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Grigny/Viry (Essonne) : Deux CRS brûlés à la Grande-Borne avec des molotovs
(Le 3 juin 2011)

Deux CRS brûlés à la Grande-Borne

Regain de violence à la Grande-Borne, cette cité de Grigny et de Viry-Châtillon. Mercredi, des policiers ont encore été pris pour cibles. Une agression de plus après six mois de tensions.

Le Parisien | Publié le 03.06.2011, 07h00

« Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? On a pris l’habitude. Ici, c’est comme ça. » Vent de résignation, hier matin, des habitants de la Grande-Borne. Comme de nombreuses fois depuis le début de l’année, la cité a été, mercredi soir, le théâtre de sévères affrontements entre forces de l’ordre et jeunes du quartier.

Vers 20 heures avant-hier, deux équipes de CRS procèdent à des contrôles au carrefour du Méridien, à cheval entre Grigny et Viry. Ils sont une vingtaine à vérifier les papiers des automobilistes lorsque, d’un seul coup, ils sont la cible de jets de pierres de la part d’une vingtaine de jeunes gens. Très vite, la situation s’envenime. Cinq individus cagoulés jettent des cocktails Molotov, des bouteilles remplies d’essence auxquelles ils ont mis le feu.

Protégés par leurs uniformes

« Cela n’a finalement duré que quelques secondes. Ils ont tout lancé et sont partis », raconte un policier. Très peu de temps mais assez pour blesser cinq fonctionnaires. L’un d’entre eux a été légèrement brûlé au visage et à la nuque en recevant sur lui l’engin enflammé. Heureusement, son uniforme est conçu pour résister aux flammes. « A ce niveau, on peut qualifier cela de tentative d’assassinat », note un fonctionnaire. Un deuxième homme s’est tordu la cheville en évitant les projectiles. Un troisième a été brûlé à la main. Deux ont reçu des pierres.

Pourquoi un tel regain de tension à cet endroit de la cité, traditionnelle zone d’affrontements ? Pour le patron de la police en Essonne, Jean-Claude Borel-Garin, pas de doute : « En jouant la carte de la provocation, les délinquants pensent que nous n’irons plus dans le quartier lutter contre le trafic de stupéfiants et l’insécurité. Ils se trompent. Nous intensifierons notre présence et si une section ne suffit pas, on en mettra 2, 3, 4... » Pour preuve, le directeur de la sécurité publique a organisé une sécurisation du site dès la fin des émeutes. Mais aucune interpellation n’a été effectuée.

« La Grande-Borne, comme les Tarterêts à Corbeil, est en état de siège permanent. Les voyous voient les policiers comme des envahisseurs. Une seule raison : ils les gênent dans leur trafic de stupéfiants. La lutte contre l’économie souterraine est notre priorité », ajoute Claude Carillo, responsable départemental du syndicat de police Alliance.

Hier, la sérénité semblait revenue dans le quartier. Aucun incident majeur n’y a été relevé. Les policiers restaient sur le qui-vive pour parer toute nouvelle attaque.


UNE CITÉ SOUS TENSION DEPUIS SIX MOIS

Le Parisien le 03.06.2011, 07h00

15 janvier 2011. Les policiers en patrouille à la Grande-Borne sont victimes de jets de pierres.

29 janvier. Policiers et CRS interviennent face à un attroupement de jeunes et se font caillasser. Un bus de la Tice est atteint.

15 mars. Quarante individus s’en prennent à un bus et brisent les vitres.
Une Clio est incendiée. Trois véhicules de police sont détériorés. Quelques kilomètres plus loin, à Morsang-sur-Orge, un bus Tice est carbonisé.

19 mars. Au Méridien, un policier est blessé au pied. Des individus encagoulés attendent les fonctionnaires avec des chariots de pierres. Les violences dureront tard dans la nuit.

20 mars. Les policiers échappent à une tentative de guet-apens.

26 mars. Echauffourées au Méridien. Un véhicule de particulier est touché.

4 avril. Une voiture de police est enflammée. Trois policiers sont blessés alors qu’ils verbalisent un scootériste.

21 mai. Un car de tourisme, vide, est pris pour cible. Il est entièrement brûlé. Pompiers et policiers sont accueillis par des jets de pierres. Deux heures d’affrontements et un fonctionnaire blessé.

24 mai. Des jeunes lancent des cocktails Molotov sur des véhicules. Une voiture et un scooter sont atteints.

2 juin. Cinq CRS sont blessés par des jets d’engins incendiaires.


Un CRS de Grigny : « Ils veulent se faire un flic »

marianne2, Jeudi 2 Juin 2011

Le climat ne s’améliore pas dans les banlieues. Après les affrontements de la Grande Borne, certains jeunes de Grigny annoncent sur les murs de la ville leurs intentions d’en découdre. Comme en 2005 ?

A Grigny (Essonne), dans le sud de la capitale, certains rêvent de se faire des CRS. A la Grande Borne, dans la nuit du mercredi 1er juin, ils ont accueilli une section de la CRS 26 avec des cocktails Molotov. Quatre blessés légers sont signalés dans les rangs, mais le plus grave est ailleurs. Ce sont ces mots inscrits sur un mur, visiblement pour accueillir les CRS, qui décrivent le mieux l’ambiance dans le quartier : « Bienvenue en enfer. On va fumé 1 keuf c’est bientôt l’aïd » (photo).

Nous aurions pu décider d’occulter cette image dont le contenu fait inévitablement le jeu des extrêmes. Nous la diffusons parce que l’occultation, en ce domaine, a montré ses limites. Les émeutes qui secouèrent les quartiers « sensibles » devaient déboucher sur un autre monde, où ces territoires auraient de nouveau leur place dans la République, Nicolas Sarkozy s’y était engagé. Cinq ans plus tard, la situation ne cesse au contraire de se dégrader.

« Cela démontre les difficultés auxquelles sont confrontés les collègues et le sang froid dont ils doivent faire preuve, observe Nicolas Comte, secrétaire général du syndicat Unité SGP Police (majoritaire). Cela nous rappelle aussi que tout peut basculer à tout moment ». « Ils veulent se faire un flic », ajoute un fonctionnaire sur le terrain, qui souhaite que les CRS ne se déplacent plus à moins d’une trentaine de personnes -loin de la fameuse patrouille à deux rêvée par le ministre de l’Intérieur Claude Guéant.

Renouer les fils entre cette jeunesse là et la police ne sera pas une mince affaire.

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Slogan photographié dans le quartier de la Grande Borne, à Grigny, lundi 30 ma

Viry-Châtillon, le 4 avril. Une voiture de police incendiée par un jet de cocktail Molotov route de Fleury