Revenir aux brèves

Actions directes

Afrique

Allemagne

Amérique du Sud

Antifascisme

Asie

Australie

Belgique

Canada

Ecoles

Espagne

Etats-Unis

Europe

Faux-amis

Grèce

Italie

Keufs, juges, contrôleurs, militaires, journalistes...

Libération animale

Monde

Moyen/Proche-Orient

Notes critiques

Nuisances et Technologies

Parutions

Pays-Bas

Prisons & Centres de rétention

Publicité

Repression et Propagande policiere

Réacs de tous poils

Russie/Ukraine/Biélorussie

Solidarité(s)

Squats

Suisse

Turquie

Revenir à Cette Semaine

Paris : Chronologie de la lutte des harragas tunisiens & Rassemblement le 17 juin
(Le 9 juin 2011)

RASSEMBLEMENT POUR DES PAPIERS POUR TOUS - Chronologie de la lutte des Tunisiens

Indys, jeudi 9 juin 2011

Depuis plusieurs mois, de résistances à la police en mouvements d’occupations, les Harragas tunisiens luttent pour les papiers, la liberté, un lieu pour vivre et s’organiser.

Après la chute du gouvernement tunisien, les opérations de contrôles aux frontières effectuées par la Tunisie en accord avec l’Europe, ont diminué, voire se sont interrompues. Que ce soit pour fuir les persécutions politiques, pour échapper à la misère, pour chercher la liberté et une vie meilleure, ou tout simplement pour voyager, des milliers de personnes tentent alors l’aventure de la traversée de la Méditerranée.

La plupart des gens, qui viennent de Tunisie ou de Libye, débarquent à Lampedusa, une minuscule île italienne, proche des côtes africaines. Les migrants sont déplacés, puis enfermés dans des centres de rétention, sur l’île ou sur le continent italien. Beaucoup sont expulsés. Treize centres de rétention temporaires sont ouverts pour gérer l’arrivée massive des migrants. Pourtant, des centaines de personnes réussissent à s’évader et des révoltes éclatent. Suite à quoi le gouvernement italien délivre au compte-goutte des permis de séjour temporaires.

Beaucoup de migrants tentent alors leurs passages en France via Vintimille. Des solidarités se mettent en place pour aider à ce passage. Malgré tous les contrôles mis en place depuis fin février par le gouvernement français, plusieurs milliers de Tunisiens réussissent à gagner la France, et ce parfois au prix de refoulements et d’enfermements temporaires dans des centres de rétention français. À partir du mois de mars, arrivent à Paris plusieurs centaines de Tunisiens, appelés Harragas, nom donné en Algérie et en Tunisie à ceux qui traversent la Méditerranée pour gagner l’Europe sans visa. Beaucoup, parmi ceux qui n’ont pas de point de chute ou qui ne veulent pas déranger famille et amis, s’installent dans des parcs et des squares, notamment à Belleville et à la Porte de la Villette dans le XIXe arrondissement.

Fin avril, des opérations policières ont lieu dans le nord-est de Paris, des centaines de policiers patrouillent à la recherche des sans-papiers récemment arrivés, des rafles ont lieu dans les squares et même lors de distributions caritatives de nourriture.

Le 29 avril, un énième dispositif de rafle se met en place à Stalingrad. Alors qu’un groupe de personne tente de l’empêcher, les Harragas réfugiés dans le square de la Villette improvisent une manifestation sur le boulevard. Suite à des affrontements avec la police, une partie des Harragas trouve refuge à la CIP-IDF (Coordination des intermittents et précaires), quai de Charente (19°). Ils y resteront quelques jours, car la CIP-IDF est expulsée le 5 mai, la Mairie de Paris souhaitant récupérer les lieux pour un projet immobilier sur le quartier.

***

Le 1er mai, lors de la manifestation, des Harragas réfugiés à la CIP-IDF et ceux restés dans le square décident de former un cortège et prennent la tête de la manif. Le soir même, ils décident avec des personnes solidaires de leur lutte d’occuper un bâtiment de la Mairie de Paris, 51 rue Simon Bolivar (19°). Une banderole « Ni police, ni charité, un lieu pour s’organiser ! » est apposée sur la façade. Des rassemblements de soutien ont lieu devant le bâtiment pendant plusieurs jours.

Parallèlement, des négociations ont lieu avec la Mairie de Paris, celle-ci propose 120 places dans un foyer d’hébergement d’urgence. Beaucoup refusent la proposition de la Mairie car le nombre de places proposées est inférieur au nombre d’occupants et les conditions de vie (horaires stricts, surveillance, promiscuité) ne sont pas acceptables. Seule une vingtaine de personnes rejoindra le foyer d’hébergement, ils compareront le foyer à une prison.

Le 4 mai, la Mairie socialiste de Paris, celle-là même qui proclame à tout va soutenir les sans-papiers Tunisiens récemment arrivés, demande l’expulsion du bâtiment, à renfort de centaines de policiers et d’un hélicoptère, ce qui entraîne 120 gardes à vue et une dizaine d’expulsions vers l’Italie. Les autres Harragas ressortent avec un APRF (Arrêté Préfectoral de Reconduite à la Frontière). L’une des personnes solidaires arrêtées, qui déclare s’appeler M. Lampedusa, passera en procès le 17 juin pour refus de signalétique (empreintes et photos). Le 6 mai, plus d’une centaine de personnes se rassemble au métro Couronnes aux cris de « Liberté ! Papiers ! ».

***

Le 7 mai, des Harragas et soutiens décident d’occuper un gymnase de la Mairie de Paris, rue de la fontaine au roi (11°). Les jours suivants, plusieurs manifestations et rassemblements y ont eu lieu malgré les pressions policières.

Le 11 mai, le squat de la rue Bourdon, où dormaient plusieurs Harragas depuis l’expulsion de Bolivar, est expulsé.

Le 13 mai, une manifestation partant du gymnase occupé, parcourt le quartier de Belleville avant de se rendre sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Alors que le rassemblement est encerclé par la police, une délégation part négocier avec la Mairie de Paris, aucune proposition concrète n’en sortira et le rassemblement repartira en cortège vers le gymnase.

***

Le 16 mai, en parallèle à l’occupation du gymnase, plusieurs dizaines de Harragas décident avec des personnes solidaires d’occuper un foyer appartenant à l’AFTAM, un gestionnaire de foyers pour immigrés et personnes en difficulté, dont le président d’honneur et fondateur n’est autre que Stéphane Hessel, auteur du petit livre « Indignez-vous ! ».

Le 21 mai, une manifestation est organisée à Porte de la Villette. Le cortège est arrêté par un important dispositif policier à 100 mètres du départ. Soixante-dix personnes sont arrêtées puis contrôlées au commissariat, d’où elles sortiront en fin d’après-midi. Plusieurs personnes seront blessées. Pendant ce temps, une vingtaine de personnes s’invitent à la fête de la Rose, organisée par la Mairie PS du 11ème arrondissement. L’expulsion du 51 rue Bolivar, ordonnée par la Mairie de Paris, est remise sur le tapis.

Le 22 mai, une trentaine de personnes perturbe un événement commercial pour la relance du tourisme en Tunisie devant l’Hôtel de Ville, « le Village du Jasmin », organisé en partenariat avec la Mairie de Paris. La veille au matin, une distribution de tracts y avait déjà été organisée et Delanoë y avait été apostrophé.

***

Les propositions d’hébergement faites par la mairie lors des occupations du bâtiment Simon Bolivar ou du gymnase se sont révélées largement insuffisantes en nombre et ne répondent pas aux revendications des Harragas. Ils réclament des lieux où vivre collectivement et s’organiser de manière autonome. La mairie inonde cependant les médias de ses « bonnes intentions » (déblocage de subventions à des associations humanitaires, ouverture de places d’hébergement). Selon elle, les Harragas sont manipulés par leurs soutiens, ce qui est une manière de ne pas les considérer comme les acteurs de leur lutte et ce qui est un prétexte pour se retirer des négociations.

***

Le 26 mai, des policiers assiègent le foyer de la rue Bichat suite à une plainte de l’AFTAM. En quelques heures, une centaine de personnes se rassemble devant le foyer. Repoussées par la police, elles improvisent une manifestation dans le quartier.

Le 27 mai au matin, le foyer se fait expulser et 17 personnes sont placées en garde à vue. Les personnes avec papiers sortent avec des convocations pour un procès les 1er et 8 juillet, pour refus de signalétique et pour l’une d’entre elles, dégradations. Huit Harragas sont enfermés au centre de rétention de Vincennes.

Le même jour, le siège de l’AFTAM est occupé par une trentaine de personnes exigeant le retrait de la plainte pour « occupation illégale et dégradations ». La plainte est finalement retirée.

Le 28 mai, des Harragas tunisiens ainsi que des personnes solidaires forment un cortège dans la manifestation contre le racisme. Une banderole « Ni police, ni charité, un lieu pour s’organiser » rassemblera plus d’une centaine de personnes.

Le soir même, une trentaine de personnes manifeste devant le centre de rétention de Vincennes où sont enfermés, notamment, les Harragas de la rue Bichat. À l’extérieur et à l’intérieur du centre, résonnent les cris de « Liberté ! ».

Les jours qui suivent leur enfermement, des feux d’artifice de solidarité ont lieu devant le centre. Tous les Harragas de la rue Bichat seront finalement libérés avec des APRF.

***`

Le 31 mai, une trentaine de personnes du gymnase de la Fontaine au Roi commence l’occupation d’un bâtiment rue Botzaris appartenant à l’Etat tunisien et où, pendant la dictature, siégeait la police de Ben Ali à Paris. Parallèlement, la mairie met en place un système de liste pour l’entrée des Harragas dans le gymnase, des cartes nominatives sont distribuées à une centaine d’entre eux, et plusieurs dizaines de vigiles en contrôlent l’accès, qui devient interdit à tous ceux ne disposant pas de cette carte. Le gymnase est désormais fermé de 10h à 18h, ses occupants doivent également rentrer avant 22h.

Le 7 juin, alors qu’environ 70 personnes occupent le bâtiment de Botzaris, la préfecture, appuyée par les autorités tunisiennes, expulse ses habitants du lieu. Après un contrôle d’identité, les Harragas, sortis du commissariat, réinvestissent de suite le bâtiment.

LA LUTTE CONTINUE, AVEC OU SANS PAPIERS, LIBERTE POUR TOUS ! RASSEMBLEMENT AU METRO COURONNES VENDREDI 17 JUIN A 18H
VENONS NOMBREUX POUR EXPRIMER NOTRE SOLIDARITE ET LUTTER ENSEMBLE POUR DES PAPIERS POUR TOUS


Une autre chrono (en italien), tirée de Macerie

Da Lampedusa a Parigi : un mese di lotte

Pubblichiamo qui sotto una breve e parziale cronologia delle iniziative degli harraga tunisini che, sbarcati a Lampedusa nei primi mesi dell’anno, hanno messo a ferro e fuoco i Cie e i Cai italiani, passato avventurosamente la frontiera a Ventimiglia, e sono riusciti alla fine a raggiungere la Ville Lumière. Iniziative che, partite dalla necessità immediata di avere un pezzo di carta per poter percorre tranquillamente le strade di Francia, ha mescolato a questa la voglia e la determinazione di conquistare luoghi dove vivere, incontrarsi e organizzarsi ; e pure dove continuare la lotta iniziata in Tunisia con la rivoluzione di gennaio. Occupazioni, scontri, resistenza alle retate, reti solidali, in un mese abbondante di racconti parigini.

Marzo, aprile, maggio : arrivano centinaia di harraga [harraga : parola dell’arabo nord-africano, letteralmente “colui che brucia”. Migrante clandestino che attraversa il Mediterraneo su imbarcazioni di fortuna. NdT] tunisini alla Place de la Villette di Parigi, dove si installano in tende o all’aperto.

In aprile ci sono delle grosse retate nella parte nord di Parigi, anche durante la distribuzione dei pasti da parte di associazioni caritatevoli (in Place Stalingrad). La polizia attacca gli accampamenti nei parchi.

Il 29 aprile, dopo degli scontri con gli sbirri, una parte degli harraga trova rifugio alla Cip-Idf [la sede della Coordination des intermittents et précaires, Coordinamento degli intermittenti e precari, che però deve lasciare i luoghi che occupa qualche giorno più tardi, NdT].

Il 1 maggio, durante la manifestazione, gli harraga formano uno spezzone e prendono la testa del corteo. La sera, insieme ad alcuni solidali, occupano un edificio di proprietà della Città di Parigi, in Rue Simon Bolivar.

Il 4 maggio il Comune chiede lo sgombero dell’edificio, cosa che porta ad un centinaio di fermi di polizia e molte espulsioni di tunisini in Italia.

Il 7 maggio, harraga e sostenitori decidono di occupare una palestra (anch’essa di proprietà del Comune di Parigi), in Rue de la Fontanie au Roi. L’occupazione è luogo di incontro ed organizzazione. Vi si tengono riunioni e manifestazioni, nonostante la pressione poliziesca.

Il 13 maggio, una manifestazione di harraga tunisini e di solidali parte dalla palestra e percorre il quartiere di Belleville, prima di andare sulla piazza antistante il Comune di Parigi. I manifestanti sono circondati dalla polizia, mentre una delegazione viene ricevuta dai funzionari del Comune.

Il 16 maggio, mentre continua l’occupazione della palestra, diverse decine di harraga, in collaborazione con alcuni solidali, decidono di occupare anche una struttura di accoglienza (vuota) dell’associazione Aftam, che si occupa dell’accoglienza di immigrati. Nasce lo squat di Rue Bichat.

Il 21 maggio è prevista una manifestazione a partire da Porte de la Villette. A cento metri dalla partenza, il corteo viene fermato da un imponente spiegamento poliziesco. Una settantina di persone (su circa duecentocinquanta) vengono fermate e portate al commissariato per controllo d’identità. Saranno tutte rilasciate a fine pomeriggio.

Il 22 maggio una trentina di persone disturba il “villaggio del gelsomino”, un happening commerciale che si tiene davanti al Comune e che mira al rilancio del turismo in Tunisia.

Intanto, le proposte di accoglienza fatte dal Comune di Parigi durante l’occupazione di Rue Simon Bolivar e della palestra si sono rivelate essere largamente insufficienti quanto al numero e rispondono solo in minima parte alle attese degli harraga. Ciononostante, il Comune inonda i media con le sue dichiarazioni di “buone intenzioni” (sblocco di sovvenzioni ad associazioni umanitarie, apertura di luoghi di accoglienza). Secondo il Comune, gli harraga sarebbero manipolati dalle persone solidali ; questa è una strategia per non considerarli come protagonisti della loro lotta ed un pretesto per ritirarsi dai negoziati.

Il 27 maggio il centro d’accoglienza dell’Aftam viene sgomberato e diciassette persone vengono arrestate. Chi ha i documenti viene scarcerato, in attesa del processo che si terrà il 1 luglio. Otto harraga, senza documenti, vengono invece richiusi al Cie di Vincennes.

Sempre il 27 maggio la sede centrale dell’Aftam viene occupata da una trentina di persone che esigono il ritiro della denuncia per “occupazione illegale e danneggiamenti”, che l’associazione aveva sporto ai danni degli occupanti del centro appena sgomberato. Alla fine la denuncia viene ritirata.

Il 28 maggio, durante una grande manifestazione contro il razzismo indetta dalla sinistra istituzionale, harraga tunisini e solidali formano uno spezzone. Dietro lo striscione “Né polizia né carità, ma un luogo per organizzarsi” [lo stesso slogan che compariva di fronte all’occupazione di Rue Bolivar, N.d.C.] ci sono più di un centinaio di persone. Alla sera, saluti rumorosi fuori dal Cie di Vincennes.

Il 29 maggio, alcuni solidali vanno a fare visita agli 8 rinchiusi a Vincennes (ai colloqui).

Il 30 maggio c’è la convalida degli arresti al Cie per gli otto harraga arrestati durante lo sgombero del 27 maggio. In tre vengono rilasciati, cinque sono trattenuti perché la Procura ha fatto ricorso. Nella notte un fuoco d’artificio brilla sul Cie.

31 maggio : un gruppo di tunisini della palestra occupa uno stabile che appartiene all’ex Rcd [il partito tunisino di Ben Ali, NdT]. Alcuni autoproclamati capetti scelgono chi può trasferirvisi e chi no, trattando con le autorità tunisine per non farsi sgomberare. Fuori, però, la polizia cerca di bloccarli, impedendo di entrare ed uscire, per tutta la sera. Duecento persone, presenti all’assemblea “indignati” della Bastiglia, vengono a portare solidarietà. Sono circondati dalla polizia, che però, alla fine, se ne va senza arrestare nessuno.

1 giugno. Mattino : appello per i cinque harraga ancora prigionieri a Vincennes : tutti fuori ! Alla sera, invece, gli sbirri della “Sicurezza del Comune di Parigi” prendono tranquillamente il controllo della palestra di Rue de la Fontaine au Roi (intanto nella vicina Belleville l’operazione poliziesca di sgombero del locale mercato abusivo finisce in scontri). L’accesso alla palestra è oramai controllato e limitato ad un centinaio di persone, iscritte su una lista del Comune.

Cronologia tratta da
Indymedia Paris e Cettesemaine

macerie @ Giugno 8, 2011

Suivant
Imprimer l'article