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Brésil : résumé des désordres antipatriotiques du 7 septembre dernier
(Le 20 septembre 2013)

Brésil : désordres antipatriotiques du 7 septembre

Traduit tout court de l’espagnol d’après un résumé de récits parus sur le site brésilien Cumplicidade, sur contrainfo, 16 September 2013

C’est avec grand plaisir que nous avons appris par le site de contre-information Cumplicidade que les fêtes annuelles à vomir du 7 septembre, journée de défilés militaires et de propagande patriotarde, ont été perturbées par la rage de groupes d’insurgés qui ont relevé la tête dans plusieurs villes brésiliennes.

A Porto Alegre, plusieurs groupes de personnes se sont réunis sur la Place Argentine pour ensuite descendre en direction de l’avenue où avait lieu le défilé militaire. En chemin, des tags ont été faits et des slogans criés.

Que l’on se souvienne, aucun des défilés militaires passés n’avait compté un contingent répressif comparable à celui de cette année. La Brigade Militaire n’a guère participé au défilé, tant elle était occupée à contenir toute révolte possible. Par ailleurs, la police anti-émeute avait placé des unités aux différents accès à l’avenue du défilé, y compris des forces de cavalerie. La Police Militaire (PE) est apparue avec de nouveaux équipements sophistiqués, des vêtements et des accessoires anti-émeutes. Dans un contexte d’extension des technologies répressives, un autre instrument de contrôle a été lancé dans les rues : une patrouille de la Brigade Militaire équipée de caméras sur le toit du véhicule et d’ordinateurs à bord, destinés à identifier les manifestant-es. Etait également présents une bande de civils, plus les militaires de service en réserve. L’image qu’ils voulaient donner était la suivante : n’essayez même pas d’approcher.

Mais cela n’a pas fonctionné et comme le disait un tag dans la rue : maintenant, nous n’avons plus peur. Les manifestant-es sont parvenus à briser l’encerclement policier et à interrompre le défilé. Après les premiers affrontements, les gens sont repartis vers le centre, où deux agences bancaires ont été défoncées, une de la Banque Itau (mécène de la Coupe du Monde) et l’autre de la Banque de Brasil (pour ce qu’elle est, une banque). En même temps on pouvait entendre les cris de « La police est violente, l’Etat est violent, une vitre ne sent rien, elle ne peut donc être violentée, cassons tout ».

Les insurgés ont accueilli avec des pierres et des containers renversés le grand contingent de police anti-émeute, cavalerie et troupe de choc venu pour réprimer. Le black bloc ne s’est dispersé que pour se reformer peu après et partir pour le Parc de Redenção, en jetant encore plus d’insultes aux militaires, près du monument des vétérans de la guerre. Tout patriote est un idiot !

Dans l’un des tracts lancés au cours de l’événement, on pouvait lire :

Nous ne nous trompons pas. Tant d’années d’exploitation, de domination et de militarisation des êtres.
Notre révolte se lève et cible.
Le massacre des peuples originaires par l’armée.
Le patriotisme comme farce de ce qui serait digne, qui anéantit des cultures.
Nous ne pouvons non plus oublier le massacre de Haïti ou tout ce que font les forces de l’armée brésilienne pour ouvrir le chemins aux chefs d’entreprises, comme faisant partie d’un plan d’exploitation de ces terres et de ces êtres.
Parce que l’armée, comme la police, sont là pour tuer, réprimer et assurer le privilège des riches et l’exploitation des pauvres : la paix sociale.
Ni armée, ni police, qu’elle soit civile ou militaire.
Nous n’oublions pas le sang versé.
Notre solidarité ne s’endort pas.
Notre mémoire est vivante.

A la fin de la journée, les murs murmuraient entre autres ces slogans : « le défilé sanglant, c’est la mort », « Sabotons l’Etat », « Si ce n’est pas maintenant, alors quand ? », « Militaire et merde, c’est la même chose », « l’Armée brésilienne assassine le peuple haïtien ».

Tandis que les manifestations combatives à rebours du pacifisme citoyen surgissent et se multiplient, les agents de la répression ne restent pas les bras croisés. Le blac block a été intensément suivi, avec une grande quantité de flics en civil (certains portaient même des foulards) sans vergogne, un grand travail a été accompli, consistant à prendre des photos et à filmer afin d’identifier les « vandales masqués ». Il est nécessaire que toutes les personnes impliquées, sans peurs ni paranoïas, tenions compte du perfectionnement de la culture de sécurité.

La tension qui s’est déchaînée le 7 septembre a touché presque toutes les régions du Brésil, ne laissant pas indemne la fête patriotique. A Rio de Janeiro, les insurgé-es se sont affrontés aux forces de l’ordre à coups de pierres, de pétards, d’encre, en érigeant des barricades et en faisant des dégâts divers, tandis que les flics utilisaient grenades de désencerclement, gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc, lançant ces derniers y compris en direction des misérables citoyens venus là pour assister au spectacle militaire en compagnie de leur progéniture. On parle de 12 personnes arrêtées et de 6 blessées, parmi lesquelles un enfant.

Pendant ce temps se poursuivent les assemblées de solidarité qui cherchent à soutenir les nombreuses personnes arrêtées. On compte parmi elles les 6 administrateurs de la page Facebook « Black Block Rio », accusées d’être les « leaders » du Black Block. Par ailleurs, il faut signaler que le 3 septembre, l’Assemblée Législative de Rio de Janeiro a voté une loi contre le port de la cagoule, selon laquelle quiconque se balade avec le visage masqué peut être arrêté et subir des conséquences pénales.

Dans la ville de Recife, la manifestation n’avait même pas commencé que les forces répressives ont commencé à charger. Arrestations, balles de caoutchouc, grenades de désencerclement, jusqu’à parvenir à disperser la foule. Pendant la chasse à l’homme, une banque a été défoncée. Le déploiement policier a été énorme : de nombreuses voitures et motos de patrouille, trois escadrons d’anti-émeutes, des unités du groupe d’opérations spéciales CORE, des hélicoptères et des soldats sur les trottoirs. Immédiatement, les manifestant-es se sont regroupés devant le commissariat de police Santo Amargo pour exiger la libération des détenu-es. Une manifestation pour le tarif zéro dans les transports publics est convoquée le 18 septembre.

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