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Buenos Aires : attaque explosive contre l’Ecole Judiciaire
(Le 21 septembre 2013)

[Cette traduction est donnée ici à titre de contribution au débat sur la question des sigles et de l’anonymat des attaques contre la domination]

Buenos Aires, explosion contre l’Ecole Judiciaire

Traduit tout court de l’espagnol de contrainfo, 17 September 2013

L’ambiance qui nous environne est asphyxiante et quiconque a dans les veines du sang digne plutôt que de l’eau trouble ne pourrait affirmer le contraire.

La démocratie gérée par l’exécutrice des basses œuvres, Cristina Kirchner, une de plus déguisée en progressiste et défenseure des droits de l’Homme, commence à montrer le revers de la même médaille.

Ainsi, l’ascension du nouveau ministre de la Sécurité, Alejandro Granados, avalisé par le narcotrafiquant Daniel Scioli, ne fait que rendre évident ce que nous sommes déjà beaucoup à savoir : la démocratie enferme, torture, poursuit, assassine et n’a rien à envier en cela à aucun autre régime politique.

Nous partageons les paroles de Granado, quant au fait que nous sommes en guerre et que c’est eux ou nous ... nous n’allons pas nous alarmer de ces déclarations, mais approfondir la lutte que nous menons contre tout type d’oppression de l’individu et des communautés libres.

Les millions investis en matière de sécurité, que soit dans le Système d’Identification Biométrique, que ce soit dans les milliers de caméras de surveillance, ou encore dans les gendarmes aux ordres qui contrôlent et punissent dans les quartiers périphériques, ne nous arrêtent et ne nous arrêteront pas.

Au sein du réseau complexe qui forme l’ennemi, nous considérons la justice comme un pilier fondamental, soutien irremplaçable dans la gestion de la misère.

Des entrepreneurs et politiques qui sollicitent et confectionnent les lois, jusqu’aux juges, avocats et policiers qui les appliquent, en passant par une grande partie de la société qui encourage ces mesures ou s’en rend complice par son indifférence à vomir.

Aujourd’hui, on médiatise le débat sur la baisse de l’âge de culpabilité pénale pour les mineurs, cherchant ainsi à légaliser et légitimer tout ce qui se passe de toutes manières : des enfants condamné-es à l’enfermement, au viol, aux vexations et à la mort, dans les camps de concentration de la démocratie que l’on appelle prisons.

Sans doute, dans un futur très proche, nous verrons de plus en plus de juges distribuer des années et des années de condamnations sur les vies de milliers de personnes, parmi lesquelles beaucoup, même si elles sont loin de nos valeurs et de nos principes, ou ne peuvent ni ne veulent échapper à la roue du consumérisme idiot, au moins ne décident pas d’offrir passivement leur échine au fouet du maître.

C’est dans ce contexte, et en le pensant comme un apport supplémentaire à la guerre que nous livrons contre toute autorité imposée, que le lundi 16 septembre, vers 2 heures du matin, nous avons attaqué l’Ecole Judiciaire du Conseil de la Magistrature du Pouvoir Judiciaire de la Nation au 386 Paraña, à quelques mètres de l’Avenue Corrientes, où les habitants acéphales de Buenos Aires passent du bar au théâtre, du cinéma au bordel, de la résignation à la lâcheté ; à quelques pâtés de maisons d’où les touristes se prennent en photo devant l’obélisque et repartent avec de bonnes cartes postales de l’Europe d’Amérique du Sud ...

Pour être plus précis, nous avons déposé à la porte de l’objectif repéré un engin artisanal composé d’une bouteille en plastique contenant un litre et demi d’essence, avec sur le côté 6 tubes bien fermés d’environ 10 cm chacun, tous remplis de poudre noire. Le mécanisme de déclenchement consistait en deux bâtons d’encens, dont la flamme descend jusqu’à deux mèches communes, qui à leur tour allument toute une ceinture d’allumettes, dont nous avions entouré la partie extérieure de la bouteille, et qui provoquent d’abord le feu et ensuite l’explosion.

Les résultats, bien que censurés par la presse, sont à la vue de quiconque passe dans le coin.

Si nous racontons comment nous avons fabriqué notre engin, c’est pour mettre en évidence qu’il n’y pas besoin de matériels exotiques, ni de techniques compliquées pour réaliser cette sorte d’attaque.

Il est clair, qu’il ne faut jamais laisser de côté le perfectionnement et la connaissance nécessaire de la manipulation et de la confection des divers explosifs et déclencheurs, mais l’information est là pour qui la cherche, et l’ingéniosité fera le reste. C’est pourquoi, en partageant la manière de faire un simple engin explosif/incendiaire, nous cherchons à stimuler celles et ceux qui adoptent une posture de confrontation dans le discours, mais en pratique ne font pas grand chose de plus de ce que ferait n’importe quel enfant des voisins.

L’information existe ; si on n’agit pas, c’est parce qu’on ne veut pas. Point barre.

Par ailleurs, nous ne voyons pas le fait de communiquer cette attaque comme une partie séparée de notre agir et notre penser anarchiste, mais plutôt comme n’étant qu’une facette supplémentaire de ces derniers. En effet, pratiquement tous les jours des actions anarchistes (illégalistes, pour la redondance) ont lieu sans être pour autant communiquées, pour différentes raisons qu’il appartient à chaque groupe ou individualité d’analyser pour tirer ses conclusions.
Comme cela a déjà été dit à diverses reprises, le silence ne signifie donc pas l’inaction ; c’est uniquement au vu de nos analyses que nous avons considéré nécessaire de communiquer cette action directe.

Nous croyons aussi en la qualité et pas en la quantité, car un rythme frénétique d’attaque ne suffit pas à masquer la carence des réflexions, de l’approfondissement du projet ou le manque de dialogue qui peut exister. Ce dernier point nous amène à porter une critique que nous aimerions partager avec respect, c’est-à-dire, plus être plus concrets, au projet de Fédération Anarchiste Informelle/Front Révolutionnaire International (FAI/FRI). Nous cherchons, en donnant notre avis, à apporter des points de vue pour, peut-être, de cette manière combattre la paralysie et la répétition de lieux communs, et promouvoir un débat sérieux parmi celles et ceux qui le considèrent opportun.

Il y a en ce moment des dizaines de cellules et groupes qui donnent forme à la FAI/FRI dans le monde, après que cette proposition née en Italie il y a environ 10 ans comme réponse aux injures de la Fédération Anarchiste Italienne, prenne un nouvel élan grâce aux compagnon-nes [grecs] de la Conspiration des Cellules du Feu.

Au delà des questions étymologiques de termes qui sont pour nous à rejeter (fédération, front) et ne considérant pas ce point comme si important, puisque, comme l’ont déjà dit jusque les compagnon-nes de la CCF « nous ne tenons pas le moins du monde aux mots. La communication internationale implique de nouvelles formes et possibilités de lutte qui ont peut être besoin de nouveaux mots pour nous exprimer », nous aimerions signaler le peu de proximité [entre les groupes] qui prime souvent sur ce que devrait être la coordination FAI/FRI.

A part quelques honorables exceptions, peu de communiqués ont posé un débat, et moins encore ont reçu de réponses, à ce qu’il nous semble. Et encore moins de campagnes frappant un même objectif dans différentes zones ont été réalisées [Ndt : débats à travers des communiqués d’action et propositions de campagnes à travers ces derniers font partie du projet FAI informelle d’après leurs textes initiaux, et justifiaient pour eux la création de cette organisation]. De plus, malheureusement, la plupart des revendications frisent la bravade et l’autoréférentiel, sans que semble être pris en considération l’intérêt de signer avec tel ou tel sigle.

Le fait d’être anarchistes ne doit pas nous priver de stratégie, de prudence, du fait de pouvoir précéder l’ennemi et, historiquement, l’absence de sigle en commun n’a rendu impossibles ni les coordinations, ni le débat entre des anarchistes de diverses régions. Nous nous demandons donc si, en nourrissant un imaginaire Front International, nous ne nous laisserions pas emporter une fois de plus par le spectaculaire, plutôt que d’être guidés par le sérieux, la force et le tranchant.

Nous voulons ainsi appeler les choses par leur nom, et non pas fantasmer. Il y a certainement des groupes qui se coordonnent et donnent des coups aiguisés, mais dans trop de cas, il semble que la seule chose qui les unisse soit la seule signature FAI/FRI.

Nous sommes toujours attentif-ves à ces questions, ainsi qu’à la recherche de la manière de continuer la guerre sociale que nous menons, non pas à partir de la peur ou du repentir, mais de l’évolution et de la lucidité ... peut-être tout-e anarchiste est-il destiné-e à la prison ou au cimetière, en tout cas nous l’ignorons, mais nous souhaitons retarder ce moment autant que nous le pouvons, non pas selon une vision vitaliste ou de commodité, mais parce que nous sommes heureux-ses de donner des coups, d’attaquer, de conspirer, d’incendier. Nous ne voulons pas davantage de martyres ni de charognes qui en bouffent ; nous voulons, comme le disaient des compagnon-nes d’une autre tendance mais dont nous soulignons l’engagement et le courage, la réalisation de l’orgie des rêves, ici et maintenant.

Nous n’avons rien de plus à ajouter pour le moment, nous verrons ce qui se passe à partir de ces lignes écrites, en partant du respect et de la reconnaissance de celles et ceux qui sortent pour affronter l’ennemi et ne restent pas dans la sécurité de la pure théorie.

Nous profitons de cette occasion pour envoyer notre affection aux compagnon-nes détenus et torturés en Uruguay, maintenant dehors, mais toujours sous le coup des filatures et des menaces.

Solidarité active avec Gabriel Pombo Da Silva emprisonné en Espagne, Marco Camenisch emprisonné en Suisse, Nicolas Gai et Alfredo Cospito emprisonnés en Italie ; solidarité active avec Hans Niemeyer, Alberto Olivares, Freddy Fuentevilla, Marcelo Villaroel, Juan Aliste emprisonnés au Chili, aux frères et sœurs emprisonné-es en Grèce et à tou-tes les prisonnier-es dignes dans les cellules argentines.

Beaucoup de force et d’amour pour Felicity Ryder et Diego Rios, même dans la situation difficile où nous pouvons imaginer qu’ils se trouvent. Espérons que ces lignes leur parviendront et qu’ils sauront qu’ils ne sont pas seuls.

Nous saluons les émeutes au Brésil, en Colombie et au Mexique !
La conspiration pour la vengeance ne s’arrête pas !

VIVE L’ANARCHIE !

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