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Italie : la durée de rétention pourrait passer de 6 à 18 mois

(19 juin 2011)

par

Italie : la durée de rétention pourrait passer de 6 à 18 mois

17/06/2011

À l’issue du Conseil des Ministres d’hier, Silvio Berlusconi a annoncé qu’il avait pris un décret-loi sur l’immigration « qui permettra des procédures d’expulsion forcée immédiate pour les immigrés clandestins, et aussi pour les citoyens de l’Union européenne, qui commettent des délits ».

Roberto Maroni a ensuite expliqué les détails : le temps de rétention dans les CIE (Centres d’identification et d’expulsion) est porté de 6 à 18 mois « selon une procédure de garantie qui passe par le juge de paix », afin de rendre possible « l’identification et la procédure d’expulsion ». À défaut du délit de clandestinité aboli, le nouveau décret-loi permet « de remettre en vigueur l’expulsion forcée immédiate des sans-papiers pour ceux qui menacent l’ordre public et la sécurité, ceux qui ont déjà été expulsés, ou ceux qui violent des mesures de garantie prévues par la préfecture de police. » Selon le ministre, ces mesures sont pleinement conformes aux normes de l’Union européenne.

Berlusconi a en outre annoncé que le gouvernement était sur le point de conclure un accord avec le Comité national de transition libyen pour pouvoir renvoyer en Libye les immigrés arrivés en Italie. Cet accord, qui devrait être signé aujourd’hui par le ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, prévoit entre autres la construction d’un centre d’accueil pour « réfugiés » directement à Benghazi.


Rome et le CNT libyen scellent un accord pour gérer les flux migratoires

AFP, 17/06/2011 à 18:39

Un échange d’informations sur les organisations de trafiquants, leurs modes d’action et itinéraires ainsi que sur la falsification de documents d’identité est prévu.

Le gouvernement italien et le Conseil national de transition (CNT) libyen, organe représentant les rebelles, ont signé vendredi à Naples un accord pour gérer les flux migratoires, alors que des milliers de réfugiés africains ont fui cette année le conflit en Libye. L’accord "confirme l’engagement à une gestion partagée du phénomène migratoire à travers l’application de l’accord italo-libyen pour la collaboration dans la lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée, le trafic de drogue et l’immigration clandestine", selon le document officiel. Le texte a été signé par le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini et par le dirigeant du CNT, Mahmud Jibril.

Il prévoit un échange d’informations entre les deux pays sur les flux d’immigration illégale, sur les organisations de trafiquants, leurs modes d’action et itinéraires ainsi que sur la falsification de documents d’identité. Le CNT et l’Italie promettent de coopérer, y compris "au rapatriement d’immigrés en position irrégulière". L’accord est surtout symbolique, car l’écrasante majorité des 11 000 migrants arrivés cette année en provenance des côtes libyennes étaient des réfugiés originaires d’Afrique subsaharienne, protégés par la convention de Genève, que l’Italie ne peut donc ni expulser ni rapatrier. Selon des chiffres publiés vendredi, on comptait seulement 60 Libyens depuis le début de l’année.

Gage de sérieux du CNT

Le ministre Frattini a souligné que signer cet accord était une "reconnaissance du sérieux du CNT, qui confirme l’engagement libyen, alors que le régime de Tripoli utilise malheureusement le désespoir des réfugiés et migrants comme arme horrible de représailles contre l’Occident". L’Italie est disposée à assister le CNT, y compris avec des "équipements et structures", comme elle l’a fait pour la Tunisie avec l’envoi de "moyens de prévention pour les patrouilles" notamment. Jibril a souligné que le CNT "s’engage à l’application des accords", car pour "affronter ce phénomène de l’immigration illégale, il faut un effort conjoint". Mais il a aussi appelé à "traiter cette question du point de vue du développement".

Un traité conclu en août 2008 entre l’Italie et la Libye avait entraîné, selon les autorités italiennes, la diminution de 94 % des débarquements de clandestins en Italie, avec une politique de refoulement immédiat, d’ailleurs dénoncée par les associations de défense des droits de l’homme. Depuis le début de l’insurrection en Libye, le colonel Kadhafi a été accusé d’avoir "ouvert les vannes" de l’émigration.


1.820 immigrants se sont noyés en Méditerranée depuis début 2011

AFP - ‎16 juin 2011‎

ROME - Un total de 1.820 immigrants en provenance d’Afrique du Nord, mais en majorité originaires de pays au sud du Sahara, se sont noyés depuis début janvier en Méditerranée en naviguant vers l’Europe, selon la communauté catholique Sant’Egidio, qui organisait jeudi soir pour eux à Rome une veillée de prière.

Mgr Antonio Maria Vegliò, président du Conseil pontifical pour les migrants et itinérants, a présidé cette célébration intitulée "Mourir d’espérance". Elle était organisée par la communauté catholique Sant’Egidio, proche du Vatican, et d’autres associations pour réveiller la solidarité des Européens et en premier lieu des Italiens, à l’occasion de la Journée mondiale des migrations.

La plupart des noyés venaient de Libye, 187 venaient de Tunisie, a expliqué Sant’Egidio, citant des chiffres de l’association Fortress Europe. La plupart des victimes (1.633) se rendaient en Italie, principalement sur l’île de Lampedusa, la plus proche des côtes africaines.

Il s’agissait en majorité d’immigrants fuyant les combats en Libye, où ils travaillaient quand la guerre a éclaté. Ils voyageaient sur des navires surchargés et en mauvais état, pour des tarifs souvent exorbitants exigés par les passeurs, qui les abandonnaient parfois au large des côtes.

Selon Sant’Egidio, le bilan réel est plus lourd, certaines embarcations ayant pu couler sans que personne ne s’en aperçoive.

Depuis 1990, au moins 17.597 personnes sont mortes au cours d’un voyage le long des frontières de l’Europe.



Référence : http://cettesemaine.info/article.php3_id_article=4235.html