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Toulouse : Voitures brûlées : 2007, l’année record
(Le 9 janvier 2008)

Toulouse

Délinquance. Pour la première fois, la barre des 2 000 voitures incendiées a été franchie l’an dernier.

Voitures brûlées : 2007, l’année record

Incroyable et triste record pour Toulouse et la Haute-Garonne. Le nombre de voitures qui, chaque nuit, brûlent ici ou là vient de franchir un seuil jamais atteint : 2 155 voitures ont été détruites en 2007. Ce chiffre, confirmé hier par la préfecture, prend en compte les voitures brûlées par propagation. Et, seule précision fournie par la préfecture, il inclut cent scooters. Ce bilan concerne Toulouse comme sa périphérie mais c’est bien évidemment la Ville rose qui est concernée au premier chef : selon nos informations, plus de 2000 voitures ont brûlé dans le secteur police, c’est-à-dire Toulouse, Colomiers, Tournefeuille et Blagnac. Nuits chaudes lors des présidentielles, impact des incidents de Villiers-le-Bel... Toulouse s’est encore distinguée.

2155 : cela fait six voitures incendiées par nuit. C’est près de 500 de plus qu’en 2006 (1 560) et près de 800 qu’en 2005 (1375), selon les bilans communiqués les années précédentes. Des chiffres qui laissent songeurs. Chaque année, ce sont aussi des millions d’euros qui partent en fumée...

le chiffre noir des escroqueries

« C’est devenu un phénomène de mode, soupire un officier de police. Nous sommes le seul pays en Europe à connaître ça », ajoute-il perplexe quant aux explications. À Toulouse, l’essentiel des voitures brûle dans les quartiers sensibles. Ce sont là principalement les petits modèles ou des véhicules anciens qui sont touchés : les Ford Fiesta, Opel Corsa, Renault Clio, Citroën AX ou Visa...

Mais pour les policiers, ce vaste chiffre cache aussi d’autres réalités, disparates, à commencer par les escroqueries à l’assurance. La Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA) estime à 10 % des incendies déclarés ce chiffre noir, ce qui est loin d’être négligeable. Chaque année, quelques arnaques sont ainsi déjouées par les enquêteurs.

« Une bagnole qui brûle à Bagatelle alors que le propriétaire habite à 100 km et dépose plainte pour vol, c’est louche », observe un policier. De gros véhicules du style 4X4 retrouvés calcinés ont ainsi semé le doute dans l’esprit des policiers éclairés par quelques « tuyaux ». Des doutes qui visent parfois des propriétaires au-dessus de tout soupçon : chef d’entreprise ou professions libérales... « Il y a aussi beaucoup de problèmes de voisinage, de règlements de compte, de rivalités entre quartiers... », ajoute un policier. Des menaces explicites sont ainsi mises à exécution.

Autres origines, plus soupçonnées que prouvées, des incendies de voitures surtout quand ils se produisent dans le centre ville : les marginaux et les anars. En février 2007, un SDF de 44 ans qui ne semblait pas avoir toute sa tête, a été interpellé après avoir incendié cinq voitures au Grand-Rond. « J’ai la haine contre la société », avait expliqué, devant le tribunal, Mustapha, finalement condamné à trois ans de prison. La semaine dernière, un homme de 37 ans a été arrêté rue Lejeune avec deux cocktails Molotov quelques instants après l’incendie de voitures dans le quartier. Et lors du dernier mouvement étudiant, deux engins incendiaires avaient été retrouvés place Saint-Georges abandonnés après une manif.

La Dépêche du Midi, 09 janvier 2008 à 08h22

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