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Italie : lettre de Juan, incarcéré suite aux descentes de police du 26 janvier contre des No-Tav
(Le 17 mars 2012)

[Pour ne revenir que sur les derniers épisodes judiciaires de Juan, il a été arrêté à Turin le 29 août 2011 avec un autre compagnon, accusés d’avoir volé 70 litres d’essence dans un bâtiment de la société Anas, prés du Val Susa. Il passera de la prison de Turin en résidence surveillée début octobre. Le 10 novembre, il est à nouveau incarcéré pour effectuer un résidu de peine d’un mois et demi. A peine sorti de prison fin décembre, l’Etat le reprend lors des perquisitions du 26 janvier dernier, suite aux affrontements en Val Susa de l’été 2011. Actuellement, il est toujours en préventive à la prison Spini di Gardolo de Trento. Après l’expulsion de la baita de la Clarea et la chute de Luca Abbà le 27 février, il a témoigné de sa solidarité en faisant un refus de remonter en promenade. Le 2 mars, il a été sanctionné pour cela d’un rapport disciplinaire et d’une mise en examen pour « rébellion ».]

Italie : lettre de Juan, incarcéré suite aux descentes de police du 26 janvier contre des No-Tav

Salut ! Je me nomme Juan Sorroche Fernandez, et j’écris ce communiqué pour clarifier ma position.

Le TAV en Val Susa est un des nombreux projets que l’Etat et la société mettent en chantier, comme les incinérateurs, l’« urgence des déchets » à Naples, la Gronda à Gênes (projet d’amplification du noeud autoroutier), les nouvelles prisons, la militarisation des sites où surgiront les Grands Travaux et la militarisation des rues en ville. La destruction de la terre et l’empoisonnement générés seraient déjà suffisants pour s’opposer à de tels projets, mais en plus de la dévastation de l’environnement, la pieuvre du capital et de la domination broie les individus dans un système toujours plus contrôlé, marchandisé et mécanisé. La mise en route de ces projets, en plus d’une nocivité mortelle aussi bien physiquement que mentalement, vise à habituer les individus à subir, à tout accepter en renonçant à leur propre capacité critique et d’action. Ceux qui défendent ces projets mettent en oeuvre d’énormes campagnes de mystification lors desquelles notre réalité, notre présent et notre futur sont réinterprétés dans une version complètement falsifiée, afin qu’il nous semble toujours plus naturel de renoncer à la liberté et à la possibilité de s’auto-déterminer.

L’exploitation, la destruction et la mort sont des bases, faites de sang et de souffrance, dont la société s’auto-alimente. Ce sont les piliers sur lesquels elle s’érige, et qu’il est nécessaire de combattre. Lutter contre ces tentacules signifie pour moi lutter contre la société qui les crée. En tant que rebelle individualiste, je ne parle au nom d’aucun mouvement, mais uniquement en partant de moi-même. Je prend part à la lutte comme tous ceux qui se l’approprient sincèrement.

C’est pour cela que, la tête haute, je revendique avoir participé à la lutte contre le TAV et la société de manière auto-organisée, en-dehors des logiques de l’Etat, de toute hiérarchie, avec des méthodes que j’ai pensé opportunes.
Etre « coupables ou innocents », « bons ou méchants », « violents ou non-violents » sont des définitions morales qui ne m’appartiennent pas, ce sont des concepts de la domination et « des relations sociales qui les rendent acceptables comme symbole du pouvoir. Parce que je pense que l’autorité ne repose pas uniquement sur la force et les messages dictés par l’ordre étatique, mais également sur le compromis et l’acceptation » de telles relations.
Ma violence est une goutte d’eau dans l’océan face à celle que l’Etat utilise et monopolise contre le Val Susa, lors de guerres « pour la paix », dans les centres de rétention et les prisons, causant des millions de morts. Mais tout a une fin, et parfois les choses se renversent.
Je ne suis pas un spécialiste de la violence. Je pense qu’on peut l’utiliser comme moyen ou méthode, mais que ce n’est pas la seule, qu’il en existe d’autres tout aussi valables : le tract, l’action directe, les publications, l’expropriation, le concert... tout cela individuellement ou collectivement, à chacun de voir comment, pourquoi et quand les mélanger.

A ceux qui se sont toujours solidarisés sans distinctions entre « les bons et les méchants »... une chaleureuse accolade, on se retrouvera sur les chemins infinis de la lutte.
A ceux qui refusent cette pratique, cette manière de se lier les uns aux autres... qu’ils reçoivent tout mon mépris et ma haine ! Parce que « le chemin de la liberté et la dignité est toujours individuel et ne s’associe pas aux stéréotypes et aux étiquettes ».

A tête haute !
Pour la rébellion permanente !

Pour lui écrire :
Juan Antonio Sorroche Fernandez
Casa Circondariale
Via Beccaria, 134
Loc. Spini di Gardolo
38014 Gardolo - TN
Italie

Traduit de l’italien par nos soins de informa-azione, Ven, 16/03/2012 - 20:30

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