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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Melilla (Maroc/Espagne) : le plus grand assaut depuis 2005 fait céder la frontière
Article mis en ligne le 2 juin 2014
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1550 migrants ont tenté de forcer le passage vers Melilla

L’Expression (Maroc), 29 Mai 2014

Près de 1550 migrants subsahariens clandestins, répartis en cinq groupes, dont 500 personnes ont été interceptées et 10 blessées ont tenté de forcer hier le passage vers l’enclave espagnole de Melilla (nord du Maroc), ont annoncé les autorités locales de la province marocaine de Nador. «  Ces groupes n’ont pas obtempéré aux sommations d’usage et ont procédé à des jets de pierres occasionnant des blessures à quatre éléments des forces de l’ordre et endommageant trois véhicules dont deux de service  », ont ajouté les mêmes sources dans un communiqué.

A Melilla, un porte-parole de la préfecture a indiqué que les immigrants « venaient par vagues » jusqu’à la triple frontière grillagée, de sept mètres de haut et onze kilomètres de long, qui forme un demi-cercle autour de la ville » ajoutant qu’ «  un morceau de la barrière, extérieur, a été renversé lors de l’assaut . »


Espagne : 500 clandestins franchissent la frontière à Melilla

Le Parisien, 28.05.2014, 13h43

La moitié ont réussi à pénétrer dans la forteresse de Melilla à l’aube. Quelque 1000 migrants ont tenté ce mercredi de franchir la haute barrière qui encercle cette enclave espagnole, au Maroc, et 500 d’entre eux ont réussi à mettre le pied sur le sol espagnol. Les migrants qui sont parvenus à franchir la frontière se sont ensuite dirigés vers le centre d’accueil gouvernemental de Melilla, déjà débordé.

« Certains ont été soignés pour des blessures légères dans l’infirmerie du Ceti », le centre d’accueil, précise le porte-parole de la préfecture.

« Vers 6 heures, il y a eu un assaut dans la zone de Barrio Chino », détaille un porte-parole de la préfecture de Melilla. « Ils venaient par vagues » jusqu’à la triple frontière grillagée, de six mètres de haut et douze kilomètres de long. « Un morceau de la barrière, extérieur, a été renversé » lors de l’assaut, ajoute ce responsable. « Les autorités marocaines ont bien collaboré. Il y a eu également un grand déploiement de la Garde civile. Mais il était difficile d’arrêter  » l’assaut, ajoute Juan José Imbroda.

Melilla, forteresse dépassée par l’immigration illégale

Cette vague est la plus importante qu’ait connue Melilla depuis 2005, selon les autorités locales. A cette période, quelque 700 immigrants d’origine subsaharienne avaient tenté de pénétrer sur le territoire espagnol, au péril de leur vie. Plusieurs d’entre eux avaient été tués par les forces de sécurité espagnoles. En mars dernier, également, quelque 500 personnes avaient réussi à pénétrer dans l’enclave.

Cette localité de 12,3 km carrés, comptant 70 000 habitants, est une commune autonome espagnole, enclavée au Maroc, située sur la côte nord-ouest de l’Afrique. Sa position géographique en fait une localité de transit pour accéder à l’Europe, et l’expose fortement à l’immigration clandestine. Les candidats à l’immigration y sont nombreux, en provenance de l’Afrique subsaharienne et du Maroc. Une fois passée la frontière de Melilla, ils pénètrent dans l’espace Schengen, et peuvent faire une demande d’asile dans cet espace de libre circulation des personnes qui compte 26 pays.

Une fois les migrants arrivés sur place, l’Espagne, conformément à la circulaire Dublin II, est responsable de l’examen de leur demande d’asile. Ils peuvent rester dans le pays le temps du traitement de la demande, la plupart du temps dans des centres d’accueil. De nombreux étrangers tentent donc de passer de force ces barrières, espérant par la suite rejoindre d’autres pays de l’espace Schengen, à l’image des Pays-Bas, de la France ou de l’Allemagne.

Un mur-frontière de 6 mètres de hauteur

Face à l’ampleur du phénomène d’immigration, l’enclave espagnole avait décidé en 1995 d’ériger un mur frontière pour contrôler le flux de migrants. 12 km et 6 mètres de haut, des barbelés et des caméras de surveillance, pour un coût de 33 millions d’euros. Plus récemment, le gouvernement espagnol a également décidé de mettre en place un puissant système de radars et de caméras thermiques pour la surveillance de ses côtes.

De l’autre côté de la barrière de Melilla, au Maroc, des migrants venus d’Afrique subsaharienne ont établi leurs campements, pour certains après un voyage de plusieurs mois, sur les pentes du mont Gurugu, dans l’attente de pénétrer sur le sol européen.