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Bruxelles : du rôle pacificateur de l’indignation
(Le 19 juin 2011)

Un bel après-midi de juin

Indy bruxelles, Sunday 19 June 2011 20:20 par Emmy Goldwoman

Du rôle contre-révolutionnaire et nuisible des citoyen-ne-s flics dans la lutte pour le changement social.

Ce dimanche vers 15 heures, un rassemblement populaire s’est constitué sur la place Flagey. Alors qu’il s’agissait pour bon nombre de personnes présentes de prendre la rue et de faire compendre aux soi-disant dirigeants politiques que nous pouvons très bien vivre sans eux et mener nos vies comme nous l’entendons, un-e des indigné-e-s a pris l’initiative de négocier avec la commune pour recevoir une autorisation de manifester. Il est frappant de constater que nous ne pouvons à ce point nous passer de l’autorité, qu’alors même que nous la contestons, nous la prions de nous donner son aval pour ce faire. Paradoxal ? Pas tant que ça : les bon-ne-s citoyen-ne-s et autres socialistes autoritaires refoulés aiment ajouter du piment à leur balade dominicale, mais sans risquer d’être assimilé-e-s aux "dangereuses" personnes qui chercheraient à renverser le système dominant qui les exploite et ne leur permet pas de rêver plus loin que RTL TVI. Nous rêvons d’un monde sans domination, dans lequel peuvent s’exprimer nos désirs, nous tentons de l’arracher à celles et ceux qui confisquent la force et la possibilité de jouir. Mais, apparemment, certain-e-s préfèrent continuer à vivre dans un monde de rêves, sans tenter de les réaliser. A force de vivre prisonnier, on en vient à craindre la liberté.

Lors de la première confrontation avec les flics, provenant d’une tentavive de s’écarter du sacro-saint itinéraire prévu par la commune, des voix se sont fait entendre :"Ca fait plus d’un mois que je suis sur ce projet, vous n’allez pas tout gâcher", etc. Un beau témoignage de solidarité de la part de personnes qui devraient songer à se reconvertir dans l’organisation d’événements socioculturels au cours desquels l’imprévu ne risque pas de se manifester (les fêtes de la musique ne sont pas encore terminées, avis aux amateurs/trices).

Lors de la seconde confrontation avec les keufs, d’autres voix se sont à nouveau disctinguées :"Nous ne sommes pas des anarchistes, nous sommes des pacifistes". Ou encore :"De quoi se plaignent-ils (les compagnon-ne-s ayant reçu des coups de matraque, ndlr), je suis pacifiste et je n’ai pas été attaqué par la police". Triste manque de cohésion. Après tout, le pacifisme n’est pas à confondre avec la lâcheté et la désolidarisation. Et l’envie de ne pas se laisser dicter ses envies et son comportement par un-e flic ou un-e politicard-e doit pouvoir s’exprimer autrement que par une simple promenade silencieuse encadrée par la police ou l’autoproclamé service d’ordre interne de la manifestation.

Suite à ces deux mouvements spontanés de la foule, quelques manifestant-e-s flics se sont interposé-e-s entre les manifestant-e-s et les forces de l’ordre, afin que le trajet ne soit pas à nouveau dévié de son cours. Avec des ami-e-s comme celles/ceux-là, plus besoin de police ! Cessons tout de suite les références aux révolutions arabe, grecque, etc. (elles véritablement empreintes d’insurrection) si nous sommes incapables de choisir nous-mêmes notre propre chemin (ceci à ne pas prendre uniquement au sens propre, hein) et que nous avons besoin d’une escorte policière pour prendre la rue.

Le but de ce micro-pamphlet n’est pas de diviser les réelles forces révolutionnaires en recherche de changement, mais plutôt de lancer une invitation aux citoyen-ne-s bienpensant-e-s à ne plus empêcher par leur inertie peureuse l’émergence d’un mouvement concret visant à la tabula rasa sociale et politique, seule prometteuse d’une autre vie que celle imposée par la société spectaculaire, mortifère et débilitante.

Toutes et tous, nous portons en nous cette capacité de révolte et de rébellion face à la domination et à la normativité imposée. Lorsque les citoyen-ne-s flics comprendront que l’obstacle se situe plutôt du côté de l’Etat (une forme actuelle de la domination politique, mais évidemment pas l’unique) que du côté des manifestant-e-s non-mous/molles, alors peut-être les manifestations se révèleront-elles vraiment efficaces. Peut-être même ne seront elles plus nécessaires.

A bon entendeur/euse...

Une insurgée

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