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Montpellier : Affrontements entre anars et policiers au carnaval
(Le 18 février 2010)

Montpellier : Affrontements entre anars et policiers au carnaval

Midi Libre, jeudi 18 février 2010

Comme les précédentes années, des incidents ont émaillé le traditionnel Carnaval, dit alternatif, qui s’est déroulé mardi soir dans les rues de l’Écusson.

Déjà, juste avant le début du défilé, les forces de l’ordre, sur réquisition du procureur de la République, ont effectué des contrôles dans le secteur de La Poste Rondelet, en fait non loin du squat révolutionnaire de la rue Ernest-Michel surnommé « Crève » par ses occupants.

Trois chars ont été interceptés : selon le commissariat, ils contenaient des dizaines de bouteilles de bière vides et des dizaines de petits ballons de baudruche remplis de peinture, autant de projectiles dont certains carnavaliers, catégorisés anars, auraient pu faire usage. Puis, vers 22 heures, alors que des cars de police occupaient les principales places (Sainte-Anne, Candolle...) où se termine traditionnellement le défilé, des affrontements, qui n’ont pas fait de blessé, ont opposé les forces de l’ordre - pressées de repousser les « gueux » à l’extérieur du centre-ville - et une centaine de personnes déguisées. Le groupe a multiplié les tags, notamment sur les murs du McDo de la Comédie, ce qui a provoqué des échauffourées avec les vigiles du fast-food.

Puis sur le cours Gambetta et vers Figuerolles, les jeunes ont déplacé des voitures et jeté des cannettes sur les policiers, qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes. Il n’y a pas eu d’interpellation.

*****

« Midi Libre » ment ! Le démenti du Lémurien (en défense des alternatifs, ndlr) !

Comme toujours la presse locale fait de même que la nationale, lorsqu’elle ne dissimule pas elle déforme ! Voici donc l’article du Midi Libre dont vous trouverez l’original ici que je vais démentir point par point.

Mon démenti :

Pour démentir réellement cet article il ne suffit pas seulement d’énoncer une autre vision des faits comme cela a été fait ici et là mais bel et bien de répondre à la calomnie par le démenti. Donc je vais répondre à chaque phrase de cet article.

Le titre tout d’abord : « Carnaval : Affrontements entre anars et policiers ».

Ce titre est évidement calomnieux pour deux raisons principales, tout d’abord il assimile les anarchistes au carnaval, hors même si effectivement le milieu anarchiste de Montpellier est présent à chaque édition de ce carnaval, le carnaval n’est pas composé que d’anarchistes, loin de là. Karnaval à Montpellier c’est le regroupement de différents milieux alternatifs, c’est justement le seul jour de l’année où les anarchistes rangent les drapeaux. Cette assimilation vulgaire vise évidement à discréditer Karnaval car l’image des anarchistes est bien plus facile à stigmatiser pour la presse que les multiples milieux alternatifs montpelliérains.

La deuxième raison qui rend ce titre calmonieux est le terme « affrontement ». En effet lorsque des hommes armés traquent, tapent, matraquent, gazent, grenadent des hommes et des femmes désarmés qui ne font que faire la fête, je n’appelle pas ça un affrontement, j’appelle ça une extermination, une exécution, une traque... mais pas un affrontement. Ce terme impliquerait que nous opposions une résistance égale, soit que nous étions armés et dangereux pour leur sécurité, ce qui n’était pas le cas.

Avançons un peu dans l’article.

Comme les précédentes années, des incidents ont émaillé le traditionnel carnaval, dit alternatif, qui s’est déroulé mardi soir dans les rues de l’Écusson.

Déjà, juste avant le début du défilé, les forces de l’ordre, sur réquisition du procureur de la République, ont effectué des contrôles dans le secteur de La Poste Rondelet, en fait non loin du squat révolutionnaire de la rue Ernest-Michel surnommé « Crève » par ses occupants.

La encore plusieurs problèmes. Aucun incident n’a émaillé le carnaval, c’est une attaque en bonne et due forme qui a été lancée contre Karnaval. Il ne s’agit pas de quelques affrontements entre certaines personnes et la police mais bel et bien la police qui a traqué tout participant au carnaval, sans distinction d’âge, de sexe, d’opinion politique ou d’implication dans un quelconque délit. Pour ce qui est des contrôles autour du squat « La Crève » [et non « Crève », preuve que ces idiots de journalistes ne savent même pas reveler un nom correctement] il s’agit d’un double coup, d’une part en s’attaquant à des personnes impliquées dans l’organisation de Karnaval mais également à un lieu qui gène à Montpellier et qui a été déjà sujet à certaines « attaques » [un camion appartenant aux habitants du squat aurait été incendié il y a quelques semaines].

Trois chars ont été interceptés : selon le commissariat, ils contenaient des dizaines de bouteilles de bière vides et des dizaines de petits ballons de baudruche remplis de peinture, autant de projectiles dont certains carnavaliers, catégorisés anars, auraient pu faire usage.

Alors là j’avoue, j’étais plié en deux quand j’ai lu ça. Effectivement si tu n’es pas catégorisé « anar » tu n’auras pas le droit de jeter des projectiles sur la police... Bref, le raccourci est presque amusant tellement il est ridicule. De plus il semblerait que les caddies en question ne contenaient pas de bouteilles mais de ballons, remplis d’eau ou de peinture peut-être, qu’importe. De la peinture n’a jamais blessé personne et un peu de couleur sur les murs gris de nos villes ne ferait à mon avis pas de mal. De plus les personnes connaissant un peu Karnaval savent que l’un des chars en question est « Roi Karnaval », « Vaval », qui représente le système que l’on rejette et qui à la fin de la soirée est brûlé en place publique, les « gueux » dansant et chantant autour du feu de joie. La réquisition de ces chars est bien évidement pour priver les carnavaliers de ce bûcher de fin de soirée qui anime le carnaval pendant souvent plus d’une heure.

Puis, vers 22 heures, alors que des cars de police occupaient les principales places (Sainte-Anne, Candolle...) où se termine traditionnellement le défilé, des affrontements, qui n’ont pas fait de blessé, ont opposé les forces de l’ordre - pressées de repousser les « gueux » à l’extérieur du centre-ville - et une centaine de personnes déguisées. Le groupe a multiplié les tags, notamment sur les murs du McDo de la Comédie, ce qui a provoqué des échauffourées avec les vigiles du fast-food.

Alors l’organisation horaire pose déjà un premier problème. Le carnaval a quitté la Comédie vers 21h30, a stagné un long moment dans les petites rues avant d’arriver à 22h15 sur la place St-Roch puis finalement à St-Anne à 22h30 sur laquelle les fêtards sont restés jusqu’à 23 heures. Jusque là pas encore de gazage, pas encore d’affrontements comme ils se plaisent à le dire. Pendant cette période il y a eu quelques contrôles, quelques arrestations, quelques coups de tonfas sur ceux qui s’approchaient trop. Mais rien qui pourrait ressembler à un affrontement. à 23 heures Karnaval est redescendu jusqu’à la rue Alexandre-Cabannel, petite rue parallèle au Jeu de Paume qui lie la rue St-Guilhem à la grand rue Jean-Moulin. C’est là que la police a commencé à passer à l’assaut. Tout d’abord en tapant, en usant des gazeuses puis en grenadant toute la rue. Les riverains fermaient leurs volets pour ne pas assister au massacre. Pour ce qui est des blessés il est à noter que plus d’une dizaine d’interventions des sapeurs-pompiers ont eu lieu, plusieurs dizaines de blessés donc, des personnes dont le crâne était ouvert laissant place à une belle empreinte de tonfa, d’autres frappées dans des lieux à l’abri des regards indiscrets... Il y eut de nombreux blessés quoi que dise la presse. Pour ce qui est des tags cela ne me dérange personnellement pas, j’ai même tendance à être plutôt compréhensif pour ceux qui s’expriment ainsi puisqu’autrement nous ne sommes ni vus ni écoutés. Mais cela est un autre débat.

Puis sur le cours Gambetta et vers Figuerolles, les jeunes ont déplacé des voitures et jeté des cannettes sur les policiers, qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes. Il n’y a pas eu d’interpellation.

Le fait de dire que les policiers ont riposté est non seulement un mensonge mais une réelle infamie. C’est au contraire eux qui n’ont pas cessé d’attaquer les jeunes pendant toute la soirée. Certains à force ont effectivement mis des voitures à travers les rues pour ralentir la progression des petits nazillons en uniformes. Pour ce qui est des jets de canette personnellement en cinq heures j’ai vu une seule canette lancée sur la police et ce en réponse à un gazage. Pour ce qui est des interpellations nous avons été témoins de plusieurs interpellations, mais la plupart du temps la police a attrapé certains carnavaliers, les ont frappés abondament puis les ont laissés pour mort sur place avant d’aller en taper d’autres.

N’hésitez pas à compléter par vos commentaires si vous aussi avez vécu cette soirée et à faire circuler ce démenti. Merci.

Le Lémurien, 20 février 2010

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Tag au carnaval de Montpellier, 17 février 2010