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Pérou : huit morts dans des conflits sociaux, "champ de mines" pour le nouveau Président
(Le 2 juillet 2011)

Pérou : huit morts dans des conflits sociaux, "champ de mines" pour le nouveau Président

AFP - 24 juin 2011

LIMA - Huit personnes ont été tuées et une soixantaine blessées cette semaine lors de conflits sociaux dans le Pérou andin : un "champ de mines" laissé en héritage par le président Alan Garcia à son successeur de gauche, Ollanta Humala, qui prend ses fonctions fin juillet.

Cinq personnes ont été tuées, toutes par balles, et une trentaine blessées vendredi à Juliaca, ville de 200.000 habitants proche du lac Titicaca, à 1.300 km au sud-est de Lima, lors du dernier épisode d’un conflit social qui s’embourbe depuis mai, a indiqué une source hospitalière.

Des heurts se sont produits losqu’un millier de manifestants, essentiellement des paysans de l’ethnie aymara, majoritaire dans cette partie de l’altiplano, ont été repoussés par la police anti-émeutes, après avoir pénétré dans l’aéroport dans l’intention d’investir la piste.

D’autres ont incendié du fourrage autour de l’aéroport, dégageant une fumée qui a paralysé les vols vers ce carrefour touristique près du Titicaca, le lac navigable le plus haut du monde, a constaté l’AFP. D’autres encore ont bloqué le pont de passage vers la région voisine de Cusco.

La région de Juliaca est en proie depuis plus d’un mois à une vague de protestations contre des projets miniers, pour des raisons à la fois environnementales et de retombées économiques locales.

Fin mai, quelque 15.000 personnes y avaient coupé les routes menant à la ville touristique de Puno, au bord du Titicaca.

Mardi à Huancavelica, dans le centre du pays, trois personnes avaient été tuées et 32 blessées, dans des heurts entre la police et des étudiants qui protestaient contre une loi qui prévoyait de réduire le budget de l’université d’Etat de cette ville pour en créer une autre dans l’agglomération proche de Tayacaja.

Dans les deux cas, les conflits s’enlisaient depuis des semaines.

"Il y a une inaction à tous les niveaux du gouvernement", a dénoncé dans la presse le médiateur péruvien Eduardo Vega, dont l’observatoire a recensé 227 conflits sociaux ou environnementaux début juin au Pérou, pays à forte croissance (5% en moyenne sur 10 ans) tirée par son secteur minier.

Vega a critiqué le bilan social du président sortant Garcia (centre-droit) qui doit céder le pouvoir le 28 juillet au nationaliste de gauche Humala.

Les conflits sociaux ont coûté la vie à 88 personnes en quatre ans, selon le médiateur.

Humala, qui va ramener la gauche au pouvoir au Pérou pour la première fois depuis 36 ans, s’est inquiété jeudi de cette fin de règne.

"A 40 jours environ de la passation de pouvoirs, je demande au président qu’il nous laisse un pays pacifié avec ces conflits sociaux résolus, et qu’il ne nous laisse pas un champ de mines", a-t-il lancé.

"Trois personnes sont mortes (à Huancavelica) pour une histoire de budget de 2 millions de soles (506.000 euros) et d’une université, des sujets qui dépendent du gouvernement et du pouvoir législatif. Il faudra une explication. Pour chaque Péruvien tué, il doit y avoir un responsable", a-t-il déclaré.

Humala, soutenu par ces provinces andines sous-développées où la pauvreté atteint 60% (contre 31% au niveau national), s’est engagé pendant sa campagne présidentielle à désamorcer en amont, par le dialogue, des conflits sociaux ou environnementaux, monnaie courante au Pérou.

Mais il lui faudra lutter contre l’"absence de culture de dialogue, à l’origine d’une forte crise de confiance" envers l’Etat et les entreprises minières, selon Rolando Luque, Médiateur spécialisé des conflits sociaux. Une absence de dialogue qui conduit souvent à la tragédie avant un compromis.

Ainsi, mardi à Huancavelica, le gouvernement a fini par débloquer le budget universitaire réclamé... dans les heures suivant les décès. Et vendredi soir, le gouvernement annonçait que des mesures seraient publiées samedi répondant en partie aux demandes des paysans de Juliaca.


Pérou : Cinq morts dans les manifestations anti-mines à Puno, le gouvernement recule devant la gronde !

Actu Latino le 27 juin 2011 à 18 h 42 min

Les affrontements entre les manifestants indigènes et la police péruvienne ont fait cinq morts et 25 blessés vendredi 25 juin dans la ville de Juliaca, dans le département de Puno, située au sud du Pérou, dans le cadre du mouvement de grève instauré par les natifs à l’encontre des entreprises minières souhaitant développer leurs activités dans la région.

Le coordinateur de la Défense du Peuple de Puno, Jacinto Ticona, a confirmé le décès par balles de cinq individus (Petronila Huanca Coa, Raúl Canccapa Huaricallo, Félix Edwin Yrpanoca Turpo, Antonio Campos Huanca et Gregorio Huamán Mamani), survenu lors de la riposte des forces de police à l’encontre des manifestants qui avaient pris d’assaut l’aéroport International Manco Capac situé à Juliaca. Les affrontements entre les forces de l’ordre et les manifestants ont eu lieu lorsque plusieurs centaines de grévistes ont tenté de pénétrer de force dans l’aéroport de la ville afin de protester contre la contamination du fleuve Ramis dû aux activités minières. Les manifestants de Juliaca avaient débuté une grève de 48 heures initiée par la communauté de Azángaro ce jeudi dans la ville de Juliaca.

Les forces de l’ordre ont tiré à balles réelles et ont lancé des bombes lacrymogènes pour tenir éloigner les grévistes qui tentaient de s’introduire sur la piste d’atterrissage après qu’ils aient causé de nombreux dégâts matériels. Les vols nationaux depuis et vers Juliaca ont été suspendus toute la journée de vendredi, comme l’ont souligné les autorités officielles.

Une manifestation qui venait en renfort au blocus instauré par de nombreux indigènes aymaras depuis 42 jours à la frontière bolivienne, dans la ville de Desaguadero, un mouvement protestataire mené contre l’installation d’une entreprise canadienne d’exploitation minière dans leur région, la Bear Creek Company.
Selon les autorités régionales de Puno, les dommages occasionnés au sein de l’aéroport devraient coûter 2 millions de dollars alors que le calme est revenu dans la ville et que les activités ont pu reprendre leur cours normal parmi lesquelles la reprise des transports en commun et la réouverture des commerces.

Une intervention contre les manifestants qui est intervenu alors même que le leader indigène Walter Aduviri du Front de Défense des Ressources naturelles de la région sud du Pérou, se trouvait à la capitale, Lima, pour maintenir des négociations avec le gouvernement afin de trouver une solution au conflit qui perturbe depuis plus d’un mois la région de Puno. Un blocus qui a perturbé en particulier les échanges commerciaux, le déplacement des marchandises et des personnes (y compris des touristes) à la frontière bolivienne avec l’incidence économique que cela a induit pour la Bolivie et le Pérou.

Ce mouvement de protestation violent et la répression virulente qui s’en est suivie ont eu le mérite de faire plier le gouvernement péruvien, qui a finalement accepté, (après des heures de négociations infructueuses menées ces dernières semaines), les conditions défendues par les communautés indigènes, samedi, lors de la signature de différents accords. Des négociations « forcées » au vu du climat social plus que tendu et des dérives répressives, qui ont cependant permis de mettre fin au mouvement de grève débuté en mai contre le projet minier « el cerro Santa Ana », dans le district de Huacullani-Chucuito-Puno.

L’accord qui a été le plus applaudi par la communauté aymara est, sans nul doute, l’annulation du décret suprême 083-2007 qui met ainsi fin au projet Santa Ana de l’entreprise minière canadienne Bear Creek Mining Company. Cette compagnie se trouvait au cœur de la tempête depuis maintenant quatre mois, plus précisément depuis le 23 février lorsque Bear Creek avait présenté lors d’une audience publique une étude sur l’impact environnemental de leurs activités, un rapport remis très rapidement en question en raison d’irrégularités manifestes dans l’obtention de la concession comme l’usage de « prête-nom ». Le dirigeant Walter Aduviri Calizaya, instigateur des principales négociations, a été accueilli à Alto Parco, dans le district de Zepita, puis à Desaguadero, hier dimanche, par près de 30 000 habitants indigènes en liesse face au recul du gouvernement. Une population heureuse de pouvoir maintenir ses zones d’élevages et de cultures intactes, à l’abri de toute forme de contamination de leurs précieuses terres agricoles dont ils tirent leurs revenus.

L’entreprise minière canadienne Bear Creek a déjà manifesté son intention de défendre son projet minier par toutes les voies légales possibles depuis l’annonce de la révocation du gouvernement péruvien. Elle a annoncé, depuis son siège qui se situe à Vancouver, qu’elle ne resterait pas les bras croisés et qu’elle utiliserait » toutes les voies disponibles » pour exploiter la mine d’argent de Santa Ana. Selon le président de Bear Creek, Andrew Swarthout l’entreprise, a « l’intention de défendre immédiatement et vigoureusement ses droits à Santa Ana » en se référant notamment à la loi péruvienne et au traité de libre commerce Canada-Pérou. Le gouvernement du président Alan García, qui cédera sa place au nouveau président élu Ollanta Humala, le 28 juillet, a promulgué cinq nouvelles normes qui limitent l’exploitation minière dans la région y compris celles qui avaient été accordées à Bear Creek. La compagnie canadienne a affirmé que cette décision » était illégale et sans fondement », alors que le premier ministre Rosario Fernández a justifié ce choix par le fait que « le gouvernement avait eu connaissance que la personne physique qui a formulé la demande de concession minière avait omis de mentionner à ce moment-là qu’elle était également le fondé de pouvoir de la compagnie canadienne ». Bear Creek avait prévu d’investir 75 millions de dollars pour produire 5 millions d’onces d’argent dans ladite zone. La compagnie pétrolière Southern Perú, aux fonds mexicains, a subi le même sort cette année façe à la protestation sociale des paysans qui avaient contraint le gouvernement à rejeter le projet cuprifère Tía María.

L’action conjointe des indigènes aymaras et des protestataires de la ville de Juliaca a eu raison du géant canadien, mais au vu de la détermination de Bear Creek, le débat n’est pas clos puisque c’est une longue bataille juridique qui va s’amorcer désormais entre la compagnie canadienne et les autorités péruviennes.

Pour le moment, la normalité est revenue à Puno, les accès routiers à la frontière bolivienne ont été rouverts à la circulation même si tout reprend doucement en raison des centaines de véhicules qui se trouvaient paralysées sur un axe Puno-Desaguadero.

Enfin, en hommage aux victimes tuées par balles pendant les soulèvements survenus vendredi à Juliaca, le président Ollanta Humala a annoncé qu’il annulait aujourd’hui les festivités liées à la célébration de son anniversaire, et il a également présenté ses condoléances aux familles des victimes.


Pérou : révocation d’une concession minière canadienne après des émeutes

(AFP) - 25 juin 2011

LIMA - Le gouvernement péruvien a décidé samedi de révoquer un permis d’exploitation concédé à une entreprise canadienne de mines d’argent, au lendemain d’une émeute dans la région de Puno (sud-est) qui a fait cinq morts parmi des paysans opposés à ces activités.

Cinq lois ont été publiées samedi au Journal officiel qui répondent pour l’essentiel aux revendications des communautés quechua et aymara de la région de Puno, à la frontière avec la Bolivie, qui exigent la fin de toute activité minière et de toute exploitation d’hydrocarbures.

L’une d’elle révoque la concession minière de la compagnie canadienne Bear Creek. Un moratoire de 36 mois est également imposé pour l’examen de nouvelles demandes de concessions minières.

Interrogé sur cette révocation, le président Alan Gacia (centre-droit) a affirmé qu’il y a "des choses plus importantes" (que les concessions minières) et notamment "de garantir une transition pacifique et un début sans problèmes" au gouvernement du président élu Ollanta Humala, un nationaliste de gauche, qui doit lui succéder le 28 juillet prochain.

Depuis la fin du mois de mai les manifestations contre les activités minières sont allées crescendo jusqu’à vendredi lorsque cinq personnes ont été tuées et 30 autres blessées lorsque la police a fait feu pour disperser un millier de manifestants qui voulaient investir l’aéroport de Juliaca, qui dessert la région.

Les paysans craignent que les exploitations minières ne contaminent l’eau des rivières qui irriguent leurs champs.

La révocation de la concession "est un très mauvais signal pour les investisseurs", a affirmé le président de la Comex, qui regroupe les exportateurs péruviens, Alfonso Garcia Miro.

"Les émeutiers ont eu ce qu’ils voulaient : des morts et des blessés. On a perdu tout contrôle sur les évènements", a pour sa part affirmé l’ancien ministre de l’intérieur Fernando Rospigliosi, cité par le quotidien Peru21.

"Le gouvernement ne doit pas céder à cette pression sans quoi d’autre départements feront de même et le secteur minier disparaitra au Pérou", a-t-il ajouté.

La compagnie Bear Creek avait prévu d’investir 71 millions de dollars pour produire cinq millions d’onces d’argent dans les cinq prochaines années dans la mini de Santa Ana qui a des réserves de 63,2 millions d’onces.

Le Pérou est le deuxième pays producteur d’argent et de cuivre au monde et le sixième producteur d’or.

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