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Buenos Aires : Les anarchistes et la justice
(Le 4 juin 2013)

Les anarchistes et la justice

Traduit de l’espagnol de Indy Argentine, 19 mars 2013

Le texte suivant est le fruit de la réflexion des compagnons de la Bibliothèque Los libros de la Esquina (1) de Buenos Aires, après que l’un des participants, ainsi que deux autres personnes, aient été blessés par balles par la police. Ces tirs ont eu lieu au cours d’affrontements lors de l’expulsion d’un espace occupé, la Sala Alberdi du Centre Culturel San Martin, le 13 mars 2013 (2).

Lors des affrontements qui se sont produits à l’aube du mercredi 13 mars 2013, pour résister à l’expulsion de la Sala Alberdi, un compagnon de la Bibliothèque Los libros de la Esquina a été blessé par des coups de feu. Une balle de 9 mm lui a traversé la jambe gauche (près de l’aine), un éclat qui était resté à l’intérieur a ensuite été enlevé à l’hôpital. Nous n’avons pas le moindre doute sur le fait que ce sont des policiers (en uniforme ou pas) de la Metropolitana qui ont tiré sur les compagnons qui résistaient. Trois personnes ont été blessées par balles, plus de trente par des tirs de balles en caoutchouc et trois encore par l’utilisation des gaz et les coups. Il y a eu plusieurs arrestations. Nous souhaitons informer que nous, compagnons de la Bibliothèque, avons décidé de ne pas participer au processus légal qui consiste à porter plainte pour qu’une enquête soit ouverte sur les faits de cette nuit du 12 au 13 mars. Nous avons pris cette position collectivement, à partir aussi de la décision du compagnon blessé, considérant que si c’est lui qui a été touché cette fois-ci, n’importe qui se trouvant là sur le moment aurait pu être blessé ou tué.

Nous avons pris cette décision, car nous pensons qu’accuser est différent que se défendre d’une accusation, lorsque ce sont eux qui nous mettent en situation de défense en ayant recours à leurs instruments légaux - même s’il existe toujours la possibilité de ne leur reconnaître aucune autorité pour décider ce qu’ils font de nous et de mettre en évidence qu’ils ne disposent pour cela que de la force et de la violence de leurs institutions.

Conformément à notre vision de la lutte, nous choisissons de n’entrer dans leurs tribunaux que s’ils nous y obligent en tant qu’accusés, que prévenus, comme des ennemis, et non pas en position de plaignants, d’êtres sans défenses face à leur supposée omnipotence. Nous n’allons pas nous asseoir dans les salles mêmes où l’on condamne (à la torture de l’enfermement et à la mort dans l’oubli derrière les murs) les pauvres, les rebelles, celles et ceux qui luttent, pour réclamer au système judiciaire de résoudre ses contradictions. Nous préférons les rendre visibles selon nos possibilités par la propagande, par l’agitation et par la lutte, que de nous placer dans le cadre de leur légalité. Nous ne voulons pas et refusons de respecter quelque droit ou loi au dessus de nous. Nous parions sur notre force, celle de nos compagnons comme de celles et ceux avec qui nous nous reconnaissons dans une lutte partagée. Nous souhaitons éliminer de notre esprit et de nos pratiques la notion de punition pour entrevoir une justice n’ayant rien à voir avec les lois, les polices, les juges, les procureurs ou les prisons, ni avec la mentalité et les rapports qu’ils génèrent.

Nous ne méprisons aucunement la lutte que mènent, aussi sur le terrain légal, les compagnons qui soutiennent et se solidarisent avec des compagnons ou des personnes réprimées, torturées, assassinées, incarcérées ou poursuivies par l’Etat et ses institutions. Leur constance et leur fermeté contre la répression de tout Etat et Gouvernement sont un exemple dans la lutte. Simplement, nous faisons le choix d’affronter cette situation en partant de nos possibilités et en cohérence avec notre vision et nos valeurs, en comprenant tout ce que cela implique.

Pour nous il n’est ni suffisant, ni souhaitable que des policiers ou des responsables politiques finissent derrière les barreaux. Nous voulons que les prisons, la police, les tribunaux et les juges, l’Etat, le Capital et tous ceux qui servent leur domination cessent d’exister. C’est pourquoi nous faisons le pari de l’autonomie, en affirmant la liberté et en niant l’autorité.

Biblioteca Los libros de la Esquina

NdT :
1. Los libros de la Esquina est une bibliothèque anarchiste ouverte depuis 7 années à Buenos Aires dans le quartier de Barracas, situé à côté de celui de La Boca. Son adresse est au croisement de Av. Regimiento Patricios 405 et Arzobispo Espinoza.
2. La salle Alberdi du centre culturel San Martín était occupée depuis août 2010 par un collectif artistique contre-culturel. Un campement avait été monté dans la rue (plaza Seca) pour protéger le squat de l’expulsion, composé de gens très variés, dont des camarades et compagnons. Les charges de la police métropolitaine de Buenos Aires du 13 mars 2013, ont fait 16 blessés, dont plusieurs par balles. En face, la frange émeutière partie en manif sauvage avait pierres et molotovs, barricades de conteneurs à poubelles et pneus enflammés dans tout le quartier. Lors des premiers affrontements, des vitrines sont aussi tombées...

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