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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Valparaiso (Chili) : suite à l’assassinat de deux manifestants...
Article mis en ligne le 25 mai 2015
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Chili : agitation anarchiste lors des manifestations sur l’assassinat des deux jeunes à Valparaíso

Le 14 mai, deux jeunes [dont un militant des Jeunesses communistes] ont été assassinés dans la ville de Valparaíso au milieu d’une manifestation étudiante. Suite au fait que les jeunes effectuaient un tag sur la porte d’un bâtiment, le propriétaire les a attaqué avec un pistolet 9 mm en leur tirant dessus, provoquant leur mort devant les yeux atones des manifestants*.

Suite à cela, le gouvernement et les organisations de la gauche parlementaire ont condamné le fait et lancé des déclarations pour renforcer l’ordre démocratique, avec des discours de condamnation de "tout type de violence" (à l’exception de la violence policière, bien entendu).

A Santiago et Valparaíso se sont ensuite déroulées des manifestations auxquelles ont participé des personnes variées, et où les compagnons anarchistes ont distribué des tracts contre la mentalité citoyenne/policière promue et aiguisée par le pouvoir à travers ses médias, où il est mis en avant l’action de citoyens qui attaquent les individus cagoulés et les manifestants qui débordent les limites de la protestation formelle.

Contre la police étatique et citoyenne
Que vive l’anarchie !

* NdT : Selon plusieurs manifestants, le proprio a pris la tête aux tagueurs, puis s’en est pris à eux physiquement, récoltant pierres et bouteilles en retour. Son fils, Giuseppe Briganti (21 ans) est ensuite intervenu, menaçant de flinguer tout le monde, puis serait rentré chercher son gun et c’est lui qui aurait tiré et tué les deux étudiants (Exequiel Borvarán (18 ans) et Diego Guzmán Farías (25 ans)). Pour le défendre dans les médias, son père a précisé que son fils n’avait tiré que en l’air, qu’il n’avait rien contre les revendications étudiantes mais refusait toute dégradation de la propriété : "je suis contre les dégradations et les destructions à Valparaíso. Il y en a marre. Tout Valparaíso est détruit", concluant que "maintenant toute ma famille est menacée de mort"...

Texte du tract distribué :

L’assassinat de deux jeunes étudiants à Valparaíso s’explique uniquement comme le fruit d’une mentalité citioyenniste-policière promue et aiguisée par les puissants pour le maintien de l’ordre de la domination démocratique.

Bien qu’aujourd’hui les autorités le nient avec hypocrisie, ces assassinats sont la continuité logique du discours du pouvoir et des médias qui présentent comme des "héros" chaque citoyenNE qui agit comme un flic en attaquant ceux qui débordent les limites imposées de la protestation formelle.

Aucune agression sans réponse
Aucune confiance en la Justice
Ni dans les réformes des puissants

Débordons la dénonciation
et les luttes partielles
Pour la libération totale

Propager la révolte contre toute forme de pouvoir et d’autorité

[Traduit de l’espagnol de contrainfo, 16 May 2015]


Des manifestations contre le système éducatif dégénèrent au Chili

AFP, 15 mai 2015

Des dizaines de milliers de manifestants ont protesté jeudi contre le système éducatif chilien, alors qu’une réforme est en cours. A Valparaiso, deux étudiants sont morts.

Les deux victimes, âgées de 18 et de 24 ans, ont été tuées par balles lors d’incidents survenus dans la seconde ville du pays à la fin de la mobilisation autour de la réforme du système éducatif, initiée par la présidente socialiste Michelle Bachelet.

Selon des témoins, les tirs proviendraient d’un jeune de 22 ans vivant dans une maison où les manifestants voulaient coller des affiches. Il a été arrêté. Jeudi soir, des bougies ont été allumées à Valparaiso, en hommage aux deux étudiants tués.

Heurts à Santiago

Cette manifestation s’inscrivait dans un large mouvement de contestation, avec des protestations dans plusieurs villes du pays dont la capitale Santiago, où des milliers d’étudiants et d’enseignants ont défilé.

La manifestation, dans une ambiance bon enfant, a toutefois été émaillée en fin de parcours de quelques heurts entre des manifestants encagoulés, armés de bâtons et de pierres, et les forces de l’ordre qui ont utilisé des canons à eau. Plus de 130 personnes ont été arrêtées.