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Val Susa : échauffourées près du chantier, perquisitions et saisie de matos dans une voiture
(Le 29 juillet 2011)

Échauffourées près d’un chantier du TGV Lyon-Turin

AFP, 29 juillet 2011

Six policiers ont été blessés lors d’un affrontement avec des opposants italiens au projet.

Six policiers ont été blessés au cours de deux heures d’échauffourées dans la nuit de jeudi à vendredi, avec deux cents opposants au chantier de la ligne à grande vitesse Lyon-Turin dans le val de Suse à Maddalena di Chiomonte (nord), a indiqué l’agence italienne Ansa.

Coiffés de casques et le visage caché par des masques à gaz, les manifestants ont lancé des pierres, des billes métalliques, des fumigènes et des boulons contre les forces de l’ordre, qui ont répliqué avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes. L’autoroute A32 entre Turin et Bardonecchia est restée fermée à la circulation durant les incidents et a été rouverte au trafic aux environs de 3 heures.

Vendredi matin, la police a procédé à une dizaine de perquisitions au domicile de personnes soupçonnées d’appartenir à la mouvance des opposants. Début juillet, de violents affrontements avaient déjà opposé manifestants et forces de l’ordre sur le chantier d’un tunnel, faisant plusieurs centaines de blessés. Ces violences avaient été dénoncées par l’ensemble de la classe politique.

La France et l’Italie ont signé en 2001 un accord pour la construction de la ligne de TGV Lyon-Turin. Cette ligne, jugée stratégique pour le réseau européen et subventionnée par l’UE, raccourcira le trajet entre Paris et Milan à 4 heures, contre 7 actuellement, mais suscite une forte opposition dans le val de Suse.


Perquisitions en série après la nuit de guérilla

La Repubblica, 29 juillet 2011

Dans la mire, les maisons de sept activistes : confiscation d’une arbalète, de lance-pierres, et de masques à gaz. Deux perquisitions requises par le procureur, les autres à la demande des enquêteurs en vue de la manifestation de demain après-midi sur le chantier. Le député du Parti Démocratique Esposito : « La magistrature et le ministère de l’Intérieur interviennent ».

Après la dernière nuit de guérilla au chantier de Chiomonte, ce matin [29 juillet], à l’aube, une série de perquisitions s’est déroulée parmi les anarchistes, autonomes et personnes historiques du mouvement No TAV. Il y a eu sept maisons passées au peigne fin entre Turin, le Val Susa et le Canavese [nord-est de Turin]. Une arbalète, deux lance-pierres et quelques masques à gaz ont été confisqués. Des vestes avec des pierres dans les poches ont également été trouvées.

Le matériel a été découvert au cours de deux des sept perquisitions. Les cinq autres perquisitions n’ont pas donné de résultats. L’opération conduite par les agents de la Digos, et coordonnée par le sous-préfet Cecilia Tartoni, est une manœuvre préventive pour préparer « l’alerte rouge » de la journée de demain.

(...)

Demain [30 juillet], une nouvelle mobilisation du mouvement « No TAV » se tiendra, avec une retraite aux flambeaux autour du chantier, et la possibilité d’un nouvel assaut sur la zone de la Maddalena.


Frondes et masques à gaz saisis chez les No TAV

La Repubblica), 29 juillet 2011

La police routière arrête une voiture chargée d’équipement offensif : les manifestants feraient l’acquisition de casques et gants de protections pour préparer la manifestation de demain soir à Chiomonte. Les masques sont en rupture de stock chez de nombreux commerces de sécurité à Turin.

Lance-pierres, casques, billes de métal et masques à gaz. Selon la police, les contrôles ces derniers jours chez plusieurs commerces de la Val Susa et de la première ceinture de Turin démontre un boom des ventes de matériel de chantier : casques et masques à gaz bien sûr, mais aussi gants renforcés, cisailles et torches dont une partie des No TAV s’équipent en vue de la manifestation et des éventuels affrontements. Les magasins de sécurité ont également reçu des dizaines de demandes pour des lance-pierres et des billes de métal.

« Une demande très significative - ironise le responsable d’un commerce de Turin Sud - au point que nous avons pensé amener un stand pour le week-end à Chiomonte ». La marche de demain, qui partira en début d’après-midi de Giaglione, devrait rassembler un grand nombre de manifestants, qui cette fois-ci par contre seront préparés. « À présent, je suis prêt - explique un commerçant de matériel de protection de Borgo Vittoria. Donc : des masques avec deux filtres pour ne pas respirer les lacrymogènes et une paire de lunettes pour se protéger des brûlures. D’habitude, on les achète quand on passe de l’enduit sur la maison, mais ces derniers jours, il y a eu un va-et-vient de personnes qui disaient aller à Chiomonte. Je n’ai jamais tant vendu : j’ai même dû en recommander plusieurs fois. »

Et pour qui ne peut venir de la vallée, il y a des groupes d’achats collectifs. Après que les agents de la Digos, coordonnés par le sous-préfet Cecilia Tartoni, ont mis la main, dans la journée, sur diverses armes dangereuses, hier la police a intercepté un stock de « matériel d’offensive » : 57 masques à gaz - dont chacun coûte une cinquantaine d’euros pour une valeur totale de près de 3000 euros -, 118 filtres, un gros lance-pierres et 96 billes de plomb de 8 grammes chacune. Tout ça à bord de la voiture d’un Turinois de 46 ans, arrêté pour un contrôle sur le périphérique au croisement avec l’A32 en direction de Suse. Le « coursier », un membre du « Comité de lutte populaire contre la grande-vitesse », a été mis en examen, mais laissé en liberté, pour port abusif d’objets destinés à l’affrontement.

La tension à Suse demeure grande en vue de la manifestation de demain. Hier, les carabiniers ont arrêté un No TAV qui, avec d’autres compagnons, ont manifesté devant l’Italcoge [une des entreprises qui travaille sur le chantier] et l’ont emmené au commissariat pour lui signifier un avis d’expulsion. Le groupe, une vingtaine de personnes en tout, n’a pas accepté la décision et a manifesté son désaccord devant le commissariat.


Un autonome apportait les « armes » en Val Susa

La Stampa, 29 juillet 2011

Nouveaux affrontements au chantier du TAV. Hier soir, vers minuit, près de 300 encapuchonnés, à la fin d’une énième marche de protestation organisée à Chiomonte, ont commencé à lancer des pétards artisanaux, des pierres et des boulons contre les forces de l’ordre qui contrôlent la zone. Divisés en trois fronts, les radicaux se sont déplacés de la zone du camping vers la partie la plus rapprochée de la zone de l’autoroute, selon des témoignages récents. Police et carabiniers ont riposté avec des canons à eau et des lacrymogènes. Les affrontements se sont poursuivis pendant plus d’une heure.

L’énième soir de tension a été précédé par la mise en examen de Silvano Raise, 46 ans, Turinois, arrêté la nuit précédente sur le périphérique, au croisement avec la A32 en direction de Suse. L’homme, un personnage connu dans le milieu des centres sociaux turinois, ferait parti du CLP, le Comité de Lutte Populaire basé à Bussoleno, section anti-TAV valsusinaise de l’Askatasuna [un centre social occupé de Turin]. Raise, déjà connu de la Digos les mois précédents lors des manifestations contre le nucléaire à l’occasion de la visite du Premier ministre à Turin, était au volant de sa Ford Focus. Les agents de la police routière, qui ont intensifié les contrôles ces derniers jours, l’ont arrêté au cours d’une vérification de routine.

La voiture était remplie à ras bord de boîtes. Elles contenaient des masques à gaz sophistiqués, la plupart de marque Willson Max. Chacun coûte 88 euros et 23 centimes. En tout, près de 70 exemplaires, tout justes achetés, selon le même Raise, « dans un commerce de banlieue ». Puis un lance-pierres avec encore l’étiquette du prix, et 98 projectiles de plomb, de 8 millimètres de diamètre. Meurtriers si lancés à courte distance, pouvant provoquer des lésions graves. Raise est mis en examen pour « possession d’instruments visant à blesser ». Hier le matériel confisqué aurait dû être livré, toujours selon l’ex-barman (depuis plusieurs années dans un local connu du milieu radical turinois), à l’intérieur du « campement résistant » de Chiomonte. Sur le site No TAV, l’histoire est commenté de manière assez diverse. Pour certains, il s’agirait d’une mesure (l’achat de masques à gaz, pour une valeur de 5000 euros) « d’autodéfense » contre les gaz lancés par les forces de l’ordre après les épisodes de violence et de guérilla survenus les jours précédents aux alentours du chantier, où les travailleurs œuvrent à plein régime pour terminer l’infrastructure en vue des prochains travaux. Sur le lance-pierres et les projectiles, à l’inverse, silence mortuaire. L’enquête menée par la Digos, et coordonnée par le sous-préfet Cecilia Tartoni, est en cours pour déterminer la provenance de l’argent utilisée pour acheter les masques à gaz.

Sur le front politique, la conseillère régionale aux transports explique : « Nous évaluons la possibilité pour la Région de nous constituer partie civile en complément de l’initiative du syndicat de police. Les violations répétées de la loi ont provoqué des coûts importants pour les réparations, mais aussi une dégradation de l’image du Piémont, avec toutes ces photos et vidéos qui ont fait le tour du monde. » Un document, signé par le Comité civil No TAV, répond à la déclaration du coordinateur régional du SEL [Sinistra Ecologia Libertà], Antonio Ferrentino, qui avait invité les institutions de la vallée et le président de la Communauté de la Montagne, Sandro Plano, à se « dissocier de la violence ». L’appel déclare : « Nous stigmatisons toute forme de violence ». Agostino Ghigli (PDL [Peuple de la Liberté]) et Stefano Esposito (PD [Parti Démocratique]) dénoncent le risque de nouveaux incidents à la manifestation de demain. Esposito confirme la nécessité de mettre en place des « mesures exceptionnelles pour contrer les vandales ».

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Les masques prétendument retrouvés dans la caisse