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Charleroi : l’audience de bourreaux ne se passe pas dans le calme
(Le 2 novembre 2012)

Charleroi - L’audience de bourreaux ne se passe pas dans le calme

Trois agents pénitentiaires sous haute sécurité. Les trois gardiens de Jamioulx avaient provoqué l’asphyxie d’un détenu lors d’un transfèrement.

[13 matons avaient fait l’intervention, trois seront poursuivis, symboliquement. Le jour suivant le meurtre de Mikail en prison, plusieurs manifestations avaient eu lieu dans le centre ville de Jamioulx (bloquant des carrefours, une banderole se référait aux tortures dans les prisons turques "Jamioulx=Midnight Express") et aussi devant la prison. Les proches de Mikail s’y étaient notamment rendu armés de kalashnikovs, exigeant que les gardiens assassins sortent de la prison. Par peur des représailles, les matons ont dû rester à leur tour enfermé bien longtemps après la fin de leur tour de garde. Aujourd’hui, plus de trois ans après, on n’a pas encore oublié...]

TRIBUNAL CHARLEROI C’est sous protection policière que Joël, Stéphane et Joseph, trois agents pénitentiaires de la prison de Jamioulx, ont comparu devant le tribunal correctionnel de Charleroi. Depuis ce jour d’août 2009 qui s’est conclu par la mort de Mikaïl Takin, un détenu de 31 ans, leur tête est mise à prix par des proches de la victime.

Hier, ils devaient affronter la justice, mais également le regard pesant de parties civiles très démonstratives. Poursuivis pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, les trois prévenus ont dû réexpliquer les gestes réalisés lors de l’intervention qui a causé la mort du prisonnier par asphyxie, lors d’un transfèrement entre sa cellule et le cachot. Mikaïl Takin était ce que l’on peut appeler une armoire à glace.

À son mètre nonante et ses cent kilos de muscles s’ajoutaient quelques troubles psychologiques le rendant enclin aux sautes d’humeur. Bref, ce jour-là, il s’est rebellé lorsqu’il a fallu le placer en cellule de réflexion. "Il m’a craché dessus et s’apprêtait à me frapper", raconte Joël, justifiant l’usage de la force pour maîtriser le sujet.

On s’y est mis à trois pour immobiliser le forcené, en lui faisant une clé de bras, en bloquant ses membres et en appuyant sur sa cage thoracique pour le tenir au sol. Une fois paralysé, les menottes dans le dos, Mikaïl Tekin a été soulevé et emmené au cachot. En chemin, il a perdu connaissance définitivement. Il est mort quelques minutes plus tard. Selon le médecin légiste, le décès s’explique par trois facteurs en cascade. D’une part, la clé de bras qui provoque la fracture du larynx. Une blessure mortelle dans la grande majorité des cas et qui est causée par une manœuvre de strangulation. Question : est-ce que cette pression s’est accentuée lorsque Joël est tombé avec le détenu, en maintenant sa clé ? Sans doute, dit le professeur, sans pouvoir dire quand exactement le larynx a cédé. À cela, il faut ajouter la pression thoracique et le déplacement en suspension, qui a affaibli les capacités respiratoires. De leur côté, les agents pénitentiaires ont expliqué avoir voulu régler le conflit par le dialogue. Sans succès, ils ont utilisé la force en appliquant des méthodes qu’ils ont apprises lors de quelques rares formations. "Trois demi-journées tout au plus, sans recyclage", ont-ils déclaré. Est-ce donc leur réaction ou le système pénitentiaire dans son ensemble qui a causé la mort de ce détenu ?

25.10.2012 http://www.dhnet.be/dhjournal/archives_det.phtml ?id=1302998

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