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Rome/Turin : nouvelles évasions des centres de rétention
(Le 14 septembre 2011)

Rome/Turin : nouvelles évasions des centres de rétention

On vous avait déjà dressé la liste ici des nombreuses révoltes et évasions du mois d’août dans les centres de rétention en Italie. Et depuis, voilà que cela continue début septembre, avec toujours plus de force... Révoltes et incendies à Milan, tentatives d’évasion à Brindisi et à Trapani Milo et puis, il y a quelques jours, la 4e évasion du centre de Rome, et celle de Turin :

Rome, 9 septembre : 21 étrangers de plusieurs nationalités se sont évadés hier du centre de rétention (CIE) de Ponte Galeria. Selon le garant [Garante], l’évasion se serait produite lors d’un transfert de routine. Les recherches, n’ont pour l’instant rien donné.

Turin, 9 septembre : Vendredi soir vers 4h du matin s’est produite une évasion dans le centre de rétention. Selon les premières reconstitutions, ils ont réussi à sortir des grillages qui entourent la zone violette, après avoir détaché plusieurs barreaux, sciés en grand secret les semaines précédentes. Une fois dans la cour, ils se sont jetés sur les gardes, pris par surprise, et ont commencé à escalader le vieux portail d’entrée du centre situé Corso Brunelleschi. Les militaires ont intercepté plusieurs d’entre eux, mais d’autres ont réussi à se disperser dans la nature. Selon un retenu qui a été repris, "je suis quand même heureux, parce que ces choses là te font respirer le parfum de la liberté". Une évasion réussie est toujours et de toute façon une dose de confiance pour tous.
Selon certains, la préparation de l’évasion avait débuté il y a un mois et demi, et le plan n’était connu que des jeunes de la zone violette, pour d’évidentes questions de sécurité. D’une part, le limage des barreaux, quelques minutes par jour, en restant attentifs à ne pas se faire voir des gardiens et des caméras de surveillance. D’autre part, la construction de couteaux artisanaux, morceaux de fer aiguisés à utiliser la nuit de l’évasion pour tenir en respect les militaires [en Italie, des militaires sont affectés à la surveillance des centres de rétention].
En écoutant les récits de cette évasion, un fait saute immédiatement aux yeux : pendant tout ce temps, personne n’a balancé. Et cela, malgré la pression psychologique permanente que policiers et membres de la Croix Rouge exercent sur les enfermés, les invitant à la délation et jouant les uns contre les autres ces jeunes venus de pays différents. Dans la zone violette, tous y ont cru et tous ont tenté l’évasion -marocains et tunisiens ensemble- conscients de certains réussiraient et d’autres non. Mais aucun n’a jamais rien dit en échange de quelque faveur des gardiens.

Le lendemain. A la fin, ce sont 12 retenus qui ont réussi à s’évader, soit tous ceux qui ont réussi à escalader le portail : personne n’a été laissé derrière, certains jeunes sont tombés du portail, mais leurs camarades d’évasion les ont tout de suite aidés à se relever. C’est aussi pour cela que les patrouilles -de toute façon en retard- n’ont capturé personne. Malheureusement, 5 autres retenus ont été arrêtés pendant qu’ils escaladaient le dernier portail, et d’autres encore avant d’avoir pu l’atteindre. Quelques heures plus tard, ils ont été ramenés dans la zone violette. Leur moral est bon : ils sont heureux pour ceux qui ont réussi, et savent qu’il y aura d’autres occasions.
En toute fin de soirée samedi, un petit groupe d’individus solidaires est allé saluer bruyamment les retenus, quelques minutes de boucan à l’aide de pétards, sifflets et bruits métalliques. A l’intérieur, la réponse a été bruyante et chaleureuse, et certains jeunes de la zone bleue sont montés encore une fois sur le toit de leur section. Dimanche matin s’est produite une nouvelle tentative d’évasion, justement d’un groupe de la zone bleue. Profitant d’un moment d’inattention des gardiens, ils ont réussi à garder ouverte la porte des grillages pour sortir et rejoindre en courant la cour centrale. Ils ont été interceptés par les militaires et les carabiniers pendant qu’ils grimpaient au second grillage, puis tabassés avec coups de pieds et de matraques.

Traduit de l’italien par nos soins de macerie @ Settembre 10 & 11, 2011

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