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Rome en guerre contre les vandales
(Le 6 septembre 2010)

Rome en guerre contre les vandales

AP, 06/09/10 16:39

ROME (AP) - Ils cassent le nez des statues dans un parc de Rome où aimait se promener le poète John Keats, déversent de la teinture dans la fontaine de Trevi immortalisée dans la "Dolce Vita" de Federico Fellini...

Les vandales rôdent dans la Ville éternelle, mais se heurtent désormais à la riposte des autorités italiennes, qui mobilisent des renforts de police, installent des caméras de vidéosurveillance et ont même décidé d’enrôler des condamnés pour protéger monuments et oeuvres d’art.

Pour les fauteurs de troubles, rien n’est sacré. Début juillet, des vandales ont inscrit des graffitis hostiles au pape sur la Scala Santa, l’’’Escalier saint", grand lieu catholique attirant des pèlerins du monde entier, qui gravissent ses 28 marches de marbre sur les genoux.

Combiné à la pollution, la négligence et un manque de fonds chronique, le vandalisme vient s’ajouter aux difficultés de Rome à préserver son héritage artistique unique, et contraint les autorités à puiser dans de précieux fonds pour les travaux de restauration d’urgence.

Ce qui rend la protection de la capitale italienne particulièrement difficile est la richesse même de ses trésors. "Vous auriez besoin d’une armée de 20 millions de personnes présentes chaque jour, chaque nuit", souligne Daniel Berger, consultant d’art qui travaille avec le ministère italien de la Culture. "Vous devez les protéger en encourageant les gens à comprendre qu’il s’agit de leur héritage et de la culture européenne occidentale".

Les autorités ont renforcé les patrouilles de police aux abords des monuments et dans des parcs, envoyant des agents en civil qui peuvent se mêler à la foule sans être repérés, et installant un système de vidéosurveillance.

L’agence chargée d’assurer la propreté dans Rome collabore avec les autorités pénitentiaires pour autoriser d’anciens détenus ou condamnés bénéficiant d’une mise en liberté conditionnelle, à participer au nettoyage de monuments vandalisés.

Ces efforts payent, affirment les responsables en soulignant que des vandales sont attrapés grâce aux caméras. Reste qu’’’endommager un monument prend 30 secondes", remarque Umberto Broccoli, haut responsable en charge du patrimoine culturel à Rome.

L’une des plus fréquentes cibles des vandales est le parc du XIXe siècle situé au sommet de la colline du Pincio. Des statues sont couramment endommagées, leur nez cassé, leur visage recouvert d’inscriptions. Fréquenté par Keats, le poète romantique anglais dont la dernière demeure à Rome se trouvait au pied de la colline, cet espace vert est aujourd’hui l’un des préférés des Romains et des touristes.

Les carabiniers ont augmenté les patrouilles dans le parc : des équipes composées de six membres sillonnent ses allées à pied, à moto ou en voiture 24 heures sur 24. La nuit, un barrage routier est érigé dans la principale artère conduisant au parc, et des jeunes gens éméchés sont contrôlés. Les actes de vandalisme sont souvent le fait d’étudiants ou de jeunes plongés dans les vapeurs de l’alcool.

Des dommages matériels continuent cependant d’être commis. Rien qu’en mai et juin, 13 des 230 bustes du parc ont eu le nez "fracturé" et quatre ont été descellés et jetés à terre, selon Alessandro Cremona, restaurateur pour la municipalité de Rome. Trois autres ont été vandalisés sur la promenade au sommet de la colline du Janicule.

L’Hôtel de Ville de Rome n’a pas dévoilé le montant total des fonds utilisés pour la restauration d’urgence. Mais d’après certains responsables, le travail sur chaque nez coûte environ 800 euros, tandis que les frais pour les bustes renversés atteignent près de 1.500 euros.

Ce sont ainsi des "dizaines de milliers d’euros qui pourraient être dépensés autrement et que nous sommes obligés" d’utiliser "pour remédier à la stupidité", déplore Umberto Broccoli.

Les parcs ne sont pas les seuls visés. Il y a quelques années, un individu avait choqué les badauds en versant de la teinture rouge dans l’eau de la fontaine de Trevi. Un acte récemment réédité par un autre vandale. Un musée récemment construit par l’architecte américain Richard Meier a également fait l’objet de dégradations. Ses murs blancs ont été maculés de rouge et de vert.

Ainsi que l’observait le lieutenant Ciro Aquino, à l’occasion d’une récente patrouille dans le parc du Pincio : "à chaque coin", il y a "quelque chose à protéger".

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