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Paris : occupation à Bolivar, 3e jour
(Le 4 mai 2011)

Paris : occupation à Bolivar, 3e jour

mercredi 4 mai, 11h. Au troisième jour de l’occupation du 51 avenue Bolivar, l’immeuble de la mairie de Paris occupé depuis le 1er mai par des migrants tunisiens tient plus que jamais.

Toute l’après-midi, les keufs ont maintenu la pression en positionnant des dizaines de cars de brigades d’intervention tout autour du parc des Buttes-Chaumont, vu que l’ultimatum mairie/préfecture de police était pour 21h (avant expulsion). Le rassemblement à partir de 18h comme la veille a réunit des centaines de personnes solidaires. En soirée, des rafles ont eu lieu près du parc de La Villette où se trouvent toujours des tunisiens qui arrivent à Paname, tandis que d’autres keufs stationnaient près des stations de métro menant au 51 avenue Bolivar, afin d’empêcher que les migrants continuent d’arriver. Peine perdue, puisqu’ils sont passés des 165 du départ au double aujourd’hui.

La mairie proposait donc 100 minables places dans un immeuble du 8e arrondissement (gérées par l’association Aurore, dont le président et 1er vice-président du conseil d’administration sont par exemple les dirigeants de Vinci !), plus 65 hypothétiques chambres d’hôtel le lendemain dans plusieurs lieux dispersés. Le tout pour un petit mois renouvelable. Quant à l’immeuble du 8e, les migrants devaient en dégager de 9h à 18h chaque jour... Bref, comment choisir 100 personnes sur 165 ? Après des discussions houleuses entre migrants pour établir la liste des 100, avec tout son long cortège d’arbitraire et de sélection dégueulasse, les 100 ont finalement décidé de rester unis dans la lutte, et le car de la mairie est reparti... vide cette nuit.

C’est avec joie et rage que tout le monde a ensuite occupé l’avenue Bolivar devant l’immeuble, aux cris de slogans du soulèvement du début de l’année (comme « lacrymos, balles, les tunisiens n’ont pas peur », « occupation, occupation, à bas le système ! »). La circulation a été définitivement bloquée pendant une heure (même si au début un religieux de Ennada a rempli sa fonction en faisant le pompier de service pour permettre à un bus de passer. Après, lui et ses gardes du corps sont repartis comme ils étaient venus, vu que le rassemblement devenait toujours plus électrique). Des pompiers bien militaires (comme c’est le cas à Paris) se sont fait dégager suite à une tentative d’intervention, puis une équipe de gros bras de la BAC en civil qui tentaient de remonter le trottoir ont été coursés par une foule en délire (au cri de "Police dégage !"). Ce sont les crapules de Sos-Racisme à leur tour fraîchement arrivés sur place qui leur ont sauvé la peau en s’interposant (merde, manquait plus qu’eux !). Comme d’habitude, dès que la lutte se renforce, on ne compte plus les vautours et les chacals religieux et associatifs qui viennent s’agglutiner pour tenter de pacifier et calmer le jeu.

Peu à peu, les dizaines de cars de CRS et autres civils postés à distance ont fini vers 2h du matin par se casser, dans une ambiance survoltée. Chaque gyrophare qui passait, même au loin, provoquait des envies d’en découdre. Les slogans tagués en grand sur les rideaux de fer du bâtiment ("Police dégage", "Liberté", "Des papiers pour tous (ou plus de papiers du tout)", "Occupation en cours") prenaient toujours plus de consistance.

Le refus d’accepter les pauvres propositions de relogement de la mairie malgré sa "garantie" d’expulser et d’arrêter tout le monde en cas de refus, l’occupation du boulevard, les chants, les sourires, l’attaque des flics montrent la détermination et la spontanéité des occupants de l’immeuble. De même, le retour des slogans des émeutes tunisiennes du début de l’année, ponctués de "Liberté et papiers !" (ce qui est peut-être un signe du dépassement de la question du logement), l’enthousiasme commun (avec ou sans-papiers) face aux keufs, ont donné du courage à tous et posé un clair rapport de lutte entre sans-papiers tunisiens après deux jours de négociations et d’hésitations. Comme beaucoup le disent, "on s’en fout, on n’a plus rien à perdre" !

A suivre...


Poursuite de la mobilisation des Tunisiens du 51 avenue Bolivar à Paris

hns, mercredi 4 mai 2011

La journée d’hier, mardi 3 Mai 2011, a révélé, d’une part, la volonté des pouvoirs publics de faire disparaître les " Tunisiens de Lampedusa " du 51 Avenue Bolivar, Paris 19ème, mais aussi la volonté farouche des Tunisiens et leurs soutiens d’une lutte de chaque instant...

La Mairie de Paris et ses faux-soutiens ont dressé une liste de environ 100 Tunisiens qu’ils espéraient embarquer dans des bus ( !) vers " un local de 100 places "... cela a échoué. Le bus est parti encadré de flics, association Aurore, Association S.O.S-Racisme et membres de la Sécurité de la Mairie de Paris, avec à peine une dizaine de Tunisiens dedans sur les 100 escomptés... " un local de 100 places " : expression odieuse, et dans un Bus qui sent le Charter vers la mort.

Des flics en civil qui disent " Nous n’arrêtons pas la nuit, qu’est que vous croyez ?"... Rappelons que les Tunisiens sont traqués et arrêtés jour ET NUIT depuis plusieurs jours à Paris. La foule des manifestants a envahi et bloqué la rue Simon Bolivar pendant plusieurs heures, devant le numéro 51... Les flics en civils ont été chassés malgré leurs flashballs sortis, et peut-être pour une fois pas brandi à bout-portant...

Contrairement à lundi 2 Mai, dans l’après-midi, quand les flics ont volé un matelas qui appartenait à une jeune femme qui passait dans la rue pour l’offrir aux Tunisiens ; elle a été bousculée par les flics et aidée par les soutiens ; un des flics a eu alors la bonne idée de viser directement la tête des gens à distance d’un mètre environ...

Revenons à mardi 3 Mai 2011 : " Comment pouvez-vous refuser ce que je vous propose au nom de la Mairie de Paris, alors que les C.R.S vont vous expulser dans 2 heures " a déclaré un delanoiste pour faire faire plier les gens... sans succès ; " Il faut que vous accompagniez les Tunisiens qui vont partir " a déclaré une autre delano-sarkoziste aux soutiens... sans plus de succès. Même les pompiers ont du rebrousser chemin devant les refus des Tunisiens.

N’oublions pas l’étrange ballet de personnes qui tentent de pousser les Tunisiens vers la sortie à coup d’insidieuses manœuvres habituelles de ces luttes... Cette nuit, un "sous-marin", véhicule de Police bourré d’électronique, est resté devant le 51... Des Tunisiens sont venus s’installer depuis la Porte de La Villette au 51 Avenue Simon Bolivar, et ce matin les soutiens sont déjà revenus.


A Paris, les migrants tunisiens squattent pour exister

Métro, 03-05-2011 22:19

Le Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris squatte depuis trois jours un immeuble appartenant à la mairie de Paris.

"Personne n’entre !" lance un vigile improvisé. Des habitants du quartiers veillent au grain et appliquent les recommandations du Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris. Au 51 avenue Simon-Bolivar dans le XIXe arrondissement, l’accès est interdit aux associations, journalistes et autres politiques.

De l’extérieur, on aperçoit une cuisine improvisée au rez-de-chaussée et, au premier étage, des Tunisiens allongés sur des matelas posés à même le sol. Sur la façade, une banderole qui revendique "ni police, ni charité, un lieu pour s’organiser". Il sont plus de 150 à squatter depuis trois jours ce bâtiment appartenant à la mairie. Très peu d’entre eux sont en règle. "Presque personne n’a de papiers ici", assure l’un d’eux. Alors ils s’organisent.

L’immeuble est considéré comme insalubre. "Nous savons que c’est dangereux, mais c’est mieux que de rester dehors", assure Hamrouni, 25 ans, arrivé en France depuis deux mois via l’Italie. Avant nous étions au parc de la Porte de la Villette, mais la nuit, il fait vraiment froid." Souriant et vêtu comme n’importe quel jeune, Hamrouni explique qu’il travaillait dans le tourisme avant la révolution. Depuis, "il n’y a plus de travail et les conditions de sécurité se sont dégradées".

Pour atteindre ce bâtiment vétuste qui fait face aux Buttes-Chaumont, il a "risqué sa vie". Hamrouni a passé une vingtaine d’heures en mer avant d’accoster à Lampedusa. Tout ça pour devenir SDF à Paris. A l’instar de ses compatriotes, il est venu chercher "la liberté, du travail et des papiers". Une fois arrivé en France, il a déchanté. Il cherchait le pays des droits de l’Homme et regrette de ne "pas l’avoir encore trouvé".

Mardi pourtant, la mairie de Paris a proposé des hébergements d’urgence pour la seconde fois. Une centaine de lits et 50 de plus aujourd’hui. "Nous sommes plus de 150 ici, assure Essid, un autre squatteur. Et au moins autant au parc de la Villette. Nous partirons lorsqu’une solution aura été trouvée pour chacun." Néanmoins, le choix risque de ne pas leur appartenir. Mardi soir, la préfecture avait chargé les CRS de déloger les squatteurs "pour des raisons de sécurité."


Articles sur la journée de mardi...

Paris : rassemblement de solidarité avec les Tunisiens en lutte au 51 avenue Simon Bolivar le 3 mai à 18h

hns, mardi 3 mai 2011

Ce lundi 2 mai, la police a mis l’immeuble sous blocus. Les occupants appellent à venir sur place de suite.

13h30 : Des négociations sont en cours avec la Ville de Paris... Première victoire : le blocus policier est en train d’être levé.

19h La Ville a proposé d’abord 40 chambres d’hôtel et des hébergements Emmaüs, puis 95 nuitées en 3 lieux ; après en avoir débattu, l’assemblée des occupants, considérant que cela ne permettait d’héberger ni les présents, ni les tunisiens à la rue, a refusé et maintient ses revendications. Les occupants restent dans les lieux.

Mardi 3 mai

La Ville a proposé ce matin de loger 80 à 100 sans papiers tunisiens dans un immeuble géré par l’association Aurore et des chambres. L’assemblée des occupants discute actuellement de cette proposition et appelle à un rassemblement de solidarité à 18h.


La mairie de Paris héberge des Tunisiens près de l’Elysée

Le Parisien, 03.05.2011, 18h16

Petite provocation amicale ? La mairie assure que non : ce soir, l’équipe de Bertrand Delanoë va ouvrir un centre d’hébergement d’urgence d’une centaine de places pour y accueillir une partie des migrants tunisiens qui squattent depuis lundi un immeuble municipal avenue Simon-Bolivar (XIXe) qui « présente des problèmes de sécurité ».

L’adresse du centre est tout sauf anodine : 127 rue du faubourg Saint-Honoré, en plein VIIIe très chic, à quelques encablures de l’Elysée et du ministère de l’Intérieur ! Un signal envoyé au gouvernement que Bertrand Delanoë accuse de ne rien faire pour les centaines de migrants tunisiens qui errent depuis trois semaines dans la capitale après être passés par l’Italie ? « Pas du tout, c’est un centre qui accueillait des sans-abris cet hiver, et il était disponible, c’est tout », explique Pascale Boistard, adjointe (PS) au maire de Paris, qui suit le dossier des migrants pour la mairie.

[Devant le refus d’accepter cette proposition par les occupants de Bolivar, la mairie a refilé d’urgence cette nuit les 100 places prévues aux migrants qui dormaient dans le parc de la Villette, du moins ceux qui n’avaient pas été raflés en soirée]

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