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[Tract] Belgique : Émeute en prison - Révolte dehors
(Le 3 août 2012)

Émeute en prison - Révolte dehors

Indy Bruxelles, mercredi 01 août 2012 15:19

Voici un tract qui a été distribué à Saint-Gilles lundi 30 juillet. Une banderole a été posée entre deux poteaux à travers la rue. La banderole disait : "Révolte dans les taules, Saint-Gilles, Forest et ailleurs. Solidarité et feu à toutes les prisons."

Une dizaine de personnes ont subi un contrôle d’identité par la police. Le même soir, une autre banderole était accrochée autour du même lieu, et le même tract a de nouveau circulé dans le quartier.

Émeute en prison - Révolte dehors

Depuis des mois, la tension monte dans les maisons d’arrêt bruxelloises. L’une, Forest, est sur le point de s’écrouler, l’autre, Saint-Gilles qui se trouve juste à côté, sert de plus en plus de boîte à sardines. L’Etat a transféré des centaines de détenus de Forest à Saint-Gilles, et n’a fait que déplacer le problème. Le problème, celui que l’État a créé, ce sont les prisons pleines à craquer, et plus encore, l’enfermement tout court.

Ceux qui ne savent pas encore que dans les prisons bruxelloises, la situation est intenable, choisissent d’être aveugle ou sont volontairement sadiques. À quatre dans une cellule, matelas par terre, un seau comme wc (à Forest), pas assez de vêtements, pas assez de couverts, pas de soins pour les prisonniers qui souffrent de tuberculose, à peine une heure de promenade, les grèves de matons à gogo, les policiers qui les remplacent avec une main de fer ; pas de promenade, pas de visite, pas de douche, pas d’activités.

A Saint-Gilles, samedi 21 juillet, un détenu avait encore bouté le feu au matelas du cachot dans lequel il était gardé en isolement. Il a été blessé. Le délégué syndical Lardinois voulait encore étouffer la conflictualité existante en disant qu’il n’y avait "aucune tension particulière, que des motivations personnelles". Mais ils n’ont pas longtemps pu faire comme si de rien n’était. Le soir du lundi 23 juillet, le station de métro Albert, où les matons passent tous les jours pour rejoindre leur sale boulot, a été couverte de tags (sur les murs, sur les distributeurs de tickets,...) . On pouvait y lire entre autres "Prisons en feu, les matons au milieu", "Maton suicidé, à moitié pardonné", et puis quelques noms de délégués syndicaux suivis "charognes". Un tag visait aussi le supermarché "Delhaize exploiteurs" - le jour même était sorti un article disant que les détenus de Saint-Gilles paient jusqu’à 30 % plus cher pour la cantine, et que c’est notamment Delhaize qui la fournit.

Vendredi matin 27 juillet, une émeute a éclaté lors d’un transfert de détenu. Les médias ne donnent pas plus d’information, pour empêcher que cela puisse inciter d’autres révoltes ailleurs. On sait seulement que tous les matons ont quitté la prison, par crainte que pour une fois, les rôles s’inversent, que ce soient eux qui se fassent attaquer de tous les côtés. Plus de 750 détenus se sont retrouvés avec seulement trois matons restés sur place. La police refusait d’aller remplacer les matons, elle râlait en disant qu’elle ne pouvait pas venir encore, n’arrivant déjà pas à gérer le bordel dehors. Elle a fini par envoyer par une vingtaine de policiers quelques heures plus tard. Dimanche 29 juillet, un détenu attaque deux gardiens physiquement. Les deux sont légèrement blessés.

Le fait que ça explose à Saint-Gilles est une chose importante. C’est une solidarité directe exprimée contre ce qui se passe à Forest. Forest est dans un état pitoyable, l’État refuse de lâcher prise et continue d’y enfermer des centaines de prévenus en attente de leur procès, des sans papiers qui y sont enfermés pour des broutilles et surtout parce qu’ils n’ont pas le bon papier en poche, des gens arrêtés sur les transports en commun, devenu un vrai dispositif sécuritaire (avec ses portiques, cartes mobib, caméras, contrôleurs, service de prévention, policiers qui y circulent). Saint-Gilles par contre veut se vendre comme une prison tout à fait aménagée, et vient d’ouvrir une nouvelle aile. Les révoltes des détenus viennent briser une claire brèche dans cette mascarade, et remet la vraie question sur la table : au delà des conditions de détention dégueulasses, c’est l’enfermement même qui est à combattre.

Réfractaires à toute autorité, et à tout pouvoir, nous nous reconnaissons dans ces actes de révolte, car pour nous, la résistance contre cet existant est la seule manière de rester en vie. Aucun réformiste ne pourra nous convaincre que des améliorations ici et là pourront satisfaire notre soif de liberté, aucun pompier ne pourra nous convaincre qu’il faut attendre que la douleur passe, et que le bonheur est dans la résignation et la soumission. Nous voulons un monde sans prisons, parce que nous voulons expérimenter des rapports libres entre les gens. Des rapports qui peuvent naître dans une rupture avec ce monde où règne le fric, la consommation, l’autorité.

« En vrai, ce qui inquiète les hommes du pouvoir, ce n’est pas tant la question de savoir si la prison de Forest est invivable ou insalubre, mais plutôt la possibilité, pas si lointaine, qu’elle devienne ingérable. C’est-à-dire, que les prisonniers rassemblent leur courage, n’attendent plus la « bienveillance » des haut-placés et se révoltent, pas seulement comme un cri de vie et de liberté, mais pour détruire de fond en comble la prison. Aujourd’hui, à Forest comme dans d’autres prisons, il y a une occasion à saisir : endommager les aspects vitaux de la prison (comme les canalisations, les circuits électriques,...) pourrait entraîner leur fermeture. » disait un tract distribué en mai. Aujourd’hui, les détenus de Saint-Gilles ont lancé le signal de départ.

Soyons là pour en donner un écho.


Quelques hostilités par ici...

10 juin, prison de Bruges - Une trentaine de détenus refusent de réintégrer les cellules après le préau. Ils déclenchent leur rage sur les grillages, le mobilier du préau, les caméras et un début d’incendie vient accompagner quelques revendications exprimant des besoins vitaux des prisonniers. Ils s’affrontent avec les matons et ensuite avec les policiers, venus en grand renforts, armés jusqu’aux dents, avec des chiens. Ils se postent aussi tout autour de la prison, craignant des évasions.

Mi-juin, Saint-Gilles - A l’annonce d’une énième grève (cette fois-ci des services administratives et psycho-sociaux), des prisonniers refusent de regagner les cellules. Ils barricadent le préau pour contrer l’assaut donné par la police anti-émeute. Une autopompe vient sur place pour mater la révolte, des flics sont postés dans le quartier autour.

25 juin, Marche-en-Famenne - Six engins explosifs sont retrouvés sur le chantier de la future prison. Ils avaient été placés sur les grues, et n’ont pas pu causer de dégâts. Le travail a été mis à l’arrêt pendant quelques heures.

29 juin, à côté de la prison de Forest - De l’huile a été répandue sur la chaussée en plusieurs endroits avenue Albert et rue de la Jonction, à Forest, dans le but de perturber le fonctionnement de la prison. Trois banderoles ont été déployées par dessus les taches. On pouvait y lire, entre autres : "Matons = Bourreaux Nous voulons vivre !" et "Nos passions pour la liberté sont plus fortes que vos barreaux !". Le nettoyage des lieux a nécessité plusieurs heures.

16 juillet, maison d’arrêt de Louvain - Lors d’une fouille de cellule, deux détenus ne se laissent pas faire et résistent. Ils sont ensuite tabassés par une dizaine de matons armés de matraques.

17 juillet, Louvain - Le centre-ville est couvert de tags, entre autres "Ils crient morale, travail, barreaux ; nous répondons révolution, courage et solidarité" et "Solidarité avec les prisonniers en lutte".

21 juillet, prison de Saint Gilles - Un détenu brûle le matelas d’un cachot.

22 juillet, Laeken - Un policier est roué de coups lors d’une tentative de contrôle de véhicule. L’homme visé par le contrôle s’est défendu, une foule est venue pour l’aider à attaquer le flic.

23 juillet, métro Albert - La station par où passent tous les matons est couvert de tags dirigés contre eux.

27 juillet, prison de Saint-Gilles - Une émeute éclate lors d’un transfert de détenu.

29 juillet, prison de Saint-Gilles - Un détenu attaque deux gardiens.

Quelques hostilités au-delà des frontières...

Avril, Rennes, France - Des détenus s’emparent des clés d’un surveillant et ouvrent les portes des cellules. Une mutinerie éclate ; des produits sont déversés au sol, des caméras sont détruites et il y a un début d’incendie.

Début mai, Lille (FR) - Des détenus se retranchent dans un atelier et s’arment avec les outils sur place. Deux jours avant, deux surveillants avaient été attaqués par un détenu.

2 mai, Ducos, Martinique - Des détenus se barricadent dans une unité et saccagent le mobilier après une fouille de surveillants.

Les mois d’été Roanne (FR) - Une manifestation dehors vient appuyer des revendications des détenus à l’intérieur. Un prisonnier met le feu à la cellule, des accrochages ont lieu entre détenus et matons. Un blocage de préau des détenus gardés en régime strict est suivi par des matraquages par les matons armés. Les prisonniers lancent des projectiles depuis les cellules et filment la scène, par la suite largement diffusé à l’extérieur. Dehors, des affiches sont collées avec les noms des matons bourreaux. Malgré des transferts de certains détenus rebelles et la mutation du directeur pour apaiser la révolte, les tensions continuent de monter.

14 juin Arco, Italie - 9 véhicules de l’entreprise Marr qui s’enrichit en fournissant de la bouffe à plusieurs prisons sont incendiés.

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