans des tracts, ou ont pu être qualifiés d’anarchistes grâce aux tags découverts sur place. Le choix de la cible a aussi, dans certains cas, permis de supposer qu’un fait s’insérait dans la campagne anarchiste menée contre les prisons et les centres fermés. La violente protestation qui s’exerce dans notre pays contre la politique d’asile et de migration s’inscrit donc dans ce cadre. Ce courant radical est toutefois entièrement dissocié de l’opposition légitime et pacifique des ONG, qui défendent les droits des réfugiés et des sans-papier et réclament une politique d’immigration plus humaine. Plusieurs enquêtes sont en cours sous l’égide du parquet fédéral, qui suit ce problème. Jusqu’à présent, aucune arrestation n’a eu lieu.

Conformément à ses missions, fixées par la loi du 30 novembre 1998, la Sûreté de l’État consacre l’attention nécessaire aux groupements d’extrême gauche et anarchistes de notre pays qui s’impliquent dans la problématique d’asile et de migration. Si une majorité de personnes agissent de manière pacifique, une petite minorité a toutefois opté pour la méthode forte. Nous pensons qu’une grande partie des récents incidents violents survenus dans notre pays sont le fait de membres du mouvement anarchiste. Notre contrôle permanent sur le mouvement anarchiste implique aussi un suivi des données relatives aux incidents éventuellement d’inspiration anarchiste. L’enquête judiciaire relève évidemment des services de recherche compétents.

La Sûreté de l’État consacre, là où c’est possible, son expertise à la détection des groupes et des individus. Elle négocie en permanence avec ses homologues étrangers pour établir la cartographie des phénomènes transfrontaliers. Des informations de base sont régulièrement échangées dans le cadre de l’extrémisme idéologique. Le rapport public Het vuur van het verzet de l’AIVD relatif à la résistance croissante contre la politique néerlandaise d’asile et d’immigration confirme en effet que les Pays-Bas sont confrontés au même problème. Nous avons toutefois le sentiment qu’il s’agit, dans les deux pays, d’un phénomène purement national, guidé il est vrai par les mêmes motifs idéologiques.

Diverses analyses de la menace ont déjà été faites par l’OCAM sur ces actions spécifiques, de sorte que les ministres et leurs services puissent prendre les mesures nécessaires que, pour des raisons compréhensibles, je ne souhaite pas approfondir.

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