Retour au format normal


Milan : sabotage pour Sole, Baleno et la lutte contre le TAV [mis à jour]

(30 mars 2012)

par

Milan : sabotage ferroviaire pour Sole, Baleno et la lutte contre le TAV

D’après la presse italienne, la nuit de dimanche 25 à lundi 26 mars, des inconnus ont incendié, à l’aide d’essence, un des quatre postes électriques où se trouvaient les câbles d’alimentation de l’aiguillage ferroviaire entre Rogoredo et Lambrate. Les lignes Milan-Gênes et Milan-Bologne ont été interrompues. Une première estimation porte les dégâts à un demi-million d’euros, et des dizaines de kilomètres de câbles à remplacer. Sur place, des tags "No Tav" et "Sole et Baleno sont vivants" ont été retrouvés.

Aussitôt, ceux qui parlent depuis trop longtemps au nom de tout le monde, comme les site notav.eu et notav.info (proche des comités de base et des autonomes de l’Askatasuna) ont publié un communiqué de presse de dissociation en bonne et due forme.
Nous le traduisons ci-dessous, à titre exceptionnel, pour donner une idée de ce côté-ci des Alpes de ce que de telles crapuleries peuvent donner. Mais aussi parce que ce communiqué concerne non seulement ce sabotage-là à Milan, mais aussi celui du 3 mars dernier à Chambéry (ils se permettent non seulement d’ordonner ce qu’il faut faire en Val Susa, mais aussi partout dans le monde !). Et enfin pour reposer une fois de plus (comme après le sabotage en juillet 2011 contre Italcoge) la question de la complicité dans l’abjection entre ceux qui écrivent ces merdes para-institutionnelles, et tous ceux qui en France continuent d’envoyer des textes à ces deux sites ou d’en traduire, sans même au minimum préciser qu’il s’agit de sites de collabos du pouvoir... :

"A propos de l’incendie d’un poste électrique de la FF. SS. [SNCF italienne] dans la région de Milan, le mouvement NO TAV, comme à propos de faits analogues survenus en Savoie, déclare que ces actions ne font pas partie de notre méthode de lutte, qui sont des méthodes de luttes populaires faites à la lumière du soleil.
N’importe quel provocateur peut écrire No Tav où cela lui passe par la tête, mais cela n’implique pas le mouvement. Nous invitons donc avec une extrême fermeté les médias et les travailleurs de l’information à ne pas tenter encore et toujours d’impliquer le mouvement No Tav dans le seul but de le criminaliser et de le discréditer aux yeux de l’opinion publique
".
"Incendies criminels et tags No Tav", 26 mars 2012

Au-delà de ces prises de position opportunistes, il a suffit d’un feu pour montrer la grande différence qui existe entre l’analyse que "le Tav est partout", et l’intention de "transporter la vallée en ville". Dans le premier cas, il s’agit d’identifier l’ennemi, d’en dresser les contours et l’omniprésence sur le territoire, afin de le mettre à la portée de tous. Dans le second cas, il s’agit de publiciser un modèle jugé pertinent, en prétendant imposer les "méthodes de luttes populaires faites à la lumière du soleil". Et il est facile de comprendre au détriment de qui : de ceux qui entendent partir, agir et revenir en ordre dispersé, en fonction des goûts de chacun. Quant à ceux à qui cela profite, comme le disent les compagnons de Finimondo, c’est à "cette politique défendue par des stratèges qui, dans leur délire d’omnipotence, se sont mis en tête de pouvoir dicter à tous et à travers toute l’Italie, et pas seulement dans une petite vallée du Piémont, le manuel pratique du conflit - c’est-à-dire qui, quoi, comment et quand".

A bons entendeureuses !



Référence : http://cettesemaine.info/article.php3_id_article=4874.html