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Rome : journée d’émeute urbaine
(Le 15 décembre 2010)

A Rome, la manifestation anti-Berlusconi dégénère

Libé, 14/12/2010 à 19h19

De violents heurts ont opposé des étudiants et manifestants aux forces de l’ordre qui quadrillait le centre pendant un vote décisif au parlement.

Lancers de pétards et de pavés, charges de la police et grenades lacrymogènes : de violents heurts ont opposé mardi à Rome des étudiants et manifestants opposés à Silvio Berlusconi aux forces de l’ordre qui avaient quadrillé le centre pendant un vote décisif au parlement.

Une dizaine de jeunes ont été interpellés, selon les journalistes, et une quarantaine de personnes, dont des policiers, ont été blessés et soignés sur place, selon les services médicaux. Des journalistes de l’AFP en ont vu plusieurs le crâne en sang.

Des dizaines de milliers de jeunes - 100.000 selon les organisateurs - ont commencé à défiler le matin dans le calme, derrière des banderoles, contre la politique gouvernementale en matière d’éducation, scandant « non à la confiance ! » ou réclamant des investissements dans la culture et l’éducation, ont constaté des journalistes de l’AFP.

« Je suis ici pour mes petits-enfants, pour créer de bonnes bases pour l’avenir », a indiqué Luciano Castellano, 69 ans. A leurs côtés défilaient aussi des chômeurs et habitants de L’Aquila, cité des Abruzzes ravagée par un séisme en avril 2009 (308 morts). « Nous voulons dire non à un gouvernement qui après avoir prodigué quelques opérations cosmétiques à notre ville l’a abandonnée », a ainsi dit Ilia Antenucci.

Pendant que les députés discutaient d’une motion de censure contre le chef du gouvernement, des manifestants, casqués, ont tenté de s’approcher de bâtiments officiels comme ceux du Sénat et de la Chambre, en plein centre historique, mais ont été refoulés par des charges policières. Ils ont lancé des oeufs, des pétards, des fumigènes et de la peinture.

Epaisse fumée noire

Après le vote remporté au parlement par Silvio Berlusconi, des manifestants se sont déversés dans la via del Corso, rue très centrale où les boutiques avaient abaissé leurs rideaux de fer. Plusieurs ont tenté de briser des vitres blindées de locaux abritant des distributeurs de billets de banque sans y parvenir.

De petits groupes se sont opposés à la police, incendiant des voitures le long du Tibre et à proximité de la place du Peuple ainsi que plusieurs fourgons blindés de police. Ils s’en sont pris aussi à des autobus et la circulation était complètement bloquée dans l’après-midi.

Policiers et carabiniers, parfois en civil, mais casqués, ont pourchassé des groupes dans les rues adjacentes. « J’ai vraiment honte d’être italienne, aujourd’hui c’est la fin de la démocratie italienne », a déclaré à l’AFP Marianna Martellozzo, une étudiante de 24 ans.

Certains manifestants appartenant au mouvement Black Block, reconnaissables à leurs vêtements noirs, passe-montagnes et casques, ont dressé une barrière de feu. Une épaisse fumée noire s’élevait au-dessus du Corso, jonché de bancs publics arrachés, de petits pavés typiques de Rome utilisés comme armes par les manifestants et autres poubelles en feu.

Des rassemblements ont également eu lieu à Milan, où des manifestants sont entrés dans le bâtiment de la Bourse aux cris de « profiteurs ! », à Palerme, où des étudiants ont occupé le tarmac de l’aéroport, à Catane où 3.000 ont défilé dans le centre, mais aussi à Bari, Cagliari, Gênes, Naples ou Turin.

A la tombée de la nuit, vers 16 heures, le calme revenait peu à peu dans la capitale.


Journée d’émeutes à Rome - 14 décembre

Juralibertaire, 15 décembre 2010

Une journée de conflictualité hors de toute prévision. Ce matin l’attente était palpable à Rome, pour le vote de confiance au gouvernement Berlusconi. Trois cortèges se sont finalement joints dans une énorme manif, plus de 80 cars de manifestants avaient rejoint la capitale pour l’occasion.

De la citadelle universitaire, le book-bloc, suivi de dizaines de milliers d’étudiants, se met en marche avec la banderole « Vous allez à la dérive, nous fendons la mer », pendant que la ville se remplit de tous ceux qui sont en train de subir cette classe politique de mafieux, faite de crise et d’austérité : le mouvement NO-TAV (la résistance au TGV dans la vallée de Susa), les gens de l’Aquila (la ville qui a subi un violent tremblement de terre il y a plus d’un an et qui n’a jamais vu la reconstruction fantasmée par Berlusconi), les comités de base contre l’émergence des ordures à Naples, les Centri Sociali, la FIOM (syndicat des métallos, l’aile la plus « dure » du CGIL) et les activistes pour le droit au logement de ACTION. Un silence irréel, cassé seulement par le bruit des hélicoptères de la police, règne à Piazza Venezia quand les manifestants se réunissent dans l’attente de voir si la caste politique aura le culot de renouveler sa confiance en elle-même après cet automne d’intenses luttes.

Le gouvernement décide de rester au Parlement et la rage de se manifester dans la rue.

Le cortège, sous le rouge des fumigènes, bouge rapidement vers Palazzo Grazioli (résidence personnelle de Berlusconi) qui commence à être ciblée par des tirs de pétards, des cailloux et des sachets remplis de merde. Les manifestants, avec des casques et des bâtons, essayent de forcer le bloc de la police pour rejoindre le Parlement au cri de « Vous êtes tous des vendus ». Dans les passages, des bombes « carta » sont exposées et des dizaines de vitrines de banques (Deutsche Bank et autres) et assurances explosent dans la principale rue commerciale de la ville. Les étudiants commencent à courir, prenant des chaises et des tables des bars du centre, commencent des affrontements avec la police qui recule, des poubelles ainsi que des voitures de luxe sont brûlées au milieu de la rue. La Police renferme la protection autour du palais du pouvoir et essaye de repousser les manifestants avec de charges latérales et des lancers de lacrymogènes. Mais les émeutiers résistent et donnent l’assaut à des blindés garés un peu plus loin avec des pierres et des pelles. Les flics sont obligés de reculer, mais quelques-uns n’arrivent pas à s’enfuir et se font tabasser par les des manifestants. Entre-temps, des sachets d’ordures sont balancés sur le siège national de la Protection civile, au centre des scandales sur les déchèteries de Naples et une bombe « carta » atteint un député qui tentait de s’enfuir du Sénat. Difficile de partir du Parlement pour les « élus du peuple » car les autos institutionnelles sont ciblées par des cailloux et doivent rentrer vers le Parlement. Finalement, une barricade est érigée pour protéger la retraite des étudiants vers la citadelle universitaire, qui bloquent le trafic et boutent le feu à plusieurs poubelles sur leur passage. Au moins cinq véhicules des forces de l’ordre, blindés et voitures, ont été brûlés pendant la journée. Plus de quarante arrestations et autant de blessés parmi les manifestants, presque soixante agents contusionnés.

Les journaux et les politiciens flippent, Pier Luigi Bersani, chef du principal parti de « gauche » exprime sa solidarité aux flics pendant que les médias bourgeois bafouillent des histoires de black-blocs et de retour aux années ’70.

Petite note marrante, à Milan, les étudiants font irruption dans la bourse avec une banderole : « Fatras d’affairiste, racistes, voleurs, mafieux. Fund our future. Vous devez nous donner l’argent. »


Les politiques italiens unanimes dénoncent les violences à Rome

AFP, 15/12/10 12:45

Plus d’une centaine de personnes ont été blessées dans les violences qui ont dévasté le centre historique de Rome mardi. Silvio Berlusconi, mais aussi le leader de l’opposition Pierluigi Bersani, ont condamné ces affrontements.

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a dénoncé des "bandes organisées de vandales" et le principal leader de l’opposition Pierluigi Bersani a condamné les violences qui ont dévasté le centre historique de Rome mardi après une manifestation d’étudiants.
"Nous ne pouvons absolument pas accepter ce type d’évènements", a déclaré Silvio Berlusconi, par téléphone au journal télévisé de la chaîne privée Canale Cinque. Selon Berlusconi, ces "incidents filmés par les télévisions du monde entier donnent une mauvaise image de notre pays".
Le gouvernement a annoncé qu’il rendrait compte devant le parlement des heurts violents qui ont éclaté à la fin d’une manifestation, entre des éléments incontrôlés et les forces de l’ordre.

Pendant deux heures, la très commerçante et touristique via del Corso et les ruelles adjacentes, ont été désertées par les passants et sont devenues le théâtre d’une véritable guérilla urbaine.

A coups de barres de fer

Les affrontements à coups de barres de fer, pavés et pétards d’un côté, lacrymogènes et coups de matraque de l’autre, ont opposé de petits groupes de protestataires, proches, selon les médias italiens, de l’extrême-gauche ou des Black Block néo-anarchistes mais également d’ultras de droite aux policiers et carabiniers. Bilan : 57 blessés parmi les forces de l’ordre, 62 au sein des manifestants, pour la plupart légèrement touchés, et 41 jeunes interpellés dont une vingtaine pourraient faire l’objet de poursuites.

La photo d’un policier qui tombe, roué de coups par un groupe de jeunes, mais empoigne son revolver de police pour, selon ses dires, les empêcher de lui prendre son arme, est dans tous les journaux, pour illustrer le pic de violence atteint mardi.
Pierluigi Bersani, chef du Parti démocrate (opposition, gauche), a souligné qu’"aucune raison au monde ne peut justifier la violence".
Mais il a dit comprendre la colère des manifestants car "il y a des milliers de jeunes que personne n’écoute", en référence aux étudiants qui protestaient contre une réforme de l’Université aux côtés de nombreux précaires et jeunes chômeurs.

Le ministre de l’Intérieur Roberto Maroni, membre du parti populiste et anti-immigrés Ligue du nord, a pour sa part défendu l’action de la police alors que, selon lui, "il y aurait pu y avoir des morts".
"Il n’y a eu ni victimes (mortelles) ni blessés graves comme ces criminels le souhaitaient", a-t-il dit au Corriere della Sera, en ajoutant : "que voulaient ceux qui me critiquent ? qu’on utilise les chars d’assaut ?"

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Rome, 14 décembre 2010