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Italie : Chronique d’une semaine à Milan (de via Corelli à San Vittore)
(Le 15 novembre 2009)

Chronique d’une semaine à Milan (de via Corelli à San Vittore)

En Italie, depuis le 8 aout, entrée en vigueur du "paquet sécurité" qui , a, entre autres, allongé la durée de rétention à 6 mois, les prisonniers des centres de rétention ne cessent de se révolter. Grèves de la faim, automutilation, refus de rentrer en cellules, destructions, occupation des toits, organisation d’évasions, incendies, émeutes, la résistance prend diverses formes et face à la répression les luttes et les solidarités s’amplifient.

Samedi 7 novembre, Milan

Vers 23h, au centre d’identification et d’expulsion de la via corelli, la police a éteint la lumière et a ordonné aux retenus de rentrer dans les cages, anticipant ainsi sur les horaires habituels et limitant un peu plus la vie sociale des prisonniers. Les retenus ont refusé et la police a fait irruption en frappant avec les matraques et faisant allonger certains prisonniers par terre. Les retenus ont refusé en protestant énergiquement et dans la zone C des matelas ont été brûlés. La police a alors coupé le courant et est entrée dans les cellules, profitant de l’obscurité pour frapper davantage encore. Ensuite, une fois la situation calmée et les ambulances arrivées, ils ont pénétré dans la zone B où rien ne s’était produit et ont pris 4 jeunes retenus.. Avant de les amener, la police les a obligés à se mettre à genoux et à marcher à 4 pattes.

Dimanche 8 novembre

Dans la soirée, un groupe de sympathisants est allé sous les murs du centre de via Corelli, a commencé à faire du bruit en tapant sur les glissières de sécurité de la route jouxtant le centre, puis ils ont illuminé le ciel avec des torches et des feux d’artifice. De l’intérieur les détenus ont répondu, tapé sur les barreaux, hurlé le slogan "Liberta ! Liberta’ !"

Lundi 9 novembre

La Cour a confirmé l’incarcération des garçons arrêtés samedi soir lors de la révolte. L’un d’eux, 24 ans, a dans sa poche un billet de retour vers l’Algérie acheté avec son argent. Le départ était prévu pour mardi. Il ne partira pas, il est maintenant emprisonné à la prison de San Vittore, inculpé de résistance et violences ayant entraîné des dommages.

Mardi 10 novembre

De nouveau un groupe se réunit en solidarité sous le centre de via Corelli et de nouveau les battements pour faire du bruit reprennent, ainsi que les pétards et les feux d’artifice. De l’intérieur la réponse est forte, comme toujours. Au bout de 15 minutes la police en tenue anti-émeute sort et rejoint les militaires qui sont postés à l’entrée.
Lorsqu’ils commencent à avancer vers le rassemblement, les manifestants repartent lentement par la route tout en continuant à faire un maximum de bruit. Un peu plus tard, en passant sur la rocade qui surplombe le centre, une pluie de fusées s’abattra dans la cour du bâtiment.

Vendredi 13 novembre

A six heures du matin, 5 étudiants sont arrêtés et accusés de vol qualifié de dommages, car ils sont soupçonnés d’avoir imprimé sans payer quelques centaines de tracts à la librairie universitaire CUSL et d’avoir avec ce butin magnifique bousculé 2 intrépides employés qui essayaient de les arrêter. L’un d’eux est incarcéré à la prison de San Vittore, les autres ont été assignés à résidence surveillée. Leurs habitations ont été perquisitionnées, et pour certains même filmées. Si l’accusation se confirmait ils risquent de 4 à 10 ans de prison.

Le soir même, près d’une centaine de personnes se rassemblent là où vivent 2 des personnes arrêtées. On débat, confronte et s’informe sur les personnes interpellées, on parle de la disproportion de ce qui s’est passé, de la multiplication de ce genre de répression brutale. Puis on décide volontairement d’aller en cortège à la prison de S. Vittore, avec une banderole fraichement peinte disant :: "Sid, Paulino, Celo, liberté immédiate ! Sbires infâmes ». Le cortège traverse la Porta Genova, Via Papigno et rejoint ensuite les murs de la prison. Là, bombages, slogans, salutations et pétards la cour de la prison. Les prisonniers répondent en frappant les barreaux et par des cris de joie. Ensuite, le cortège retourne au point de départ et dévie finalement le trajet vers San Gotard.
Là, quelques poubelles renversées et incendiées. On crie des slogans contre la police, contre les matons, contre les centres de rétention pour les immigrants et en solidarité avec toutes les personnes arrêtées. Une cloche de verre est déplacée et bloque la route.

Samedi 14 novembre

Un 2ème rassemblement sous la prison de San Vittore regroupe environ 200 personnes. Le rassemblement déjà prévu depuis plusieurs jours en solidarité avec les 4 retenus arrêtés la semaine passée via Corelli et dans le cadre de la journée européenne contre les centres de rétention, pour les immigrés, évoque aussi la solidarité envers les étudiants arrêtés. Sur place, musique, discours et salutations en plusieurs langues, à travers les murs de la prison. Egalement quelques pétards et fumigènes. Ensuite, le rassemblement envahit la chaussée et bloque la circulation jusqu’à 17h pour se transformer en cortège spontané qui bloque encore quelques carrefours, les flics aux talons, puis rejoint les maisons occupées de la rue ripa ticinese où attend un apéritif autofinancé par un groupe de femmes qui se battent contre les centres de rétention.

Plus tard un cortège de voitures viendra saluer les habitations des étudiants placés en résidence surveillée et le tour se termine sous les murs du centres de rétention. Pour la 3ème fois cette semaine, un rassemblement bruyant mené en commun créera un pont entre dedans et dehors.

Le même jour une grève de la faim de tous les retenus du centre de la via corelli a commencé.

Prochains Rendez-vous :

Le mardi 17 novembre au tribunal de Milan pour les 4 inculpés de la révolte qui a eu lieu le samedi 7 novembre à Milan.

Le jeudi 19 novembre au tribunal de Turin, procès des 3 inculpés de la révolte qui a eu lieu le 6 novembre au CIE de la via Brunelleschi à Turin. En fait ils seront 2 devant le juge car l’un d’eux, Adel a été expulsé vendredi.

Vendredi 20 novembre au tribunal de Turin, procès pour une tentative d’évasion ratée qui avait eu lieu en septembre. Adel faisait également partie des inculpés.

Solidarité avec les retenus de la Via corelli, solidarité avec les inculpés des révoltes pour la liberté !

Fermeture des centres de rétention. Liberté de circulation et d’installation.

[Traduit de l’italien, publié sur http://lombardia.indymedia.org/node/23253]

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Milan : vengeance anarchiste, la librairie incriminée prise d’assaut

[Suite aux arrestations et incarcération... 17 novembre 2009]

Vendetta anarchica, assaltata libreria

Urla, minacce, insulti (« pezzi di m... »). Così ieri mattina alle 11 la libreria Cusl all’interno dell’Università Statale alla fine ha dovuto abbassare la saracinesca per evitare guai peggiori. Motivo dell’assalto : l’arresto per rapina di cinque militanti anarchici e dei centri sociali, catturati venerdì mattina dai carabinieri del Nucleo Informativo. Alla base dell’arresto dei cinque c’è un episodio avvenuto il 3 ottobre proprio all’interno della libreria, quando un gruppo di autonomi aveva fotocopiato seicento fotocopie di un volantino e al momento di pagare il conto avevano riempito di botte cassieri e commessi. Da qui la denuncia, gli arresti, il corteo di protesta di venerdì sera. E la vendetta di ieri mattina.
L’irruzione avviene intorno alle 11, ad opera di una ventina di giovanotti, tutti o quasi tutti frequentatori della Statale. La libreria dove avviene l’irruzione, la Cusl, è legata a Comunione e liberazione : e questo, agli occhi dei centri sociali, è un’aggravante dell’infamia commessa sporgendo denuncia. Gli autonomi entrano in libreria, cominciano a ribaltare libri e a insultare. Lasciano copie di un volantino dal testo decisamente esplicito : gli arrestati vengono definiti « cinque studenti che non hanno mai smesso di portare dentro l’università un agire critico verso l’esistente e la sua miseria », la Cusl viene definita una « libreria cattomafiosa o cartoparrocchia legata a Cl ». In un altro manifesto, affisso nei giorni scorso, i compagni degli arrestati si spingevano ancora più in là, indicando con nome e cognome i responsabili della libreria che avevano firmato la denuncia.
« Non ci soffermiamo - dice ancora il volantino diffuso ieri - a discutere della possibilità che sia avvenuta o meno questa rapina o della sua definizione in quanto tale, ma riconosciamo il clima nel quale si sono svolti questi arresti : la repressione sistematica di qualunque dissidenza per mantenere la normalità e l’apatia dominanti dentro l’università quanto fuori di essa ». « L’evidenza della catastrofe è dover giustificare il fatto di non avere pagato delle fotocopie mentre i nostri cinque compagni si trovano in carcere ».
In realtà, quasi tutti gli arrestati hanno ottenuto da subito i « domiciliari ». A trovarsi in carcere è solo uno degli arrestati : Valerio Ferrandi, una lunga serie di denunce alle spalle, riconosciuto alla testa dell’« esproprio proletario » delle fotocopie. All’indomani del suo arresto, nel pomeriggio di sabato, si era tenuto un corteo di protesta terminato davanti al carcere di San Vittore dove, oltre a rivendicare la sua scarcerazione, era stata rievocata « la compagna Diana, uccisa dal 41 bis, che salutiamo con i pugni chiusi ». Cioè Diana Blefari, brigatista, una degli assassini del giuslavorista Marco Biagi, impiccatasi il 31 ottobre in una cella del carcere romano di Rebibbia.

Mar, 17/11/2009 - 16:24

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