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Bruxelles : Infos sur la lutte contre la construction d’une maxi-prison et tout ce qui nous opprime
(Le 5 avril 2013)

En lutte !

Contre la construction d’une maxi-prison et tout ce qui nous opprime

L’État veut construire 13 nouvelles prisons, dont une au nord de Bruxelles, à Haren. Soi-disant pour fermer St gilles et Forest. Ce projet nous fout la rage ! La taule de Haren sera la plus grande prison jamais construite en Belgique. Elle pourra enfermer au moins 1200 personnes, et concentrera la plupart des régimes carcéraux qui existent : des femmes, des mineurs, des prévenus en attente de jugement, des personnes sous internement psychiatrique. Et même un tribunal pour ne plus avoir à faire de transferts.
Nous luttons contre ce projet parce que les taules nous font horreur, que nous ne voulons d’aucune prison, pas même des nouvelles hyper modernes et des mensonges d’humanisation qui vont avec. Ils veulent nous endormir avec leur discours, mais une cage reste une cage. Les prisons, servent à enfermer ceux qui nuisent au pouvoir. Ils sont privés de leur liberté de mouvement et parqués comme des chiens, cachés derrière des murs, pour bien nous faire comprendre ce que ça coûte de pas respecter les lois. Régulièrement, des personnes sont torturées par les matons qui se croient tout permis. La loi couvre les tabassages, et les scandales qui éclatent de temps à autre le prouvent bien. L’Etat se garde le monopole de la violence pour nous maintenir sous contrôle et que nous restions de bon petits citoyens obéissants et travailleurs. Et les autres finiront au trou !

Nous ne luttons pas pour « dénoncer les mauvais traitements », ni exiger de meilleurs conditions de détention, une meilleure police ou un capitalisme moins brutal. On n’a aucun espoir que l’Etat nous écoute, on n’a rien à attendre ni à demander. Que ce soit en Grèce ou en Espagne, y’a des milliers de gens dans les rues, qui expriment leur dégoût et leur colère, et l’Etat leur envoie les keufs et multiplie les mesures d’austérité. En vrai, la répression devient de jour en jour plus présente, et le pouvoir lui, renonce à aucun de ses projets pour faire toujours plus de fric. On licencie des milliers de personnes d’un côté, et on construit des taules de l’autre. La crise c’est pas dans le sécuritaire, on pourra devenir maton, vigile, ou contrôleur ! Mais si on mange pas de ce pain là, et qu’on choisit la débrouille en marge de la loi, ce sera p’têt les anciens collègues de boulot qui auront les clés de notre cellule...

On est tellement scotché dans la survie que c’est dur de capter ce qui se trame. Et ça, c’est tout sauf un hasard. On est tellement moins dangereux abruti par le taf, la télé et les pubs ! Obligé de trouver du fric, de travailler pour payer notre vie de galérien, notre loyer toujours trop cher pour un espace minuscule, notre bouffe pleine de poisons. On nous bourre le crâne jusqu’à ce qu’on trouve ça normal de passer notre vie à taffer et à se consoler en achetant des télés, des portables et des fringues. On veut nous dresser à coup de propagande. Citoyens par ci, intégration par là, droit de vote, « liberté » de manifester, « liberté » de s’exprimer. On nous a tellement répété que la démocratie c’était mieux que la dictature qu’on n’ose même plus réfléchir à ce que ça veut dire « liberté ».
Mais qu’est ce qu’on attend ? Des gens torturés à mort par les keufs, ou qui se font tabasser salement en manifs, y’en a déjà. Des caméras pour nous surveiller, y’en a déjà. Et des flics avec des uniformes de toutes les couleurs à tous les coins de rue pour que ça fasse pas trop peur aux touristes, aussi. Y’a tout un paquet de prisons qui se prépare ! Tout est mis en place pour qu’on accepte bien gentiment de faire tourner ce monde de merde.

Y a pas de mot suffisant pour décrire ce qu’on subit tous les jours. Tout le monde en bave, c’est chacun pour soi alors que tout le monde galère. Mais tant qu’on est vivant, on a la possibilité de reprendre sa vie en main. Comme en Egypte ou en Tunisie, un petit accrochage peut embraser la ville. Tous les pouvoirs gardent bien en tête que ça peut péter d’un moment à l’autre. Ceux qui ont la puissance et le fric ne sont pas prêts à lâcher leurs privilèges. Ils font tout pour écraser les possibilités de révolte, parce qu’ils savent très bien que leur pouvoir n’est pas indestructible. Ils voudraient canaliser nos rages pour qu’on respecte les "lois" et "la démocratie", et qu’on perde notre temps avec des partis politiques ou des syndicats, à faire semblant d’améliorer le quotidien. C’est juste une façon de plus pour qu’on reste calme, et que toute cette colère qu’ils créent ne se transforme pas vraiment en menace. Mais on n’a pas besoin de ça. On n’a pas besoin de chef, pour nous dire quoi faire et comment, même si on arrête pas de nous faire croire que la hiérarchie c’est indispensable. On peut décider pour nous mêmes. On peut très bien s’organiser, en se rencontrant, et même en petit nombre, discuter de tout ce qui peut être fait.

Parce que cette nouvelle taule va pas seulement nous compliquer la vie.
Parce qu’elle va aussi rajouter une couche de souffrance, puisque ce sera 1200 personnes en plus dans les cages de l’Etat.
Parce que la vie s’annonce de plus en plus difficile, et que de plus en plus de personnes vont se retrouver avec la menace de la taule au dessus de leur tête.
Parce que le pouvoir a besoin de cette taule pour nous faire peur et qu’on se tienne tranquille.

Cette prison ne sera pas construite sur notre résignation. Ce chantier peut être empêché, mais surtout, le pouvoir est partout autour de nous, et partout où il est, il peut être attaqué. Il n’y aura jamais assez de flics pour surveiller tout qui permet à la ville de nous étouffer. Soyons ingouvernables, et attaquons tout ce qui nous détruit !


Rassemblement St-Gilles

Après des distributions assez intensives de nombreux tracts (dans la rue, sur le marché, dans les boîtes aux lettres, devant les prisons, dans les prisons, aux sorties de métro,...) les jours précédents, un rassemblement contre la construction d’une maxi-prison a eu lieu le samedi 16 mars à côté de la Porte de Hal (St-Gilles).
Quelques dizaines de personnes ont participé au rassemblement, qui a surtout permis de marquer la volonté d’une lutte radicale contre cette nouvelle prison et ce qu’elle signifie dans les transformations de Bruxelles. Deux banderoles étaient accrochées, il y avait du son et une table de presse avec des tracts, brochures, autocollants, affiches etc. Comme lors des distributions précédentes, les réactions des gens dans la rue étaient, en général, franchement sympathiques et intéressées, démontrant parfois une claire volonté de lutter.
Il s’agit donc de s’auto-organiser pour donner corps et âme à cette lutte, pour trouver des angles d’attaques et des espaces autonomes de discussion, loin des partis, syndicats et politiciens de tout genre. Lors du rassemblement, la police était présente dans les rues alentours (une dizaine de fourgons anti-émeute de la police fédérale, l’autopompe et quelques équipes de flics en civil), mais n’est pas intervenue.

Dans le quartier bien couvert d’affiches contre la maxi-prison, de graffitis, de banderoles, une petite manif sauvage contre la construction d’une maxi-prison et la ville-prison à parcouru quelques jours plus tard les rues de Saint-Gilles, faisant beaucoup de bruit à coups de "Ni flic, ni maton, ni maxi-prison - Ni fric, ni patron, vive la rébellion" et de pétards.

Partout et toujours, la liberté ne se donne pas, elle se prend. Que la peur change de camp et que la lutte reprenne la rue !

Pour plus de nouvelles sur la lutte contre la construction d’une maxi-prison à Bruxelles, allez sur www.lacavale.be où se trouve également un court-métrage “Maxi-prison vs Maxi-rébellion”.

[Articles tirés de Hors-Service n°35, feuille anarchiste bruxelloise, 5 avril 2013]

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