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Italie : Feu au camp de Lampedusa

(11 avril 2011)

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Italie : Feu au camp de Lampedusa

ANSA, 11 avril 2011

Un incendie a éclaté dans le camp de Lampedusa où les migrants en voie d’expulsion se sont révoltés ce matin. Deux des bâtiments sont en flammes, pendant que des centaines de migrants essayent de s’enfuir dans les collines aux alentours. 50 migrants ont pu s’évader (tout en restant sur l’île d’où il est difficile de partir), d’autres ont été bloqués par les militaires qui encerclent le camp. D’autres sont regroupés à l’entrée du centre.


Lampedusa : poursuite des débarquements, tension parmi les Tunisiens

AFP / 11 avril 2011 23h01

LAMPEDUSA (Italie) - Deux embarcations transportant 98 et 128 immigrés sont arrivées lundi à Lampedusa, ce qui porte à 1.500 le nombre de migrants sur la petite île italienne où la tension est grimpée parmi les Tunisiens qui doivent être rapatriés.

Sur les 1.500 immigrés actuellement présents à Lampedusa, environ un millier sont tunisiens et devraient être rapatriés en vertu d’un accord signé mardi dernier entre Rome et Tunis. Les 500 autres sont des réfugiés originaires d’Afrique subsaharienne, qui ont fui la Libye.

Une trentaine de Tunisiens, accompagnés par une soixantaine de policiers, ont déjà été rapatriés par avion depuis Lampedusa en vertu de cet accord.

Après le départ de ce vol, plusieurs dizaines de Tunisiens inquiets sur leur éventuel rapatriement ont participé à un mouvement de protestation au centre d’accueil de l’île : accrochés aux grillages ou grimpés sur les toits, ils ont manifesté aux cris de "Liberté, Liberté !"

Plus tard dans l’après-midi ils ont provoqué un petit incendie dans le centre d’accueil mais les flammes ont été rapidement éteintes par les pompiers, a constaté un photographe de l’AFP.

Plusieurs dizaines d’entre eux ont sauté par dessus le grillage de l’enceinte du centre mais sont revenus par la suite dans les bâtiments, même s’ils continuent de protester et refusent leur rapatriement vers la Tunisie.

Un deuxième avion reconduisant des Tunisiens est parti lundi de Lampedusa.

Cette montée de la tension a été enregistrée alors qu’à Luxembourg, les ministres européens de l’Intérieur réunis pour discuter des conséquences des révolutions en Afrique du Nord sur l’immigration se sont séparés sans trouver de position commune.

L’annonce par l’Italie de son intention de délivrer à tous les migrants tunisiens arrivés depuis le début de l’année des permis de séjour temporaires de six mois pour circuler dans l’espace Schengen a suscité des remous au sein de l’UE.

"Nous ne pouvons accepter que de nombreux migrants économiques viennent en Europe en passant par l’Italie", a affirmé avant la réunion le ministre allemand Hans-Peter Friedrich.

Rome accuse l’UE, et particulièrement la France, de manquer de solidarité avec l’Italie, pays en première ligne pour l’afflux de migrants illégaux en provenance de Tunisie ou de Libye, soit environ 25.000 depuis le début de l’année.

"La réunion a été décevante", a estimé à son issue le ministre italien Roberto Maroni.

"L’Italie est laissée seule pour faire ce qu’elle doit faire et ce qu’elle continuera à faire. Je me demande si cela a vraiment un sens, dans cette position, de faire partie de l’UE", a-t-il ajouté.

Samedi, le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a affirmé que "le bon sens voudrait que soit trouvé rapidement un accord" avec notamment Paris qui "doit se rendre compte que 80% (des migrants tunisiens) déclarent vouloir rejoindre des parents et des amis en France".

Les autorités italiennes ont commencé dimanche à délivrer ces permis de séjour temporaires de six mois, malgré les objections de l’Allemagne qui a jugé cette décision de Rome contraire à "l’esprit de Schengen".

Ces visas doivent selon Rome permettre aux migrants de circuler dans l’espace de Schengen, ce que contestent Paris et Berlin.



Référence : http://cettesemaine.info/article.php3_id_article=4076.html