Revenir aux brèves

Actions directes

Afrique

Allemagne

Amérique du Sud

Antifascisme

Asie

Australie

Belgique

Canada

Ecoles

Espagne

Etats-Unis

Europe

Faux-amis

Grèce

Italie

Keufs, juges, contrôleurs, militaires, journalistes...

Libération animale

Monde

Moyen/Proche-Orient

Notes critiques

Nuisances et Technologies

Parutions

Pays-Bas

Prisons & Centres de rétention

Publicité

Repression et Propagande policiere

Réacs de tous poils

Russie/Ukraine/Biélorussie

Solidarité(s)

Squats

Suisse

Turquie

Revenir à Cette Semaine

Bruxelles : d’une manifestation "contre la violence policière", d’un début de casse, et de plusieurs réactions...
(Le 6 juillet 2012)

La manifestation contre la violence policière a pris fin après la casse de deux voitures

Belga, 27 juin 2012

Les 250 manifestants rassemblés contre les violences policières qui sont partis de la place Poelaert, à Bruxelles, ont marché en perturbant la circulation dans le quartier Matonge, ont traversé la rue Belliard et se sont arrêtés dans la rue de l’Industrie où un jeune a tapé sur deux voitures avec une batte de base-ball. La majorité des manifestants a fortement condamné le geste et a décidé d’arrêter l’action. Ils se sont rassemblés au square de Meeus avant de se disperser.

Bien que seul un rassemblement statique devant le Palais de justice ait été autorisé, les policiers ont toléré la déambulation sauvage des jeunes dans les rues de Bruxelles. Aucun incident entre les jeunes et la police n’a été constaté. Organisé par la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) et les jeunes de la FGTB, le rassemblement pour contester les violences policières dont ont été victimes les manifestants du 17 juin a été rejoint par une trentaine d’associations. Pour rappel, le 17 juin, le Parti populaire a manifesté contre le "fascisme vert" de Sharia4Belgium. Le mouvement extrémiste Nation était venu le rejoindre. La JOC et la jeunesse FGTB avaient organisé une contre-manifestation pour s’opposer au libre défilé d’extrémistes dans les rues. De jeunes manifestants avaient brutalement été arrêtés à l’intérieur de la station de métro Trône.


Tabassé par des pacifistes

Indy bruxelles, vendredi 29 juin 2012 03:32 par bob le bricoleur

C’est très difficile de discuter avec les pacifistes non-violents aujourd’hui. Voilà pour eux.

Ça dure depuis ce matin, ça n’arrête pas. Insulté, caricaturé, démonté, menacé, remonté,...

À suivre les « articles » postés par certains, je peux me définir moi-même. Selon eux, j’ai 14 ans, un patch « anarchie » sur mon sac à dos, je n’ai jamais mis les pieds dans une manifestation avant celle d’hier, j’écoute du punk et du raggae, je fume des joints. Le profil type que nous venons de définir : ce serait le mien et celui d’un tas de gens qui étaient à cette fameuse manifestation antifasciste. Et notre crime, c’est d’avoir dit que c’était pas grave si cette voiture de l’OTAN s’était fait pété ses vitres, qu’on allait dénoncer personne à la police et qu’on allait continuer à manifester.

Donc ce morceaux de pare-brise fend l’air, je suis à une cinquantaine de mètres, d’autres sont proches, d’autres sont plus loin. Je me rapproche de la scène pour comprendre les hurlements. Avant d’ouvrir la bouche, un certain « XXX (nom enlevé par la modération-voir charte) » me hurle dessus, suivie par une certaine « YYY (nom enlevé par la modération-voir charte) », et un autre, et un autre. Apparemment, j’ai cassé un pare-brise. Ce qui m’étonne un peu, puisque mon bras ne doit pas mesurer plus de 70cm. Après m’être fait insulté sans avoir même pu casser ce fameux pare-brise, je/on retourne vers notre objectif.

Sauf que, la manifestation est dissoute. Ah bon ? Oui : nous sommes discrédités, écrasés, humiliés, la « honte nous envahit ». Apparemment, les mots d’ordre n’ont pas été respectés, j’ai beau relire l’appel, les quelques « communiqués satellites » émis par les trois organisations initiatrices. Rien. Je ne trouve aucune trace de ce fameux « rassemblement pacifiste ». Du coup, je me sens un peu niqué, on ne m’avait pas prévenu. Apparemment, XXX (nom enlevé par la modération-voir charte) et son ami qui hurlent son cadres à la JOC. Du coup je me dis que la JOC devait être au courant. Je demande à la JOC, qui n’est pas au courant non plus. Je me pose quelques questions sur la ligne politique de la JOC (mais qui sont-ils ?)

Ceci fait, je rentre chez moi. Je réfléchis sur la route. Je me demande si je me suis fait traité de « casseur » 4 fois en 1 minutes (en prenant un coup à mon égo, moi qui me trouvait une bonne mémoire) parce que j’ai moins de 30 ans ? On est sans doute tous le casseur de quelqu’un, disait l’autre. Et donc, je rentre chez moi, je réfléchis, je me dis qu’on avait tous un peu le même look. Que quelques manifestants (cette fameuse « YYY (nom enlevé par la modération-voir charte) » peut-être ?) veulent me dénoncer à la police, et que si j’avais su que j’allais finalement me prendre un procès pour dégradation et incitation à l’émeute, j’aurais vite été me faire le rétroviseur. Histoire de ne pas être venu pour rien.

Rentré, j’allume internet. Je pensais qu’on ne parlerait que de ces voitures partout. En fait, il y a deux ou trois lignes dans la presse. Des milliers sur ’Facebook’ me dit un ami, je vais donc voir ça à contre-coeur (je ne suis pas fan de facebook). Et ça n’est pas brillant : une véritable ratonnade. On confond absolument tout et n’importe quoi. Donc, ce sont « les jeunes en noir au début de la manif », ou alors c’est « Antifa bruxelles », ou alors c’est un flic infiltré. Deux ou trois personnes disent avoir tout filmé et s’apprêter à remettre les images à la police. Quelques personnes disent que « c’est quand même dommage qu’on ne puisse pas continuer à manifester sous ce prétexte », se fait à nouveau traiter de « casseur », de « décérébré », de « gamin de 5 ans ». Je me dis qu’on vit dans un monde formidable, tout est si simple : les gens violents sont « des gamins de 5 ans décérébrés, anarchistes ». On pourra aussi envoyer le profil type à la police.

Et surtout, la vraie question qui se cache là derrière, c’est le sens de la violence. La violence « Ce sont les processus qui permettent d’exercer un contrôle, une soumission, une direction sur quelqu’un ou sur quelques-uns ». Ce qui est apparemment la définition la plus large du terme, c’est aussi la plus étroite. Je mets les situations dans la phrase pour « savoir quoi ».

La presse qui n’a pratiquement rien dit, et qui n’a à peu près rien dit de ce qui était dans le communiqué de presse a donc été violente. Mais tout ce petit monde préfère me traiter moi de casseur.

Ces 5 personnes me hurlant dessus, m’empêchant de parler, me répétant ta gueule, parce que j’ai dit « soyons solidaires »,...

Bon, par contre on m’expliquera en quoi casser la vitre d’une Mini Rouge appartenant à l’organisation militaire la plus puissante des 60 dernières années est violent.

En fait, non. Ne me l’expliquez pas. Discutez sur « Facebook », insultez moi, diffusez mes photos, haïssez moi. Parlez d’un air tristounet des « générations futures » en considérant que « les casseurs » ne sont pas vos « enfants ».

Solidarité.


Le fracas de l’incompatible

Indy Bruxelles, vendredi 06 juillet 2012

Retour sur la manifestation du 27 juin 2012 à Bruxelles

Convertir qui que ce soit ne nous intéresse pas. Lutter pour ouvrir des brèches, se battre pour que de véritables espaces de discussion soient possibles, se soutenir et aiguiser la critique pour que chacun et chacune puisse développer son parcours et sa cohérence dans une perspective de libération, c’est ça qui nous tient à cœur.

Faire ici une plaidoirie pour la nécessité de l’attaque directe contre ce qui nous opprime, par tous les moyens que nous jugeons adéquats, nous paraît superflu. La question ne semble pas être là. Un abîme a toujours séparé ceux qui veulent imposer un nouvel ordre au monde, « un ordre meilleur » et ceux qui ne veulent plus d’ordre du tout. Entre ceux qui ont prêtés serment à la politique et ses manœuvres, à la stratégie au nom des « rapports de force », à l’organisation des masses et leur transformation non en individus libres et autonomes, mais en adhérents et spectateurs de l’idéologie de service ; et ceux qui refusent de soumettre la rage contre ce monde d’exploitation et de domination à des prérogatives autre que leurs volontés et leurs désirs, qui voient à travers l’action directe et l’auto-organisation les individus se débarrasser des rôles sociaux imposés et des idéologies, qui rejettent tout rappel à l’ordre de la part de qui que ce soit. Nous ne sommes ni des politiciens, ni des manipulateurs. Nous ne cherchons pas à camoufler cet abîme, mieux, nous essayons par tout moyen de l’approfondir. La révolte n’a jamais été une affaire de partis, de politicards en aspiration, de hiérarchies syndicales.

Si quelques vitres pétées d’une voiture d’un fonctionnaire de l’OTAN lors de la récente manifestation ont contribué à éclaircir les divergences, à briser la fausse unité entre des choses incompatibles, c’est probablement tant mieux. Qui aurait pu deviner qu’un geste aussi banal et aussi simple pourrait engendrer de telles polémiques ! On se souviendra des sourires qui sont apparus à ce moment-là sur les visages, de ces sourires de combativité et de joie de passer à l’attaque, de ces sourires qui marquent une complicité dans la révolte. Mais parallèlement, on se souviendra comment des petits chefs courraient comme des poulets sans tête pour éteindre le feu, en assumant leur rôle de pompier, en mettant immédiatement en pratique la délation. Et on se souviendra aussi comment ces leaders autoproclamés n’étaient pas du tout suivis par tout le monde et que leurs ordres et leurs menaces ont été accueillis par une franche hostilité.

Nous avons toujours défendu la nécessité de l’action directe et de la violence révolutionnaire. La question de l’opportunité de tel ou tel geste camoufle en effet assez souvent une volonté de diriger, de contrôler, de soumettre tout le monde à une même stratégie. A notre avis, une manifestation appartient à tous ceux qui y participent, et non aux seuls « organisateurs », c’est donc tant mieux si chacun y agit selon ses volontés et ses appréciations. Cela ne nous intéresse pas de former une masse qui serait manœuvrable pour servir les intérêts du politicard de service et aucune considération stratégique ou opportuniste ne pourrait nous amener à condamner ceux qui choisissent de passer à l’attaque.

Nous avons horreur de devoir nous boucher le nez au nom d’une fausse unité, nous préférons être clairs sur ce que nous pensons, et faisons. Si nous appelons à la révolte, si nous pensons que chacun et chacune est capable de saboter, de mille manières et selon ses préférences, les engrenages de la domination, c’est parce que nous luttons pour un monde où tout individu prend sa vie en main et ne reporte cette exigence vitale à aucun lendemain qui chante. Ceux qui viennent toujours nous harceler avec des discours comme « ce n’est pas le moment » sont ceux qui demain condamneront de toute façon toute geste de révolte individuelle ou collective au nom de leur stratégie politique. Il n’y a pas à se leurrer là-dessus, les discours politiques, aussi « radicaux » se présentent-ils, ont en vérité du mal à camoufler leurs véritables intentions.

Certains pourront ainsi dire qu’on a le droit de se défendre quand la police nous charge. Ils appelleront même à venir « casqués », symboliquement évidemment et au pire des cas, pour réduire le nombre de crânes ouverts. Mais attaquer, ça non. S’ils pensent pouvoir faire leur beurre sur les corps mutilés et les visages ensanglantés par la police, ce ne sera pas avec notre accord ou notre consentement ! Nous ne sommes pas des fanatiques de l’affrontement avec la police, mais pas non plus des moutons qui se laissent défoncer au nom d’une quelconque idéologie de la non-violence. Par contre, ce que nous défendons, c’est la capacité de chacun et chacune à passer à l’attaque, à ne pas attendre que les forces de l’ordre nous en empêchent ou nous attirent dans le piège d’un affrontement stérile. En effet, nous ne cherchons pas forcément des batailles rangées avec la police anti-émeute, qui sont « stériles » au sens où elles détournent trop souvent notre attention de ce que la flicaille essaye de protéger. Nous considérons plutôt la présence policière comme un obstacle à esquiver ou à éliminer (selon nos possibilités pratiques), pour que se déchaîne la fête destructrice. Ce n’est que très rarement qu’un face-à-face avec la police permet à une manif entière une plus grande liberté, un plus grande espace de mouvement, tandis qu’éviter d’attaquer là où ils nous attendent permet très souvent de mettre temporairement en échec le dispositif policier. Les exemples des émeutes dans les quartiers bruxellois sont d’ailleurs très parlantes à ce sujet.

D’autres diront que les gestes de révolte ne servent qu’à amener la répression. Franchement, ces gens-là ont une drôle de vision de la répression. Comme si celle-ci se résumait à des arrestations lors de manifestations, à des tabassages ou à des incarcérations. La répression est présente en permanence, dans chaque sphère de nos vies. Le travail salarié nous étouffe, la consommation nous dégrade, la domination nous empêche d’expérimenter la liberté, l’argent transforme nos vies en une course de rongeurs avec toujours plus de perdants, et vous avez le culot de dire que c’est la révolte qui attire la répression ? De la même manière que la répression est quotidienne, la révolte l’est aussi. Celui qui prêche le calcul, l’attente voire condamne toute velléité de rébellion, doit savoir qu’un fossé infranchissable le sépare de toute perspective révolutionnaire libertaire.

Sommes-nous en train de mettre tout le monde dans le même sac ? En rien ! A chacun son parcours, à chacun son rythme, à chacun ses expérimentations. Mais tout n’est pas compatible. Entre celui qui parle aux flics et celui qui s’oppose à la flicaille, il n’y a pas d’entente possible. Le second a souvent tendance à se conforter dans l’illusion qu’un jour, l’autre verra « la lumière » pour pouvoir s’y associer... sauf qu’entre-temps, le premier l’a déjà livré aux autorités. Il n’y pas de compatibilité entre celui qui prétend parler au nom de qui que ce soit, parce qu’il se trouve à la tête d’une quelconque organisation et s’accapare donc une prétendue légitimité à exiger l’obédience et la loyauté de ses sujets, et celui qui aspire à renforcer et approfondir l’autonomie de chaque être humain, aussi bien sur le niveau des idées que sur le niveau des pratiques.

Au lieu de prétendre à une fausse unité qui reporte la révolte à l’éternel lendemain, nous préférons voir, en taquinant un peu, un éclatement général, où la responsabilité d’agir ici et maintenant ne s’en remet plus à qui que ce soit. Au lieu d’observer les prétendus chefs d’organisations faire leur cuisine interne afin de rallier du monde derrière leurs drapeaux, nous préférons voir des milliers de petits groupes et d’individualités autonomes, avec leurs propres idées et perspectives, leurs propres pratiques et envies, s’accordant entre eux quand ils ressentent le besoin d’agir ensemble, mais refusant toujours d’abaisser leurs idées vers le plus petit dénominateur commun au nom de la stratégie. Car là, on ne serait plus en train de se découvrir, de tisser des liens de solidarité et de réciprocité mutuelles, mais en train de raffiner l’art liberticide du contorsionniste.

A l’heure actuelle, avec des conditions de vie qui se dégradent rapidement et une terreur étatique qui s’intensifie contre des couches toujours plus larges de la population, ce serait vraiment triste de ne pas trouver le courage d’affirmer que nous voulons une transformation révolutionnaire, c’est-à-dire, la destruction de toute domination et exploitation. Les réactionnaires de tout bord, qu’ils soient fascistes, islamistes, racistes ou autoritaires tout court, haussent leurs drapeaux et tentent d’enfermer sous leurs bannières la colère et le mécontentement latents. Nous ne nous sommes jamais hasardés sur le chemin de la politique et de ses compromis et ce n’est pas plus aujourd’hui que nous allons le faire. Nous pensons par contre que c’est le moment pour sortir de toute posture défensive, et de prendre d’assaut la domination, en mots et en actes, dans son entièreté. Si nous passons à l’attaque, ce n’est pas par seul goût de l’affrontement, mais parce que nous pensons que la dissémination d’attaques contient la possibilité de subvertir ce monde. Aux révoltés de Bruxelles et d’ailleurs, nous ne parlerons pas de modération, de politique et de calcul stratégique, mais d’une révolte sans brides contre toute autorité. En démontrant que la domination n’est pas invulnérable, que la révolte et l’action directe sont à la portée de tous et de toutes, et que tout ajournement fait le jeu du pouvoir.

Des vilains petits canards

Suivant
Imprimer l'article