Revenir aux brèves

Actions directes

Afrique

Allemagne

Amérique du Sud

Antifascisme

Asie

Australie

Belgique

Canada

Ecoles

Espagne

Etats-Unis

Europe

Faux-amis

Grèce

Italie

Keufs, juges, contrôleurs, militaires, journalistes...

Libération animale

Monde

Moyen/Proche-Orient

Notes critiques

Nuisances et Technologies

Parutions

Pays-Bas

Prisons & Centres de rétention

Publicité

Repression et Propagande policiere

Réacs de tous poils

Russie/Ukraine/Biélorussie

Solidarité(s)

Squats

Suisse

Turquie

Revenir à Cette Semaine

Mais qui fabrique les uniformes de la police ?
(Le 25 avril 2013)

Armor Lux déshabillée par Eminence et Saint James

Le Figaro, 19/04/2013 à 10:43

Une de perdue, vingt de retrouvées... Ce pourrait être la morale de cette histoire plus épineuse qu’il n’y paraît, mêlant passation de marchés publics, « made in France » et emplois. Le marché de l’habillement des 120.000 fonctionnaires de la police nationale et ses 24 millions d’euros, jusqu’alors détenu par l’entreprise finistérienne Armor Lux, est en effet en passe d’être attribué, en toute légalité concurrentielle, à une vingtaine d’autres entreprises regroupées dans Cofely Ineo, une filiale de GDF Suez spécialisée dans la logistique et l’intégration de solutions pour des entreprises privées et publiques.

Mais Arnaud Montebourg, très attaché à Armor Lux, dont il avait arboré une marinière pour défendre le « made in France », s’est publiquement ému du manque à gagner pour la PME. Le ministre a demandé au PDG de GDF Suez, Gérard Mestrallet, d’étudier la possibilité de faire bénéficier sa protégée d’« une partie du chiffre d’affaires et des pièces à réaliser ».

Une demande inattendue qui a immédiatement mis de l’eau dans le gaz, tant « elle semble remettre en cause les règles d’attribution des marchés publics », enrage un entrepreneur. Un autre : « Arnaud Montebourg est-il devenu le VRP d’Armor Lux ? » Natacha Bouchart, sénateur maire de Calais, « regrette » aussi l’intervention ministérielle, alors que La Calaisienne, qui pourrait être une des bénéficiaires du nouveau marché, est « titulaire du label Origine France Garantie, et pourrait, grâce à ce contrat, générer des emplois, notamment à Calais ». Dans ce dossier « comme dans d’autres, les offres sont bâties avec des PMI et PME françaises », rassure Gérard Mestrallet en réponse à Arnaud Montebourg. Le grand patron a « demandé à ses équipes d’étudier, dès que la procédure le permettra et dans le respect du Code des marchés publics, une possible collaboration avec d’autres entreprises de la filière textile et, notamment, les entreprises qui seraient sortantes », désignant Armor Lux à mots couverts.

En attendant, les entreprises emmenées par Cofely Ineo se réjouissent. Le contrat, qui devrait être officiel dans les semaines à venir, ferait travailler des centaines de salariés dans deux PME d’uniformes - La Calaisienne et Balsan -, mais aussi dans une vingtaine d’entreprises, des dessous Eminence aux chaussettes Tismail, en passant par Saint James. Cette PME normande est aussi réputée qu’Armor Lux pour ses... marinières. Saint James fournirait plus de 25.000 pulls marins « made in France » par an à la police sur quatre ans. Une sécurité bienvenue en temps de crise.

Suivant
Imprimer l'article