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Quelques épisodes de la lutte contre les CPT (mai-novembre 2005)
(Le 24 juin 2006)

Quelques épisodes de la lutte contre les CPT de mai à novembre 2005

19 mai 2005, Turin.

Les reclus du Cpt se révoltent, brûlent les matelas et détruisent tout ce qu’ils peuvent. Une grève de la faim éclate. Pour éviter son rapatriement forcé imminent, un immigré défonce une fenêtre et engloutit le verre : il passera la matinée à l’hôpital, ratant ainsi l’avion de la déportation. L’après-midi, 150 personnes se rassemblent devant le Cpt : certains grimpent sur l’enceinte pour y accrocher une banderole, d’autres y creusent un trou. Les CRS chargent mais sont repoussés. Le regroupement se dissout, mais un groupe de manifestants se dirige au dépôt de trams pour expliquer aux conducteurs le rôle de leur entreprise, la Gtt, dans les expulsions. A la fin, un manifestant est arrêté.

19 mai, Gênes.

Les serrures du métro sont obstruées « pour Ibrahima et Mamadou, deux frères sénégalais assassinés par les « forces de l’ordre » de la terreur. Pour tous les enfermés dans les prisons et les CPT qui luttent et se révoltent ».

21 mai, Turin.

Toujours en grève de la faim, les détenus se révoltent à nouveau. Beaucoup menacent de se suicider et plusieurs ingèrent du verre et des piles, un d’eux s’entaille l’abdomen si profondément qu’il doit être recousu d’urgence sur place. Au cours du rassemblement de l’après-midi devant le centre, les prisonniers montent sur le toit et parlent beaucoup avec les manifestants : on découvre ainsi que c’est souvent la Croix Rouge qui s’oppose à la libération de ceux qui en auraient le droit.

23 mai, Milan.

En soirée, un groupe d’immigrés monte sur les toits de via Corelli en criant « liberté pour tous ». Alors que deux d’entre eux ingèrent des lames de rasoir, les autres commencent à détruire la structure du lager à partir du toit, bientôt imités par ceux de l’étage inférieur. Les jours suivants, 21 reclus seront incarcérés avec les accusations de « destruction aggravée » et « incendie volontaire ».

25 mai, Turin.

Au cours d’une rafle, Eddy, un jeune homme nigérian tombe de la corniche à laquelle il s’était appuyé pour fuir les chiens en uniforme. Deux jeunes filles, uniques témoins de la chute, sont traînées dans le Cpt Cso Brunelleschi. Les nigérians en furie sortent dans les rues du quartier et s’affrontent avec la police.

27 mai, Turin.

Rassemblement devant le consulat du Maroc, co-responsable des expulsions, et à San Salvario où, quelques mois avant, une marocaine s’était jetée du toit pour échapper à une rafle de la police municipale. L’après-midi, lors de la commémoration de la mort d’Eddy la tension s’accroît et l’affrontement avec la police est dans l’air.

28 mai, Turin.

Une manifestation de plus de mille personnes traverse la ville. La police, bien que présente en force, ne se montre que pour bloquer la rue qui mène à la préfecture : les immigrés sont furieux. Arrivés à la gare de Porta Susa, les voies sont occupées : « dans une ville qui tue, personne ne doit voyager ». Quelques dégâts, en particulier contre un distributeur de la banque San Paolo.

7 juin, Caltanissetta.

Le matin, deux bidons d’essence sont retrouvés devant l’entrée du siège de la Croix Rouge, suivis d’un tag « No Cpt » et d’un billet « La Croix Rouge Italienne gère le Cpt de Pian del lago : solidarité avec les immigrés ».

8 juin, Turin.

Un groupe de compagnons interrompt un débat pour renvoyer le maire et ses adjoints à leur responsabilité et rappeler les immigrés assassinés.

11 juin, Milan.

Vers 23h, deux immigrés montent sur le toit d’une des baraques du Cpt de via Corelli et, une fois l’enceinte escaladée, profitent d’une brèche dans le mur en restructuration pour s’enfuir.

15 juin, Bologne.

Rassemblement à Castelmaggiore devant le siège de Concerta Spa, l’entreprise qui fournit les repas dans les Cpt de Bologne et Modène.

16 juin, Turin.

Une centaine de parcmètres de la Gtt, complice des expulsions, sont obstrués.

29 juin, Bologne.

6 personnes réussissent à s’enfuir du Cpt de via Mattei.

2 juillet, Bari.

91 personnes s’évadent du Cpt attenant à l’aéroport de Palese.

5 juillet, Bologne.

A l’aube, dix personnes tentent l’évasion : après avoir soulevé une des grilles de sécurité qui entoure la cour, ils escaladent l’enceinte et le mur. Cinq réussissent à s’évanouir dans la nature.

9 juillet, Turin.

Profitant d’un rassemblement qui se tient devant l’entrée du centre, sept prisonniers sautent le mur latéral du Cpt. Au même moment débute une nouvelle grève de la faim.

1er août, Ragusa.

Une manifestation contre le Cpt de via Napoleone Colajanni se finit par l’occupation de la cour intérieure.

16 septembre, Rovereto.

Une agence de la BNL est recouverte de vernis. La même banque avait été touchée le 12 mars lors d’une manifestation contre tous les fascismes.

22 septembre, Milan.

Au cours de la dernière audience du procès contre les 21 immigrés accusés d’avoir dévasté le Cpt de via Corelli le 23 mai, certaines personnes dans la salle dénoncent à grand’voix le caractère illégitime du procès, en en demandant l’annulation. Plusieurs autres, qui attendent dehors, protestent bruyamment si bien que le juge ordonne l’évacuation, exécutée au son des matraques des forces de l’ordre.

26 septembre, Bologne.

Les reclus de via Mattei entament une grève de la faim pour protester contre « la crasse, le manque de médecins et les coups contre ceux qui se rebellent ».

2 octobre, Bologne.

A partir de ce jour, rassemblement tous les samedis devant le Cpt.

4 octobre, Turin.

Une dizaine de distributeurs de la banque BNL sont sabotés. On retrouve des tracts qui accusent la banque de complicité avec les Cpt et la guerre en Irak.

12 octobre, Caltanissetta.

Dans l’autobus sous escorte qui transfère 140 immigrés du Cpt de Pian del Lago à l’aéroport Fontanarossa di Catatonia, éclate une révolte : douze flics blessés et sept personnes qui s’enfuient dans les campagnes aux alentours.

21 octobre, Gorizia.

Occupation du siège de la Croix Verte de Gradiscia. Suite de quoi, l’association renonce à concourir pour l’appel d’offre pour la gestion du futur Cpt.

22 octobre, Bari.

Le siège de la Croix Rouge est occupé. Un mois plus tard, le directeur enverra une lettre à la préfecture dans laquelle il renonce à la gestion du Cpt de Bari en construction.

26 octobre, Turin.

« Torino Cronaca », le quotidien turinois porte-drapeau du racisme le plus imbécile et populiste, se plaint qu’une de ses voitures publicitaires ait été détruite au cours de la nuit.

Fin octobre, Rovereto.

Bogu, un anarchiste croate qui réside depuis dix ans dans le coin et marié à une italienne, reçoit une injonction à quitter de territoire, signé par le préfet de Trento. Démarre une mobilisation de solidarité avec lui et contre toutes les expulsions. Tout le mois de novembre se déroulent des assemblées, projections, rassemblements et une manifestation.

2 novembre, Caltanissetta.

43 évadés du Cpt de Pian del Lago.

12 novembre, Bergame.

Les guichets de trois banques dans la ville et la région sont endommagés à coups de molotovs et barres. Parmi eux, un de la Banca Intesa, impliquée dans la gestion du Cpt Regina Pacis.

23 novembre, Gorizia.

Un raid lors de l’ouverture du conseil municipal de Gradiscia permet à un groupe de manifestants de demander la suspension du raccordement au réseau d’égouts du Cpt.

2 décembre, Rome.

Un groupe d’étudiants occupe le siège où se tiendra le Conseil National delle Misericordie.

3 novembre, Rovereto.

Deux camions de Trenitalia partent en flammes. Le message de revendication fait référence aux responsabilités de la société ferroviaire dans la déportation des immigrés.

29 novembre, Rovereto.

Un groupe de personnes solidaires interrompt le conseil municipal en distribuant un texte dans lequel est soulignée la responsabilité des forces institutionnelles concernant l’éventuelle expulsion de Bogu. Quelques jours après, le tribunal décide le renouvellement du permis de séjour de l’anarchiste croate.

Sources : Cette Semaine n°88 (mars 2006), pp.22-23

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