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Emeutes à St André (La Réunion)
(Le 12 décembre 2007)

Des jeunes tentent d’incendier un poste de police

Par AFP , le 12/12/2007

Dans la commune de Saint-André, à la Réunion, des jeunes s’en sont pris au bureau de police de la ville.

Plusieurs dizaines de jeunes de la commune de Saint-André, à la Réunion, ont tenté d’incendier le bureau de police de la ville, dans la nuit de mardi à mercredi et ont mis le feu à des voitures et commerces.

Les incidents ont démarré vers 22 heures locales quand des jeunes armés de batons et de barres de fer, ont attaqué le commissariat, fermé à cette heure-là et situé en centre-ville. Ils ont mis le feu à une poubelle poussée sous le porche, ce qui a provoqué un début d’incendie et dégradé la façade.

Quand les policiers sont arrivés sur place, ils ont été accueillis à coups de pierres et ont dû battre en retraite. Les jeunes ont ensuite mis le feu aux locaux d’une agence d’assurance qui a été détruite ainsi qu’à deux voitures. Le patron d’un camion de pizza a été légèrement blessé par un coup de barre de fer.

Après ces dégradations, la bande a quitté le centre-ville où les renforts de police et de pompiers ont commencé à arriver. Le directeur départemental de la sécurité publique Michel Clément s’est également rendu sur place.

"Des individus ont tenté d’incendier le poste de police pour attirer les policiers sur place" a-t-il dit. Selon les premiers éléments de l’enquête, les jeunes voulaient se venger de l’interpellation d’un des leurs par la police.

Le sénateur-maire de Saint-André Jean-Paul Virapoullé (UMP) a vivement dénoncé ces actes, estimant que le meneur est un "gangster notoire" qui "n’est pas de nationalité française". "Si la justice ne peut pas nous mettre à l’abri de ces pratiques, nous ferons régner l’ordre nous-mêmes" a-t-il dit.

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Violences à Saint-André de la Réunion

Une trentaine de jeunes se sont attaqués à un bureau de police et à des commerces le mardi 11 décembre 2007 à Saint-André de la Réunion. 10 d’entre eux vont être présentés au parquet de Saint-Denis et 2 sont mis en examen pour détérioration de biens par incendie.

La Réunion aussi à ses « émeutiers ». Dans la soirée de mardi, vers 22h, plusieurs dizaines de jeunes de la commune de Saint-André, armés de bâtons, de barres de fer et de cocktails molotov se sont rendus en centre-ville et ont attaqué le commissariat, fermé à cette heure-là. Ils ont mis le feu à une poubelle poussée sous le porche, ce qui a provoqué un début d’incendie et dégradé la façade. Pendant ce temps, d’autres groupes ont vandalisé plusieurs commerces et un guichet bancaire.

A leur arrivée, les policiers ont été accueillis à coups de pierre et ont dû battre en retraite. Les jeunes ont ensuite mis le feu aux locaux d’une agence d’assurance qui a été détruite ainsi qu’à deux voitures. Le patron d’un camion de pizza a été légèrement blessé par un coup de barre de fer.

Puis des renforts de police et de pompiers sont parvenus à rétablir le calme, ce qui a permis au directeur départemental de la sécurité publique Michel Clément de se rendre sur place.

Délinquance organisée

Le lendemain, le secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer Christian Estrosi, a condamné "avec la plus grande fermeté" les violences et les dégradations commises dans la nuit à Saint-André à la Réunion et a apporté "son entier soutien aux forces de police qui ont réagi avec beaucoup d’efficacité et de sang-froid et qui ont permis que l’ordre soit rétabli rapidement sans qu’aucune victime ne soit à déplorer".

Il a assuré que l’Etat serait "sans faiblesse pour réprimer de tels actes, dont il est d’ores et déjà établi qu’ils ont un lien avec la délinquance organisée".

Selon le Procureur de la République, François Luguet, treize personnes ont été interpellées et interrogées à Saint-Denis : "Un individu a reconnu avoir jeté des objets incendiaires dans les locaux du commissariat", a t-il précisé à RFO-Réunion. Le Procureur a expliqué que c’est à la suite d’un ralé-poussé (une altercation) entre un jeune de Saint-André et un autre de Saint-Denis que tout à commencé. Pendant l’échauffourée, les policiers sont intervenus et ont interpellé le premier, également recherché pour trafic de drogue.

Ses amis se seraient alors rendus près du bureau de police dans le but d’en découdre avec les amis du jeune de Saint-Denis. Faute d’adversaires, ils se seraient ensuite spontanément déchaînés contre les voitures, les commerces et certains bâtiments.

Le jeudi 13 décembre, 10 jeunes ont été présentés au parquet de Saint-Denis tandis que 2 d’entre eux sont mis en examen pour détérioration de biens par incendie et entrave à la circulation. Ils risquent jusqu’à 12 ans de prison.

« La Réunion c’est comme la France »

Le lendemain des incidents, une passante désabusée a lancée « La Réunion c’est comme la France ! ». Et comme en France, la République entend prendre les choses en main. Aussi, le Préfet de la Réunion, Pierre Henry Maccioni a martelé au micro de RFO-Réunion : « Je ne suis pas prêt à laisser faire les voyous à la Réunion ».

Quant au sénateur-maire de Saint-André, Jean-Paul Virapoullé (UMP), il a vivement dénoncé ces actes, rappelant que le meneur est un "gangster notoire" qui "n’est pas de nationalité française". "Si la justice ne peut pas nous mettre à l’abri de ces pratiques, nous ferons régner l’ordre nous-mêmes et qu’après on ne viennent pas m’accuser d’avoir des nervis " est-il allé jusqu’à dire à la presse.

Unanime, la presse locale n’a pas hésité pas à expliquer au lecteur que ces troubles étaient "organisés" et que certains "émeutiers" auraient été armés de fusils à canon sciés. Pourtant, l’enquête officielle vient à peine de débuter.

Sécurité renforcée

Dans la commune de Saint-André, qui compte environ 50 000 habitants, ce sont entre deux et cinq fonctionnaires de police qui assurent les permanences de jour. Un effectif jugé trop faible selon la plupart des commerçants interrogés par RFO. Des commerçants du centre ville qui, depuis quelques années, dénoncent un sentiment d’insécurité lié à l’absence de commissariat permanent. Et ce constat est également partagé par les syndicats de police ainsi que quelques élus.

En réaction, Jean-Paul Virapoullé a donc mis ses administrés sous haute surveillance policière. Il a ensuite promis de créer un commissariat de police provisoire qui deviendrait permanent à partir de juillet 2008.

Un commissariat et rien d’autre

Dans Témoignages le quotidien local de gauche, Eric Fruteau, conseiller général, est allé dans le même sens : « Cependant, plus que jamais, l’existence d’un commissariat est une nécessité dans une ville de plus de 50 000 habitants. La sécurité relevant de sa compétence, l’État a un devoir de mission de service public ». Il a ensuite précisé : « Il nous faut sortir de ce langage demandant de régler la violence par la violence, même verbale (...) il conviendrait de prendre en considération le contexte de crise sociale que traverse notre société. » Le Conseiller a ensuite dénoncé les « propos racistes » de Jean-Paul Virapoullé à l’égard de certains de ces jeunes d’origine comorienne.

L’autre quotidien local, Le Journal de l’île, titre quant à lui « La population a toujours peur ». Peur, sans doute, que l’île ne s’enflamme comme le quartier du Chaudron en 1991, ou comme les banlieues de l’Hexagone en novembre 2005. Ou peur que le malaise social, mix de sous emploi, de sous formation et d’ennui, n’explose et ne laisse place à l’absurde de l’émeute. Ou peur encore que l’on évoque l’île dans sa réalité globale si éloignée de l’image lisse couramment répandue. Pour le moment on s’émeut. La Chambre de commerce et d’industrie de l’île a d’ailleurs assuré les commerçants de les « accompagner moralement ».

Le fantôme du Chaudron

En 1991, le quartier du Chaudron à Saint-Denis avait connu des émeutes régulières au terme desquelles ont a compté huit morts. A l’époque, Camille Sudre, président du conseil régional, avait dit déplorer « les violences et les exactions », mais estimait que « tant qu’il y aura cette société à deux vitesses, la moindre étincelle peut mettre le feu aux poudres ». Un rapport d’information du Sénat, rédigé à la suite d’une mission dans l’île, avait dénoncé « la fragilité de la situation sociale », qui, selon les sénateurs, laissait « craindre de nouveaux troubles ».

A Saint-André, on se plait déjà à reprendre le terme de « délinquance organisée ». L’enquête le dira. Pour l’heure, on prend des mesures d’urgence et on aide les victimes.

Mais les élus locaux comme les medias, chacun dans leur rôle, pourront-il faire l’économie d’une analyse à froid et de réformes nécessaires dans un département qui compte plus de 30% de chômeurs, une précarité grandissante et de vrais quartiers-bidonvilles ? Car qu’il s’agisse d’émeutes, de violences spontanées ou de délinquance organisée, dans tous les cas, ce genre d’incidents surprennent de moins en moins à la Réunion.

http://reunion.rfo.fr/article1522.html

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Façade incendiée du Bureau de police, le mardi 11 décembre 2007 à Saint-André de la Réunion.