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Italie : nouvelle série de perquisitions contre les compagnons de Bologne (et pas que)
(Le 14 août 2012)

Opération Mangiafuoco : la femme-canon
et autres phénomènes de foire

A l’aube de mercredi 8 août, des carabiniers du ROS [Département des opérations spéciales] se présentent aux portes de 20 domiciles -principalement en Emilie Romagne, mais aussi à Rome, Arezzo et même en Allemagne- sur mandat du couple Cieri-Scandellari, la nouvelle génération d’acrobates du parquet de Bologne. Dans plusieurs endroits, les héros en uniforme s’exhibent en défonçant les portes et en pointant leur flingue contre des compagnons stupéfaits. L’enquête met sous accusation 17 personnes pour « association de malfaiteurs » visant à effectuer des incendies et des dégâts suite à ces incendies, le tout bien sûr aggravé par l’immanquable « finalité terroriste » [subversive, en Italie]. Des rares papiers qu’ils nous ont laissés et des articles des bouffons de la presse, on apprend que les accusations concernent quelques faits spécifiques survenus à Bologne entre fin 2010 et mi-2011, en particulier les attaques contre un bâtiment d’IBM, un restaurant de la chaîne Roadhouse grill, et les laboratoires de recherche de l’Université d’Agronomie d’Ozzano (BO).

Les individus concernés par ces mises en examen et perquisitions n’ont jamais fait mystère de défendre la nécessité d’analyses et de pratiques radicales qui ne séparent pas la lutte pour la libération animale de la lutte humaine et pour la terre. Qui conçoivent l’abattement de ce système comme le seul chemin pour obtenir la liberté de tous et de chacun de nous, tandis que de l’autre côté, le mouvement qui se définit de la seule libération animale en appelle aux lois et aux institutions pour faire cesser la pratique de la vivisection et des élevages qui lui sont liés, vend le véganisme comme l’objectif de la lutte contre l’esclavage animal et se réfère à une improbable abolition de ce dernier, démontrant uniquement sa préoccupation de réformer ce système et de le rendre plus « vegan » et soutenable. Dans un tel cadre, il semble aussi évident que les quelques-uns, qui plus est toujours plus isolés, qui continuent de porter certaines pratiques sont plus exposés à la répression.

Certaines des personnes concernées s’occupent de la gestion de la Caisse de solidarité Aracnide, en plus projet Equal Rights Forlì, et c’est dans ces maisons qu’ont été sequestrés 1300 et 1900 euros -bien qu’ils aient été déclarés comme des économies personnelles-, dans le but évident de frapper la solidarité avec les prisonniers et le travail de support et de contre-information menés par ces compagnons. Il s’agit d’un précédent très grave à l’intérieur de l’application de délits associatifs, dont nous devrons tenir compte.

Avec cette nouvelle opération, l’importance que l’appareil répressif accorde aux délits associatifs continue et s’aggrave toujours plus clairement. Il est aussi très important d’insérer ce qui s’est passé à l’intérieur du panorama répressif international, où se profile la nécessité de frapper et de freiner les attaques contre l’appareil technologique, qui est d’une importance fondamentale pour eux afin de sauver un marché saturé et un capitalisme en crise.

Cette dernière année et demie, Bologne a été l’objet privilégié de l’acharnement répressif. Le 6 avril 2011, avec l’Opération Outlaw, c’est l’espace de documentation Fuoriluogo qui a été fermé, inculpant 27 compagnons et compagnonnes pour « association de malfaiteurs à finalité subversive » et en incarcérant 5. A partir de moment-là, la pression policière a augmenté, des dizaines d’interdictions administratives de la ville ont été notifiées et des avis oraux [dernière étape avant la mise en résidence surveillée sur décision préfectorale], les interpellations sont devenues plus fréquentes et plus violentes, jusqu’à arriver au sabotage d’une voiture et une expulsion lors de laquelle ils ont tenté de démolir le toit sur lequel trois compagnons s’étaient postés contre l’expulsion, mettant concrètement leur vie en danger. Avec cette dernière vague de perquisitions, il semble qu’il existe une seconde opération, nommée « Mangiafuoco », qui utilise elle aussi l’instrument de l’ « association de malfaiteurs ».

Son objectif déclaré à travers les médias, est de relier la mouvance animaliste à la prétendue mouvance insurrectionaliste. A nos yeux, il semble par contre évident que l’intention du parquet de Bologne est de compléter la mise hors jeu de compagnons et compagnonnes qui luttent depuis des années dans cette ville. Ce qui rassemble ces deux opérations, et le contexte répressif dans lequel elles se produisent, c’est la volonté l’arrêter les attaques contre les intérêts qui régissent ce système.
Pour ceux qui commandent, il est certainement rassurant de réduire à une mouvance bien définie des attaques contre des colosses qui, comme l’ENI, IBM, des banques, des centres de recherche et d’exploitation animale, sont parmi les principaux responsables de l’exploitation et de la dévastation qui nous entourent.
Ce ne sont certainement pas ces tentatives qui freineront le risque que ces attaques se diffusent -comme l’a montré Equitalia [les impôts italiens, objets d’attaques répétées un peu partout, NdT]-, surtout en cette période où elles se concrétisent toujours plus comme une forme directe du mécontentement social que ce système n’est plus en mesure de contenir.

Quelques amis de Lucignolo*

* Un personnage du roman Pinocchio, tout comme d’ailleurs "Mangiafuoco" [Mangefeu]

Traduit par nos soins de l’italien de informa-azione, Lun, 13/08/2012 - 23:52


Rome : tags solidaires

Mercredi dans la nuit est apparu à Rome sur les murs de l’été un tag [géant] en solidarité avec les compagnons inculpés pour l’opération Mangiafuoco et avec les compagnons incarcérés pour l’opération Ardire.

Une accolade à tous !

AnarchistEs de Rome

NdT : On peut y lire "Notre feu brûle pour la liberté" et "Digos bâtards !"

Traduit de informa-azione, Ven, 10/08/2012 - 19:43

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