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Marseille : peinture, oeufs et coups contre les élus et les journaflics lors d’une réu sur Euromed
(Le 18 février 2011)

Marseille : une réunion publique tourne mal, la mairie porte plainte

AFP, 18.02.2011, 06h36

Un groupe d’une quinzaine de personnes a perturbé jeudi soir une réunion publique organisée à Marseille sur l’extension d’Euromed, projet de réorganisation urbanistique de la zone portuaire, et la mairie a porté plainte, a-t-on appris vendredi de source proche de l’enquête.

Le groupe, qualifié d’"anarcho-libertaire", selon la même source, a jeté de la peinture et des oeufs sur les élus présents, notamment le président d’Euromed Guy Teissier, député UMP des Bouches-du-Rhône, et le maire du 1er secteur de Marseille, Patrick Menucci (PS).Des coups ont été échangés et la caméra d’une chaîne de télévision locale brisée.

Les incidents sont survenus vers 21H00 à la faculté Saint-Charles, dans le centre-ville.

La Sûreté départementale, chargée de l’enquête, n’a procédé à aucune interpellation pour l’instant.


Marseille : le débat sur le parc de la Porte d’Aix finit en pugilat

La Provence, 18 février 2011

Jets de peinture, lacrymo... des élus ont été vivement pris à partie hier soir par la mouvance anarchiste.

Une réunion tendue, voire, allez, « un peu chaude », ça, les élus et l’équipe d’Euroméditerranée présents hier soir à la fac Saint-Charles pour débattre avec les Marseillais de la création d’un parc à la Porte d’Aix s’y étaient tous préparés. Certainement pas à devoir quitter la salle sous les cris et les insultes, ou, pour certains, recouverts de peinture jaune ! Ainsi agressée par une jeune femme, l’élue UMP à la Sécurité Caroline Pozmentier ripostait par une gifle avant qu’en catastrophe, le staff d’Euroméditerranée ne les sépare, sous les regards médusés des élus et du public.

Notre confrère de LCM voyait pour sa part sa caméra brisée, le tout dans des relents de gaz lacrymogène. Hier soir l’amphi Peres, c’était un surréaliste K.O. à OK Corral. « Nous voilà beaux », soupirait en quittant la salle une dame, désolée, de voir ce débat très attendu ainsi « confisqué ». 3000 personnes, des riverains principalement, avaient en effet pris part aux précédentes phases de la concertation. L’assemblée d’hier devait en être le point final. Mais, dès les premières minutes, la réunion partait dans le mur.

Stratégiquement installés dans les gradins, une dizaine de jeunes, identifiés un peu plus tard comme appartenant à la mouvance anarchiste, s’employaient à phagocyter les échanges : « Y a pas de débat, tout est déjà décidé, votre concertation c’est du bidon », lançait l’un. « Vous voulez mettre les pauvres et les Arabes dehors », enchaînait un autre. « Et les SDF, hein, ils iront où les SDF ? » En bas, à la tribune, François Jalinot, directeur de l’établissement public Euroméditerranée, son président Guy Teissier, celui de la Communauté urbaine, le PS Eugène Caselli, les maires de secteur PS Lisette Narducci et Patrick Mennucci ainsi que les adjointes UMP Laure-Agnès Caradec et Caroline Pozmentier voyaient la réunion leur échapper.

Certains tentaient bien de ramener l’ordre - en vain. « Vous n’êtes pas intéressés par l’avenir de Marseille, vous êtes des perturbateurs », grondait Patrick Mennucci, qui avait déjà fait les frais d’un tel chahut lors d’une récente réunion sur la sécurité aux abords de La Canebière. Médusé, écœuré, le public, s’y mettait aussi, timidement : « Mais qu’est-ce que c’est que cette foire ? », s’énervait ainsi Claude Tabet, présidente du CIQ de Saint-Mauront. Peine perdue.

À 18h30, soit une heure après le début de cette réunion avortée, les élus décidaient d’un commun accord de lever le camp. « À partir du moment où l’on ne peut pas débattre, je ne vois pas l’intérêt de rester », indiquait en aparté Guy Teissier. C’est à ce moment qu’une jeune femme se jetait sur le rang des élus et les aspergeait copieusement de peinture jaune. Eugène Caselli était accablé, et presque muet : « C’est déplorable », lâchait-il avant de quitter la salle. À 19h, l’adjointe Caroline Pozmentier déposait plainte au commissariat à la suite de son agression.


MARSEILLE. Euromed Center : les premiers coups de pioche peut-être à l’automne

En stand by depuis deux ans, l’opération Euromed Center (69.000 m2 pour 300 M€ d’investissement) devrait enfin voir la lumière en 2011. Reconfiguré afin de permettre un phasage du chantier, le projet a également vu son rendement optimisé avec un ajout de surfaces commercialisables (+5.000 m2 environ) à la demande des investisseurs, le groupe Foncière des régions, Predica et le Crédit agricole. "L’architecte Massimiliano Fuksas a revu ses plans, sans toucher aux fondamentaux du programme", explique François Jalinot, le directeur général de l’EPA Euroméditerranée. La quête d’économie a conduit les opérateurs à sortir partiellement le parking qui sera niché sous le quartier, afin de réduire les travaux d’infrastructure. "On creusera moins profond. Il n’y aura qu’un niveau en souterrain, le second sera aménagé dans le socle sur lequel reposera tout le bâti", précise François Jalinot. Autre source d’économie : la tour de bureaux a vu sa hauteur ramenée au-dessous de 50 m afin d’échapper aux normes de sécurité draconiennes qui s’appliquent aux immeubles de grande hauteur. Ces modifications ont conduit les promoteurs à redéposer les permis de construire (7 au total) : "Le préfet s’apprête à signer les dernières autorisations. S’il n’y a pas de recours, les travaux pourraient démarrer en septembre", indique le directeur de l’EPAEM. Cette première tranche devrait concerner le parking, l’hôtel Marriott (10.500 m2 pour un 4 étoiles de 210 chambres à l’enseigne Courtyard) et un des quatre immeubles de bureau (49.000 m2 au total), celui en forme de "H" (15.000 m2 de shon). Selon le niveau de pré-commercialisation, les investisseurs pourraient hâter le mouvement et lancer un deuxième lot de 10.000 m2. Une perspective qui réjouit les dirigeants d’Euroméditerranée, ces derniers n’ayant guère plus d’offre tertiaire neuve à proposer à moyen terme (2012-2013), hormis les 10.000 m2 du Balthazar, le premier immeuble des Quais d’Arenc acquis par la Caisse d’épargne.

La modification ne se limite pas à la structure du bâti. Les investisseurs ont également décidé de clarifier la gouvernance du projet en confiant à La Foncière des régions le rôle d’asset manager. Une simplification appréciée par l’EPAEM qui dispose désormais d’un interlocuteur unique pour discuter de l’avancement de l’opération.

E-lettre Sud Infos | Publié le 31-01-2011

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