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Paris : récit illustré de la manifestation contre les expulsions
(Le 20 mars 2012)

Paris : récit de la manifestation du 17 mars contre les expulsions

Indy Paris, lundi 19 mars 2012
[+ rectif de quelques erreurs sur des slogans]

Ce texte est un simple récit. Il ne prétend pas être parfait ni retranscrire l’ensemble des évènements ni leur exactitude. C’est un point de vue et les impressions du moment pour ceux et celles qui n’y étaient pas. Commentaires, photos et vidéos (visages floutés) bienvenues !

Arrivée à Alexandre Dumas à 13h10, une petite foule s’est déjà amassée sur le trottoir à gauche de la bouche de métro. Les gens se regardent et se saluent, commencent à discuter. Un camarade dit l’air un peu dégouté "Ah... ya pas énormément de monde". Un autre lui répond ironiquement "Patience, c’est pas le premier mai". Il y a un peu moins de 200 personnes.

On fignole les préparatifs. Des gens ont ramené des autocollants couleurs sur plusieurs thèmes (squat/logement, mais aussi prisons, révoltes, grève, liberté de circulation et frontières, nucléaire, etc) et des fumigènes.

Les banderoles sont hissées sur des manches en bois et le cortège qui a déjà bien grossi commence à se mettre en branle sur le boulevard de charonne.

On lit en vrac sur les banderoles : sur celle de tête "Un logement pour tous" et je ne sais plus quoi, une autre immense au milieu « la restructuration urbaine : c’est la chasse aux pauvres », une autre en blanc sur noir "si tu veux être heureux, pends ton propriétaire", une autre en français et en arabe "ni gauche, ni droite : liberté !", et une en noir sur fond rouge "Contre toutes les expulsions : grève des loyers - occupations - autodéfense. Abolition de la propriété privée !" avec des illustrations. Il y a maintenant autour de 450 personnes environ. La manif qui part vers 13h30 fait le tour du quartier.

L’ambiance est bien chaude, la batucada qui est lancée fait son petit effet, quoi qu’on en dise. Une petite camionnette recouverte d’affiches crache par le son de sa sono quelques slogans et notamment "les maisons sont vides : occupation ! les loyers sont trop chers : occupation !" reprise en coeur et à quoi la manif répond "grève, grève, grève des loyers ! crève, crève, crève les huissiers !" tout au long du parcours. On remonte la rue d’avron en direction du périph’ et les gens dans la rue sont et aux fenêtres sont souvent contants. La manif a encore grossie rejoint par quelques retardataires et passant-e-s aquis-e-s à l’ambiance.

D’autres slogans assez sympatiques et offensifs fusent : "j’y suis, j’y reste : on ne m’expulsera pas !", "explusion = baston, nouvelle occupation !", "des beaux quartiers, mais sans policiers" ou encore "des maisons, pas des prisons".

Contre toute attente, les flics se font discrets quoi que présents (quelques civils qui se baladent dont un coupé citroene C5 couleur beige sombre / mativoire, en queue de manif, des flics à vélo qui se font plus ou moins refoulés en tentant de passer dans la manif à un moment, et enfin la bagnole et les motos-crottes en tête mais sans accrochage et les gens restent alertent et réactifs. Sur tout le parcours, plusieurs tags sont posés avec ou sans pochoirs sur les agences immobilières, les promoteurs (bouygues, etc...) ou encore les banques tels que "le capitalisme fait crever les peuples : crevons le capitalisme" ou encore " contre les expulsions et le marché de l’immobilier : squattons !". Des affiches sont aussi systématiquement collées sur les profiteurs de misère sus-cités. Une notamment qui dit " Spéculation immobilière, rénovation urbaine, gentrification : squat, réappropriation, grève des loyers. Ne laissons pas le quartier aux riches". Tout le long de la manif, des pétards éclatent.

Une banderole immense en solidarité avec les inculpé-e-s de l’affaire dite de la « dépanneuse » en "anti-terroriste" (Inès, Javier, Damien, Ivan, Bruno et Franck) a été préalablement attachée sur un pont au dessus de la rue d’avron par des petites mains agiles : « Justice, Police, Guerre, Le terroriste c’est l’Etat. Propageons la révolte et nos mauvaises intentions »

La manif arrive enfin au rond point de la porte de montreuil et plusieurs pétards sont jetés. On danse, on crie, on chante les slogans à tue-tête. Un camarade lâche "on est plus nombreux que la manif du DAL" et surtout quelle ambiance. Malgré un certain "calme", ça nous change des manifs de soc-dems. Un gros tag "Plutôt squatteurs que procureurs" est posé sur un mur.

On passe le périph’ et une camarade à la sono prévient "on arrive à montreuil", les slogans et la manif sont bien accueillis rue de paris, un autre slogan presque dérisoire fuse pendant quelques secondes "contre la vie chère, et le chômage : grève, pillage, et sabotage" et encore "grève des loyers" et les autres qui sont repris en boucle. Plusieurs passant-e-s applaudissent et sourient ou commencent à danser sur le rythme de la batucada et suivent. Après un "gauche, droite, même arnaque" un mec s’énerve depuis la terrasse d’un café et crie "non la gauche c’est bien et la droite c’est nul" (sic). Et la manif continue. Arrivée à croix de chavaux

Plusieurs tracts sont distribués. On en retiendra un pour l’anecdote, appelé « les 3 petits cochons » et qui n’est ni plus ni moins que la gentrification et les expulsions locatives (et quelques moyens d’y remédier) expliqués aux enfants (petits et grands) avec des loups flics et des maisons en carton. Et un autre "petites chroniques bellevilloises" avec des brèves sur le quartier du 20e arrondissement. Ou encore évidemment celui de la manif.

Les banderoles sont alignées une dernière fois sur la place de la croix de chavaux dont une contre Hochard (le chef de l’A.S.V.P, la milice montreuilloise qui expulse -entre autre-) aux sons de "squattons ! squattons : ça fait une occupation" et de quelques slogans chantés en occupant la rue pendant une petite demi-heure. La pluie a finalement sonné l’ordre de dispersion que personne n’aurait jamais donné.

Au vu du monde et de l’ambiance de la manif, on se dit que l’auto-organisation finit par payer. En effet : vivement la prochaine... et qui sait, avec plus de monde encore. Car en attendant les expulsions "reprennent" et continuent.

Contre la restructuration urbaine, la gentrification et toutes les expulsions : squats et nouvelles occupations ! Vive la grève des loyers ! Abolition de la propriété privée !

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