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Chalon-sur-Saône : incendie volontaire d’un bus scolaire
(Le 27 septembre 2007)

Chalon, 27/09, AFP :

Un incendie criminel a entièrement détruit un bus jeudi (27/09) soir à Chalon-sur-Saône, sans faire de victime. Plus aucun bus ne circule vendredi dans la ville, les chauffeurs du réseau ayant exercé leur droit de retrait.

Le bus transportait une quarantaine de personnes vers 18h30, mais les passagers ont eu le temps de quitter le véhicule avant qu’il ne soit détruit par l’incendie. Aucun n’a été blessé. D’après les premiers éléments de l’enquête, le feu a été mis à une banquette arrière du bus, par un ou plusieurs jeunes passagers, qui sont montés à un arrêt desservant deux lycées chalonnais et sont ensuite rapidement descendus. Le chauffeur a tenté en vain d’éteindre l’incendie à l’aide de son extincteur, pendant que les usagers quittaient le bus, qui s’est embrasé en plein centre de Chalon."

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Le Bien-Public : vendredi 28 septembre 2007

LES PASSAGERS SONT SAINS ET SAUFS Chalon : Un bus incendié en plein centre-ville

Alors qu’il circulait aux heures de pointe, un bus transportant des passagers a pris feu en plein centre-ville de Chalon. Un acte criminel qui heureusement n’a pas fait de blessé.

A l’heure où se déroule le procès à Marseille des jeunes qui ont mis le feu à un bus, faisant une victime gravement brûlée, les faits se réitèrent mais cette fois-ci à Chalon-sur-Saône. En heure de pointe, alors que se trouvaient à son bord près de cinquante passagers, un bus du Grand Chalon a été volontairement incendié en plein centre-ville, boulevard de la République. Par chance, tous les passagers ont pu fuir le transport en commun avant que celui-ci ne s’embrase totalement.

« Les flammes montaient à cinq, six mètres de haut », déclare un témoin de la scène. Celles-ci ont brûlé en partie le feuillage de l’arbre situé à l’arrêt du bus et la chaleur dégagée par le brasier a fissuré la vitrine de « Orange France Télécom », située à quelques mètres. Les pompiers de Chalon ont été dépêchés sur les lieux. A l’aide de deux lances à incendie, ils ont maîtrisé le sinistre mais le bus du Grand Chalon n’était plus qu’une carcasse fumante.

Le feu à une banquette

Les circonstances exactes de ce sinistre restent à déterminer, mais il ne fait aucun doute qu’il est d’origine criminelle. Les passagers ont pour la plupart pris la fuite avant l’arrivée des forces de l’ordre qui ont neutralisé tout le secteur en y interdisant tout trafic tandis que les soldats du feu avaient établi un périmètre de sécurité pour les piétons. D’après les premiers témoignages recueillis, des jeunes seraient à l’origine du sinistre. Ils auraient mis le feu à une banquette à l’arrière. Celui-ci ne se serait pas tout de suite propagé, laissant le temps aux passagers de sortir du véhicule. « Ce sont toujours les mêmes jeunes de Balleure et de Niepce qui sont assis derrière », explique une jeune passagère qui hier était à l’avant, « C’est une personne qui allait monter dans le bus qui a alerté que ça brûlait à l’arrière », poursuit la lycéenne, « Le chauffeur a aussi essayé d’éteindre le feu avec un extincteur ». Mais son intervention n’a pas suffi. Les flammes se sont rapidement propagées aux autres banquettes avant d’embraser l’ensemble du transport en commun. « J’allais à la boutique de téléphones quand j’ai vu beaucoup de gens à l’arrêt du bus, ça m’a intrigué car le bus était vide », témoigne une dame, présente sur les lieux, « Le conducteur était en train de faire quelque chose et un homme avec une mallette a dit que des jeunes avaient mis le feu ». De là où elle était, elle ne voyait rien d’anormal. « Puis le feu a pris, et les flammes se sont propagées en quelques instants », raconte-t-elle, « j’ai vu des jeunes prendre des photos avec leur portable et ils disaient « Ouais, Cool » devant le bus embrasé, les vitres ont éclaté, il y avait une fumée acre ». La femme s’est dite « hallucinée, choquée et écœurée par cette violence ». Un acte criminel qu’elle juge «  pitoyable ». Et elle n’a pas été la seule.

« Un bus complètement brûlé, mais où on va ? », s’est interrogé Dominique Juillot, président du Grand Chalon qui portera plainte pour la destruction de ce véhicule d’une valeur de 200 000 €. « Je demanderai la plus grande fermeté pour les auteurs. Qu’ils soient mineurs ou majeurs. On ne peut pas accepter des choses comme ça. Il aurait pu y avoir des handicapés, des personnes âgées et des enfants parmi les passagers », a-t-il insisté, «  Dans un bus plein, prendre le risque d’y mettre le feu, c’est soit irresponsable, soit criminel. ». Ces derniers mois, le Grand Chalon avait pourtant renforcé la sécurité sur certaines lignes jugées « à risque » en introduisant des caméras de surveillance et deux agents d’accompagnement. « Nous avons même une convention avec le Parquet de Chalon pour que ce genre d’incivilité soit instruit tout de suite », a-t-il souligné. « Depuis le début de la semaine, nous avions des problèmes sur cette ligne spéciale 1 qui fait Balleure-Niepce-Salvador Allende », a précisé Christian Simon, adjoint délégué à la sécurité à Chalon, « Des plaintes ont été déposées pour incivilités et vandalismes ». Catherine ZAHRA

Le maire de Chalon réagit « Je condamne avec force le comportement irresponsable de ceux qui ont mis le feu à un bus. Cet incendie survenu à une heure de forte affluence et en plein centre-ville aurait pu avoir des conséquences dramatiques au plan humain. C’est la sécurité des passagers et du chauffeur qui a été mise en jeu. C’est un équipement collectif financé par les contribuables qui se trouve détruit. Un tel acte de violence gratuite est inacceptable et ne peut susciter que colère et incompréhension. Les auteurs de cet incendie criminel n’ont aucune excuse et doivent être sanctionnés avec la sévérité que justifie leur geste ».

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le Bien Public, mercredi 3 octobre 2007

ils voulaient fêter l’affaire de marseille Bus incendié à Chalon : Trois lycéens interpellés

Un lycéen chalonnais, âgé de moins de 16 ans, est fortement soupçonné d’être l’incendiaire du bus. L’affaire de Marseille serait à la base de la mise en scène qui a provoqué le sinistre jeudi dernier.

Dans le cadre de l’affaire du bus incendié à Chalon-sur-Saône jeudi soir dernier, les policiers ont procédé à trois interpellations sur la ville, hier matin à 6 heures, l’heure légale d’une perquisition. Disposant d’éléments tangibles, les enquêteurs ont resserré leurs investigations sur le groupe installé à l’arrière du bus, ce qui aurait permis d’identifier les auteurs présumés.

Aucune source proche de l’enquête n’a souhaité communiquer mais selon nos informations, parmi ces personnes mises en cause dont deux majeurs, un mineur chalonnais âgé de moins de 16 ans est fortement suspecté d’avoir mis le feu grâce à un produit inflammable, du blanc correcteur dont l’usage initial sert à corriger des fautes sur des documents papiers.

L’adolescent, en classe de BEP chaudronnerie, aurait été exclu de son établissement, le lycée Balleure, le jour où l’incendie a détruit le transport en commun. Il avait brûlé la main d’un camarade de classe avec un chalumeau et avait fait l’objet d’un renvoi immédiat. Sa présence dans le bus jeudi dernier devait donc être son dernier trajet dans ce transport public.

Hier et alors que sa garde à vue a été prolongée, il n’a livré aucun aveu devant les forces de l’ordre.

Jeudi soir, 18 heures, avenue Boucicaut. Le bus de la ligne 1 servant de renfort spécial aux lycéens de Niepce et Balleure prend la direction du centre-ville, bondé comme à son habitude. A l’arrière, un groupe de lycéens s’agite et dans la surenchère de défis, ils dessinent au sol du véhicule la forme d’un gâteau d’anniversaire avec l’aide du liquide composé d’hydrocarbures, le blanc correcteur et reprennent en chœur Happy Birthday. Sauf qu’aucun d’entre eux n’a à fêter son anniversaire ce fameux 27 septembre. Ils fredonnent en réalité la mélodie populaire en faisant allusion au procès de Marseille qui se poursuit ce même jour et où deux mineurs sont accusés d’avoir incendié un bus dans lequel une jeune femme avait été gravement brûlée. Clin d’œil sordide.

Reconstitution aujourd’hui

En guise de bougies, ils allument, à l’aide d’un briquet, le dessin blanchâtre tracé sur le sol qui s’enflamme rapidement alors que 43 personnes se trouvent à bord. Mais les jeunes éteignent ce départ de feu qu’ils viennent de provoquer tandis qu’un autre adolescent tente l’expérience de ce « cocktail » sur un siège. Cette fois-ci, grâce à un journal jeté sur le foyer, le feu s’est accéléré et a dégagé une épaisse fumée qui a alerté les autres passagers de la ligne 1. Moins d’un quart d’heure plus tard, la carcasse calcinée du bus restait plantée sur le boulevard de la République sans faire de victimes. Une reconstitution judiciaire discrète, dans un bus, devrait se dérouler aujourd’hui en réunissant les protagonistes principaux pour tenter d’établir les faits exacts qui se sont produits il y a une semaine. Si des charges suffisantes sont retenues contre ce mineur, il ne sera de toute façon pas écroué vu son jeune âge. Il n’aurait jamais fait l’objet de poursuites judiciaires et les faits dont il est soupçonné relèvent d’un délit et non d’un crime. Reste la solution d’un placement dans un centre éducatif fermé (CEF) ou dans un centre éducatif renforcé (CER). Quant aux personnes majeures et suivant leur niveau d’implication dans ce fait divers, un placement sous mandat de dépôt pourrait être prononcé à leur encontre. Le jeune homme impliqué dans ce dossier, qualifié de travail de fourmi par les policiers, avait commis un vol à l’étalage à l’âge de 13 ans : l’objet de son délit, un jeu de consol vidéo s’intitulant Burnout. Une bien étrange coïncidence moins de trois ans après puisque le mot burn en anglais signifie brûler.

Emmanuelle BOULAND et Catherine ZAHRA

« C’est un individu qui a agi, pas un élève » « Si la culpabilité d’un élève de Balleure est confirmée, cela va avoir des répercussions sur l’image de l’établissement », déplore Laurent Pierre, proviseur des lycées Balleure et Niepce, « alors que nous ne sommes en rien responsables de ce qui se passe à l’extérieur. Pour nous, c’est un individu qui a agi et non un lycéen ». Le campus compte 1 200 élèves toutes filières confondues. Et à 18 heures, ce jeudi soir, 80 % des élèves sortaient des cours. Aussi le proviseur est-il conscient que le ou les protagonistes comptent parmi ses élèves. « Nous avons de très bons élèves mais aussi quelques perturbateurs, reconnaît-il, et nous sommes parfois obligés d’appliquer des sanctions disciplinaires. Pour cette affaire, nous avons fait en sorte de ne pas perturber la sérénité de l’établissement. » Toutefois, des élèves ont été choqués par ce fait divers. L’incendie du bus a alimenté les conversations dans les interclasses. Il a donc en quelque sorte rompu la quiétude des deux établissements. D’autant que pour les besoins des investigations, les lycéens qui ont emprunté la ligne 1 le soir du sinistre ont dû défiler, les uns après les autres, au commissariat pour apporter leur témoignage. Et cela de vendredi à hier matin.

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