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Gorizia (Italie) : GDF-Suez va gérer un centre de rétention
(Le 20 juin 2011)

GDF-Suez va gérer un centre de rétention en Italie

[GDF-Suez, c’est un paquet de marques, dont la plus connue et visible est Cofely. A chacun de trouver la sienne près de chez soi...]

GORIZIA : La Gepsa (Gestion Etablissements Pénitenciers Services Auxiliares), filiale de Cofely (groupe Suez) a remporté l’appel d’offres du gouvernement italien pour gérer, à partir du 1er juin, le Centre d’identification et d’expulsion et le Centre d’accueil pour demandeurs d’asile de Gradisca d’Isonzo dans la province de Gorizia (région Frioul-Vénétie julienne).

D’après le site internet de GDF-Suez, la Gepsa « participe au fonctionnement d’établissements pénitentiaires dans le cadre de marchés multitechniques et multiservices ». « Spécialiste du Facilities Management, Gepsa prend également en charge, pour le compte du ministère de l’Intérieur, 4 centres de rétention administrative » en France. Elle s’implante donc à présent en Italie.

Une enquête de l’hebdomadaire italien Panorama Economy, publiée mercredi 18 mai, explique que « chaque immigré qui aborde sur nos côtes coûte de 30 à 40 euros par jour » au gouvernement italien dans les différents centres. Les Centres d’identification et d’expulsion sont destinés aux « clandestins dont l’arrêté d’expulsion n’est pas immédiatement exécutable », les Centres d’accueil pour demandeurs d’asile à ceux dont on vérifie les titres à obtenir le statut de réfugiés politiques. Il faut en outre tenir compte du marché des fournitures, potentiellement des plus juteux, comme l’a montré le cas d’une société qui achetait des couvertures en Chine à 50 centimes d’euro, et les revendait aux centres d’accueil à 2 euros cinquante. « Le business de l’accueil aux immigrés ne connaît pas la crise. »

La récente vague de débarquements depuis l’Afrique du Nord a commencé à faire exploser les factures. Pour faire face à cette crise, le gouvernement a déjà versé 16 millions d’euros à la Croix Rouge et 30 millions à la Protection civile, tandis que l’Union européenne a débloqué 25 millions. Le nouveau centre temporaire de Mineo en Sicile, confié à la Croix Rouge sans appel d’offres, coûte 45 euros par réfugié et par jour, soit, multiplié par 2000 occupants, 2,7 millions par mois. Dans les dernières semaines, le Centre d’asile de Gradisca d’Isonzo a entre autres vu arriver 53 Somaliens et 20 Tunisiens de Lampedusa.

La concurrence est de plus en plus féroce pour ce marché en pleine expansion. Les centres étaient jusqu’à présent gérés par des organisations officiellement à but non lucratif (mais qui n’en paient pas moins des salariés, parfois grassement), à savoir la Croix Rouge et une quinzaine de coopératives, en majorité catholiques. Le succès de GDF-Suez (qui avait déjà participé en vain à trois ou quatre appels d’offre pour des centres d’accueil en Italie) marque l’entrée en force des multinationales. Comme l’a expliqué Sergio Tomasino, directeur général adjoint de Cofely Italia : « Nous visons à mettre en pratique une approche de type plus industrielle. »

On parle beaucoup du business des passeurs - sordide et violent, de ceux qui entassent les sans-papiers sur les bateaux pourris et les jettent à la mer. Mais il y a aussi le business des gestionnaires - bien propre et respectable, en col blanc.

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