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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Pontoise (Val d’Oise) : Avis aux amateurs, bis de rappel sur le nouveau Pôle judiciaire de Gendarmerie nationale
Article mis en ligne le 26 mai 2015
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Chacun était prévenu, comme par exemple avec ce "Pontoise (Val d’Oise) : Avis aux amateurs, déménagement en cours de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie..." (6 janvier 2015) à relire ici. Ils sont en cours de déménagement.
A terme, ce sont 550 gendarmes qui investiront le site, dont les travaux ont débuté en avril 2012, pour un coût de 68 M€. Ils travaillent sur des plateaux pluridisciplinaires. Les militaires seront logés dans le quartier Bossut, situé à quelques centaines de mètres du PJGN, qui regroupe l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale, le Service central de renseignement criminel et le Centre de lutte contre les criminalités numériques.
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Les gendarmes ont inauguré leurs locaux : un QG façon "experts"

AFP, 23 mai 2015 à 0h01

Bernard Cazeneuve a inauguré le nouveau bâtiment à Pontoise qui accueille les locaux de la gendarmerie scientifique : une sort d’experts à la française pour se servir de la science et de la technologie pour résoudre des enquêtes criminelles plus rapidement.

Un scanner pour les autopsies, une collection de 8.000 armes, des "data-gendarmes" qui prédisent l’évolution de la délinquance : la gendarmerie regroupe ses centaines "d’experts" dans un pôle judiciaire flambant neuf dans le Val-d’Oise.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a inauguré jeudi après-midi à Pontoise ce bâtiment qui a coûté 68 millions d’euros.

De l’enlèvement d’enfant par un criminel qu’il faut identifier le plus vite possible par son ADN au simple délit de fuite, petites et grandes enquêtes confiées dans toute la France à la gendarmerie nationale remontent, pour des expertises techniques, jusqu’à ces locaux hautement sécurisés. La technologie la plus pointue y côtoie des méthodes plus artisanales, mais qui ont fait leur preuves.

Au laboratoire de génétique, sous atmosphère régulée, des opérateurs en blouse blanche, charlotte sur la tête et masque devant la bouche, peuvent traiter plus de 10.000 empreintes génétiques par mois.

La science pour résoudre des enquêtes criminelles

Il peut s’agir de prélèvements de salive d’un suspect, ou d’objets ayant appartenu à une victime. C’est ici que l’on a identifié les restes de chacune des 150 victimes du crash de la Germanwings. On espère, dans quelques années, avec les progrès scientifiques, pouvoir dresser des portraits-robots grâce à l’ADN de suspects.

Plus loin, un hangar aux airs de garage avec ses deux ponts élévateurs. En tenue de mécano, des gendarmes scrutent carrosseries et électronique embarquée pour déterminer si un véhicule a été maquillé par des voleurs de voiture. Ici aussi, on pense à l’avenir, et les gendarmes décortiquent déjà les "voitures connectées", dans l’espoir de comprendre comment ces véhicules, qui interagissent avec les téléphones portables, pourraient être bientôt la cible de pirates.

La plus importance collection d’armes de France

Autre fierté des militaires : dans l’armurerie est stockée la plus importante collection d’armes de France, 8.000 pistolets, fusils et autres semi-automatiques. "Cette bibliothèque vivante de référence" permet par exemple de déterminer si les armes utilisées sur une scène de crime ont subi "des modifications, ou si elles sont d’origine", explique Mikael Petit, à la tête du département de balistique.

Soigneusement rangées sur d’impressionnantes étagères coulissantes, elles racontent des décennies de délinquance : des armes rudimentaires larguées par les airs aux résistants de la Seconde Guerre mondiale aux dizaines de dérivés de kalachnikov, russes, chinois ou roumains, qui sont l’apanage des délinquants d’aujourd’hui.

Le site de Pontoise abrite aussi les spécialistes de la lutte contre la criminalité numérique et ceux du renseignement criminel, deux priorités de la gendarmerie.

Il s’agit "d’exploiter toutes les informations utiles à la lutte contre la délinquance, en prévention ou en répression" en "scrutant les signaux faibles", les nouvelles tendances de la criminalité, explique le général Jacques Hebrard, à la tête de ce pôle judiciaire.

Des techniques scientifiques pour anticiper l’évolution d’un groupe criminel

La gendarmerie place de vifs espoirs dans une nouvelle unité, chargée de "l’analyse prédictive". A l’instar des géants de l’internet qui scrutent nos données, ces matheux au service de la gendarmerie exploitent plus de 250 variables chiffrées, de l’urbanisation à la pauvreté en passant par les statistiques de la délinquance.

L’objectif est rien moins qu’"éviter que des faits ne se commettent", en prédisant l’évolution des délits dans un territoire, explique le lieutenant-colonel Patrick Perrot, chef de cette division analyse et investigation criminelle.

Cartes et graphiques à l’appui, ce gradé peut aider les groupements de gendarmerie à deviner quels seront les "points chauds" dans leur département, l’année suivante, et adapter ainsi leurs effectifs. Les gendarmes veulent aussi prouver que "la réponse à la délinquance n’est pas uniquement policière", et pourront conseiller aux maires par exemple d’agir sur certaines variables pour améliorer la sécurité, assure-t-il.

Selon lui, la méthode peut même être appliquée à un groupe criminel, pour prédire son évolution, voire pour analyser les actes d’un tueur en série. Un procédé "objectif et scientifique", sous le contrôle d’un juge, qui n’a "rien à voir avec Minority Report", film de Steven Spielberg où des criminels sont arrêtés avant même de passer à l’acte, tient à rassurer le gendarme.


Gendarmerie : une division spécialisée dans l’analyse prédictive permet de prédire la délinquance dans le temps et l’espace

Altlantico, 22 mai 2015

Le 21 mai dernier, Bernard Cazeneuve a inauguré le nouveau site dédié aux investigations du Pôle judiciaire de Gendarmerie nationale à Cergy Pontoise, dans le Val d’Oise. Une structure flambant neuve de 20 000 m2 basée sur plusieurs hectares accueillera désormais le Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N), l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) et le Service central du renseignement criminel (SCRC), cette dernière entité étant dotée d’une division spécialisée dans l’analyse prédictive.

Qu’est-ce que l’analyse prédictive ?

"On est loin du schéma caricatural de Minority Report", plaisante le Lieutenant-colonel Patrick Perrot, chef de la Division analyse et investigation criminelle du Service central du renseignement criminel. Le SNRC est une équipe d’une dizaine de gendarmes formés pour mesurer les tendances de la délinquance dans le temps et l’espace en se basant sur des données collectées. "On ne peut pas dire qu’un individu est préprogrammé pour commettre un meurtre. Nous travaillons sur le développement de faits, leur étendue et les axes les plus importants à surveiller. C’est une analyse de l’espace qui est fondamentale en gendarmerie" explique le Lieutenant-colonel Perrot à Europe 1. Les gendarmes surveillent donc les statistiques de l’Insee, le nombre de retraités ou de bénéficiaires du RSA par ville, ainsi que les données économiques et sociales des banlieues, des quartiers résidentiels et de différentes infrastructures. "Toutes ces données-là sont prises en compte pour voir comment évolue la criminalité, car c’est aujourd’hui avant tout une problématique sociale et économique". Le Lieutenant-colonel précise que "l’objectif est d’optimiser le ciblage face au développement de la criminalité pour être le plus pertinent possible dans [leur] surveillance" et que les gendarmes déployés sur le terrain sont demandeurs de ces données pour être plus efficaces.