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Paris : quelques textes des harragas tunisiens de l’occupation de Bolivar à celle du gymnase
(Le 9 mai 2011)

"Droit de réponse" des tunisiens expulsés du 51 avenue Bolivar au maire de Paris

samedi 7 mai 2011

Après notre surprise devant la décision inhumaine prise par le maire de Paris de nous expulser avec une grande violence par la police, la situation s’est aggravée et nous avons ressenti du mépris et de l’humiliation après sa déclaration selon laquelle nous sommes des enfants sans conscience qu’il serait facile de manipuler ou d’assujettir à la domination ou la charité, à l’expulsion et la répression, le maire de la ville y rajoute insulte et humiliation.

Et pour que les choses soient claires, il est important pour nous de rappeler que :

1/ Nous sommes les fils de la révolution du 14 janvier de Tunisie dont vous avez chanté les louanges de liberté et de démocratie ; la répression qui persiste dans notre pays nous a fait arriver en France (patrie des droits de l’homme [sic]) et vous êtes un des premiers à nous réprimer !!?

2/Dans votre déclaration, vous dites que le bâtiment dont vous nous avez expulsé n’était pas salubre à l’habitation, bien sûr que nous sommes dans l’attente de lieux pour s’organiser en liberté - (et Paris ne manque pas de lieux appartenant à l’ancien régime payé avec l’argent du peuple tunisien) ; mais au vu des circonstances actuelles, ce bâtiment était bien mieux qu’être à la rue sous la menace permanente de la police, du froid et de la faim, et malgré tout cela, pour une fois nous nous sommes sentis libres dans cet immeuble du 51 avenue Bolivar.

3/ Que nous avons été en permanence au courant des propositions que vous avez dirigé vers nous :

Au début, on nous a proposé 150 places (100 dans un immeuble et 50 dans des chambres d’hôtels pour un seul mois, éventuellement renouvelable), il nous a même été dit que nous serions libres de nous réunir et de nous consulter dans cet immeuble, et bien que cette proposition allait nous diviser et nous désolidariser, des centaines de nos camarades tunisiens étant à ce jour à la rue, dans un esprit d’ouverture et afin de montrer notre bonne volonté aux autorités [sic], nous avons accepté la proposition. Mais quelle a été notre surprise quand quelque temps avant de se diriger vers l’hébergement que vous nous aviez proposé, une délégation que nous avons envoyé afin de vérifier le lieu ; cette délégation nous a informé après avoir discuté avec des membres de l’association Aurore qui gère l’édifice, nous avons été surpris d’apprendre que l’on pouvait rester dans l’immeuble de 18H00 à 9H00 du matin, avec un couvre-feu à 23H00, qu’il était impossible de recevoir familles ou amis et qu’il serait impossible de se réunir pour discuter et de pratiquer notre liberté. Cette proposition revenait à vous commercer notre liberté, notre solidarité et notre dignité en échange d’un peu de confort très relatif pour un petit groupe favorisé d’entre nous. Cela nous a renvoyé aux pires heures du benalisme où l’on tentait d’acheter notre dignité et notre liberté contre un peu de confort et en corrompant une minorité d’entre nous, ce régime qui nous a tellement oppressé et dont certains ont vanté les mérites ici.

4/ Enfin, 2 jours avant, des tunisiens qui avaient accepté le même type de proposition à Nice sont tombés dans un véritable piège où la police les a raflés en bas de l’immeuble.

Voilà, Monsieur le Maire, pourquoi comme des adultes matures et conscients, après discussion et analyse entre nous, nous avons refusé cette proposition humiliante. A l’heure où la répression continue en Tunisie, à l’heure où la Tunisie accueille 40 000 réfugiés lybiens, à l’heure où tout le monde chante les mérites des révolutions arabes dans les divans, vous, qui vous vous êtes toujours présenté comme un ami du peuple tunisien, vous qui êtes reçu depuis des décennies dans un esprit de fraternité, sans même avoir à présenter un visa, vous avez choisi d’exercer votre droit souverain de nous expulser, nous réprimer, nous livrer à l’arbitraire et à l’humiliation, c’est une chose. Mais en plus, vous nous avez humilié, calomnié en nous traitant comme des enfants immatures par voie de presse !!!

Ce temps est révolu, vive la liberté dans la dignité !

Merci Monsieur le Maire pour cette opération de répression, d’humiliation et d’insulte.


6 mai 2011, le ton est bien sûr ironique en arabe, même s’il rend beaucoup moins bien en français...

Lettre à l’attention du maire de Paris

Après nos salutations et notre remerciement pour ce qu’il y a eu de votre part de soutien et d’accueil des Tunisiens venus de Lampedusa à Paris, entre autre les matraques et les insultes de la part de la police.

Monsieur le maire de Paris, nous les tunisiens venus de Lampedusa et que vous décrivez comme des immigrés illégitimes, mais monsieur, nous vous informons que s’il n’y avait pas la situation misérable en Tunisie, nous n’aurions pas quitté notre pays et nous ne nous serions pas jetés dans la mer et ceci est une preuve irréfutable de notre mobilisation pour résoudre notre situation sociale et humaine particulière, avec le soutien de tous les pays du monde aussi bien les pays européens et arabes. Mais pour notre plus grand regret, la manière dont la France nous a accueillis ne prouve pas qu’elle est le pays des droits et des libertés, et la plus grande preuve de ça, est l’attitude de la police le jour où ils sont venus au 51 avenue Simon Bolivar et les arrestations d’environ 150 personnes, entre autre des camarades français qui nous ont sauvé de la faim et du froid contrairement à ce qui a été dit dans votre communiqué de presse contre ces français.

Mais nous n’avons pas besoin de leurs idées pour prendre nos décisions par nous-mêmes et la plus grande preuve de ça est notre révolution bénie. Et pour finir nous vous prions de comprendre notre situation et d’accepter notre estime et notre respect. Nos salutations Les Tunisiens de Lampedusa à Paris.

رسالة إلى السيد رئيس بلدية باريس

بعد تحية شكر و تقدير على ما صدر من سيادتكم من ترحيب و تقدير للتونسيين القادمين من لمبادوزة نحو باريس بما في ذلك من ضرب و شتم من طرف البولس.

سيادة رئيس بلدية باريس، نحن التونسيون القادمون من لمبادوزة و اللذين تصفونهم بالمهاجرين غير الشرعيين لكن سيدي نعلمكم أنّ لولا الوضع المزري في البلاد التونسيّة لما قدمنا منها و رمينا بأنفسنا في عرض البحر و هذا دليل قاطع على صمودنا من أجل تسوية وضعيّتنا الإجتماعيّة و الإنسانيّة الإستثنائيّة بمساندة جميع بلدان العالم بما فيها الأوروبيّة و العربيّة.

و لكن، للأسف الشديد إستقبلتنا فرنسا إستقبالا لا يدل على أنّها بلد الحقوق و الحريات و أكبر دليل على ذلك الذي صدر من البوليس يوم جاء إلى العمارة المتواجدة بشارع سيمون بوليفار و اعتقال ما يقارب 150 شخص بما فيهم أخوة فرنسيون و لولاهم لمتنا من الجوع و البرد على عكس ما ذكر في بيانكم الصحفي من تعارض على هذه الفئة من الفرنسيين لكن نحن في غنى عن أفكارهم نحن التونسيون عندما نقرّر بأنفسنا و أكبر دليل على ذلك ثورتنا المباركة.

و في الختام نرجوا منكم تفهم وضعيتنا و تقبلوا منّا فائق التّقدير و الإحترام.

و السلام

.تونسيي لمبادوزة بباريس


Décision du collectif de Lampedusa à Paris

Suite à la réunion tenue le 8 mai 2011 au gymnase occupé 100 rue Fontaine au Roi, nous revendiquons pour l’ensemble des Tunisiens arrivés par Lampedusa à Paris :

1) Des logements pour un minimum de 100 personnes par bâtiment, situés à Paris et non en banlieue, pour une durée minimum de 3 mois renouvelables avec un lieu collectif pour se réunir et s’organiser

2) Autogestion des lieux : nous nous engageons collectivement à prendre à notre charge la sécurité, l’hygiène et le reste

3) Des garanties contre toute intervention des forces de l’ordre


Les 5 revendications du Collectif de Lampedusa de Paris du 9 mai 2011

إجابة مجموعة تونسيي لمبادوزة بباريس على اقتراحات البلدية إقترحت بلدية باريس 50 مكان في مبيت في شارع فوبور سان أونوراي تسيره جمعية أورور و 40 مكان في مبيت استعجالي في كاي دو لارابي تسيره نفس الجمعية و في ما يلي قرارنا : نوافق على اقتراحكم هذا بالشروط التالية :

1 توفير قاعة كبيرة للجميع للاجتماع

2 ضمان كتابي من رئيس بلدية باريس بعدم تدخل قوات الأمن

3 توفير مساكن أخرى لبقية مهاجرين لمبادوزة

4 إبقاء الجيمناز على ذمتنا الى حين توفير مساكن لكل التونسيين القادمين من لمبادوزة إلى باريس

5 نريد منكم الإجابة في أقرب وقت شباب ثورة تونس

Réponse du Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris : Suite à l’occupation du gymnase de la rue Fontaine-au-Roi, la Mairie de Paris a proposé 50 places dans un foyer d’hébergement rue du faubourg Saint Honoré géré par l’association Aurore et 40 places dans un foyer d’hébergement d’urgence au Quai de la Rapée, géré par la même association.

Nous acceptons vos propositions à condition de nous garantir :

1/ Un lieu collectif où se réunir et s’organiser.

2/ Un engagement écrit du Maire de Paris qu’aucune intervention des forces de l’ordre n’aura lieu dans les logements et leurs abords.

3/ Que la Mairie de Paris s’engage à trouver des logements pour le reste des Tunisiens arrivés de Lampedusa à Paris.

4/ De laisser le gymnase à notre disposition jusqu’à ce que tous les Tunisiens soient relogés.

5/ Une réponse dans les plus brefs délais.

Les jeunes de la Révolution Tunisienne

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