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Val Susa : blocage d’un train castor, deux compagnons incarcérés
(Le 10 février 2011)

Divers documents concernant le passage du train de déchets nucléaires dans le Val di Susa

Depuis une semaine une rumeur circulait annonçant le passage entre le 6 et le 8 février d’un train Castor à travers le Piémont vers la France. Dimanche des informations plus précises sont arrivées annonçant le passage du train dans la nuit.
On a essayé de diffuser la nouvelle le plus rapidement et le plus largement possible en appelant à un rassemblement à partir de minuit à la gare de Chiusa Condove (Val di Susa). Il y avait environ quarante personnes à ce rassemblement, des anarchistes pour la plupart et quelques habitants de la vallée. Très vite le rassemblement s’est retrouvé encerclé par un grand nombre de sbires, 200 environ. Vers 3 heures et demi, un peu avant l’heure prévue pour l’arrivée du train, la DIGOS a cherché à nous éloigner de la voie de chemin de fer.
Malgré l’infériorité numérique, nous avons cherché à bloquer les voies avec des pneumatiques ; la police a soudain chargé le petit groupe de plusieurs directions. Nous avons compris qu’il était nécessaire de prendre le risque de nous opposer, bien conscient de ce que nous allions affronter, poussés par une juste tension éthique. Quelques camarades ont été blessés et trois personnes ont été arrêtées. Au cours de la matinée deux des arrêtés ont été inculpés. Pendant deux heures la police a soumis le périmètre a un contrôle militaire total, maintenant l’interpellation de 29 manifestants, pour les identifier et les fouiller, en même temps elle bloquait les nationales permettant d’accéder à cette zone.
A quatre heures trente environ un premier convoi est passé à vitesse soutenue, composée d’une motrice électrique, de wagons de passagers vides et au milieu d’eux le conteneur des déchets. A cinq heures un autre convoi est arrivé qui s’est arrêté à la gare jusqu’à six heures. Ce deuxième convoi était composé d’une motrice diesel et de wagons de passagers remplis de pompiers, de techniciens et de policiers antiémeutes. En queue, un wagon ouvert portait quelque chose qui ressemblait à une antenne.
Pendant l’arrêt les techniciens sont descendus du train de manière agitée et ont examiné attentivement les voies. A six heures le deuxième train est reparti en arrière. Selon des informations qui nous sont parvenues, le premier aurait fait la même chose. En effet, entre le passage des deux trains il semblerait qu’il y ait eu au moins deux blocs avec du matériel enflammé sur les rails. Les trains sont repartis dans la matinée et, selon le site « sortir du nucléaire », ils sont arrivés avec quatre heures de retard à la frontière. Le trafic ferroviaire de la matinée a lui aussi été perturbée. Ces transports de matières hautement radioactives , dont les populations sont tenues à l’écart, vont continuer à ppeu près pendant un an entre le dépôt de Saluggia (Vercelli) et la Bretagne.
Nous exprimons notre solidarité à nos camarades arrêtés, Guido et Arturo, engagés depuis toujours dans les luttes contre les nuisances et contre ce misérable monde existant. Nous pensons que cette longue nuit de lutte aura contribué à mettre en évidence la constante présence du nucléaire dans nos vies et dans notre environnement et aussi à montrer que même lorsqu’on est peu nombreux il est possible d’agir. Nous souhaitons qu’elle soit une occasion pour tous de prendre conscience de la gravité de la situation et de l’urgence de s’y opposer, confiant, donc, dans la possibilité d’être beaucoup plus nombreux la prochaine fois.


Dans le Val de Susa, une nouvelle fois nous devons nous en prendre au train.
Cette fois il ne s’agit pas de la nouvelle ligne Lyon Turin avec ses chantiers destructeurs, il s’agit d’un train chargé de déchets nucléaires. En effet, depuis des années, à travers le val di Susa en direction du nord de l’Europe, passent des trains chargés de déchets nucléaires en provenance de la région de Vercelli. Cette nuit un de ces convois était prévu et compte tenu de l’actualité du sujet, c’est-à-dire la relance du nucléaire, un blocage a été organisé à la gare de Condove-Chiusa San Michele au milieu du val de Susa. Comme le rapportent les témoins, la police a brisé le barrage par la force, a arrêté deux manifestants et contrôlés les restants. Le fait positif est qu’on finit par reparler du nucléaire à propos d’un de ses aspects les plus importants, la gestion des déchets. Car en revenir au nucléaire n’est pas une simple partie d’échec où il suffit de jouer le bon coup comme il est dit dans le spot gouvernemental. Reprendre l’exploitation du nucléaire représente pour l’Italie un bond en arrière d’au moins cinquante ans, cela signifie que l’on ne sait pas que ce petit jeu si cher aux yeux de nos politiciens et physiciens corrompus nous continuons à le payer aujourd’hui. Un réacteur expérimental, à Saluggia, actif très peu de temps, a produit une quantité de déchets qu’encore aujourd’hui (et peut-être pour toujours) nous sommes incapables de gérer, 5 centimes par kW sur toutes les factures de l’Enel, seulement pour payer les transports de déchets produits pendant les quelques années de fonctionnement des centrales. Le coût global de l’opération est de 15 millions d’euros pour les transports et un million deux cent vingt quatre mille euros pour le retraitement de chaque tonne de matériel pour un total de près de 65 millions euros. Il y a une particularité italienne, en effet, elle n’a pas réussi, tout comme sur de nombreux autres secteurs, à être autonome dans la gestion du projet, il faut payer à prix d’or ces opérations qui se déroulent à l’extérieur. Le dépôt Avogrado de Saluggia, lieu à partir duquel partent les déchets, fuit depuis des années et a complètement pollué les nappes aquifères de la région de Vercelli. Beaucoup d’enquêtes ont été lancées avec pour seul résultat l’accélération des transports sans aucune reconnaissance de fautes ni tentatives de mise en sécurité. Comme beaucoup de choses en Italie, celui-ci devait être un site national provisoire dans l’attente d’un site définitif adéquat. Bien sûr, le problème réside dans l’aspect « temporaire » qui dure dans ce cas depuis plus de trente ans. On ne peut pas continuer ainsi, le problème du nucléaire doit être clair pour chacun, chacun doit connaître le risque encouru lors de ces transports, chacun doit savoir pour pouvoir décider. Les slogans et les publicités « progressistes » pro nucléaires du gouvernement ne suffisent pas. Nous voulons dire la vérité sur les coûts, les dangers et la pollution. A plusieurs reprises nous avons discuté du problème de manière globale, c’est maintenant le moment de relancer, de recommencer à lutter, informer, discuter. Tout cela pour relancer une nouvelle époque de la lutte contre le nucléaire, en Italie et dans le monde.

Selon les témoignages transmis par radio Blackout au cours de la nuit et en début de matinée, le train est arrivé une heure après l’horaire prévu (3 h 39) en gare de Condove-Chiusa San Michele. Il y avait au moins quinze camionnettes de police dans la gare, environ une centaine d’agents ; les gares et les passages à niveau étaient investit par des véhicules banalisés et des blindés en plus d’un nombre considérable de carabiniers, de pompiers et de techniciens sur le train transportant les déchets. Charges répétées de la police vers 3 h 50, quelques blessés légers, aux 30 personnes interpellées, fichées et perquisitionnées s’est ajouté l’arrestation de 3 personnes transférées en préfecture, l’une d’entre elles est immédiatement relâché ; violence et arrogance de la part des forces de l’ordre. Un manifestant a fait appel aux Premiers Secours.
Les deux arrêtés ont été inculpés et incarcérés à la prison de la Vallette à Turin.

Dans la nuit de dimanche à lundi, Arturo et Guido ont été arrêté à Condove au cours d’une manifestation contre le passage d’un train chargé de déchets nucléaires venant de Saluggia à destination de la France.
Nous leur exprimons toute notre solidarité.
Arrêtons le nucléaire !


Voici le communiqué de la rédaction de Nunatak, publication dont ces deux camarades font partie.

Arturo et Guido, deux des animateurs de la rédaction de Nunatak - revue d’histoire, de culture, de lutte dans les montagnes, ont été arrêté cette nuit alors qu’ils participaient à un rassemblement à Condove (Val di Susa) pour bloquer un train Castor chargé de déchets nucléaires liquides provenant du réacteur de Garigliano. Si la présence de quelques dizaines de personnes a permis d’arrêter ce train de la mort, elle n’a pas permis de ramener sain et sauf tous les manifestants. Ils ont fait quelque chose pour nous tous, c’est à nous de faire quelque chose pour eux.

Liberté pour Arturo et Guido ! Arrêtons le nucléaire !

Les membres de Nunatak.


L’appareil nucléaire européen est un entrelacement de relations politiques et économiques, d’infrastructures énergétiques, de centrales et centres de recherche. Il est dans les universités et dans les laboratoires, il se manifeste fréquemment avec des convois de déchets qui traversent les territoires aux populations ignorantes. La nuit dernière, quelques personnes ont cherché à stopper un engrenage de la gigantesque machine nucléaire ; sans attendre un mouvement de masse, ils ont choisi de freiner la progression d’un train mortifère, qui représentait beaucoup plus sur le moment. Pour assurer la progression du train, les sbires ont chargé le rassemblement et arrêté nos chers compagnons. Reprenons la résistance contre la société de l’atome et contre toutes les nuisances liées à la domination. Solidaires de Guido et Arturo, de toutes celles et ceux, camarades qui sont entrés en lice.

Coalition contre les nuisances


Pour leur écrire :

Guido Mantelli - Arturo Fazio
C.C. Lo Russo e Cotugno
via Pianezza 300 - 10151 Torino

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