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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Villabona (Asturies) : sur la situation des compagnons Mónica et Francisco
Article mis en ligne le 14 octobre 2015
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Actualisation sur la situation de Mónica Caballero et Francisco Solar

Presque deux longues années se sont écoulées depuis que les anarchistes Mónica et Francisco ont été incarcérés, accusés d’ "appartenance à une organisation terroriste", de "ravages" et de "conspiration". Durant tout ce temps, ils ont affronté les cellules d’isolement de différentes prisons espagnoles, le régime FIES et la dispersion géographique, tout en ne cessant de réaffirmer leurs idées et en montrant une fois de plus l’abîme insurmontable qui sépare le monde auquel nous aspirons, nous les anarchistes, et celui que le pouvoir impose.

Il peut se passer beaucoup de choses en deux ans. Il y a eu le temps par exemple de réaliser deux opérations antiterroristes supplémentaires, Pandora et Piñata, en liant les trois affaires par les sigles GAC-FAI-FRI et en mettant en examen pour "terrorisme" un total de 25 compagnons et compagnonnes de plus dans différents endroits de la penínsule. Il y a eu le temps aussi de comprendre le défi de l’enfermement, de la solidarité et de resserrer les liens entre compagnons. Mais, au delà du temps, de ses posibilités et de toutes les tentatives pour obtenir la liberté des compagnons et compagnonnes, Mónica et Francisco sont actuellement encore en prison préventive (tous deux dans la taule des Asturies), en attente de procès.

Bien que la législation espagnole prévoit deux ans maximum de préventive, l’Etat peut allonger cette durée (sous l’argument de quelque caractère d’exception) de deux ans supplémentaires, de telle sorte que quelqu’un peut passer jusqu’à quatre ans dans les geôles espagnoles sans avoir été jugé. Vu qu’il reste un mois pour qu’ils aient purgé deux ans et qu’il n’y a toujours pas de date de procès, tout indique que ce dernier aura finalement lieu plus tard. Si tel est le cas, l’Audiencia Nacional devra se prononcer sur le fait de les maintenir en détention et de prolonger leur préventive de deux ans (le procès pouvant avoir lieu à n’importe quel moment de ces deux années supplémentaires) ou au contraire de les remettre en liberté dans l’attente du procès. Pour cela, à un moment ou à un autre ils devraient être transférés à Madrid et comparaitre devant l’Audiencia Nacional ; ce sera là et à ce moment que la décision sera prise sur la possible liberté provisoire de nos compagnons. Cette comparution, à huis clos, pourrait se tenir le 13 novembre, comme date limite, ou avant.

Bien que l’instruction ait été close en juin et que tout semblait annoncer que le procès se déroulerait à l’automne, la récente demande d’information complémentaire de la part d’une des parties civiles, pourrait avoir pour conséquence, si elle est acceptée, le retour à la phase d’instruction jusqu’à ce que cette nouvelle information judiciaire soit close. Cela retarderait le procès d’autant. En ce moment doit être aussi décidé si cette demande est acceptée ou refusée. Nous rappelons que, mis à part le Ministère Public, deux parties civiles se présenteront au procès contre nos compagnons ; la Municipalité de Saragosse et une témoin de l’explosion dans la Basílique del Pilar qui allègue de blessures à une oreille.
En tout cas, Mónica et Francisco risquent de nombreuses années de prison au cours de ce procès. On ignore encore combien d’années va réclamer le procureur, puisque l’acte d’accusation n’est pas encore sorti, mais les délits dont ils sont accusés impliquent de lourdes peines.

En dehors du terrain légal, il reste beaucoup de questions, mais il n’est pas exagéré d’affirmer que dans ce bras de fer contre la prison, l’attitude et la solidarité peuvent ébranler les objectifs de l’Etat, dès lors que nous parvenons à garder présent le soutien aux compagnons et la ferme détermination de poursuivre la lutte.
Comme tant d’autres l’ont fait auparavant et comme tant d’autres continuent à le faire, nous resterons complices de toutes celles et ceux qui se lancent dans le conflit contre la domination, font le pari de l’anarchie, sans autres certitudes que leurs propres passions.

Que la lutte continue, que la solidarité s’étende !
Liberté pour Mónica et Francisco !
Liberté pour tous-tes les anarchistes emprisonné-es !
[Liberté pour tous et toutes, NdT !]
Jusqu’à la fin de l’obéissance !

Quelques anarchistes
Barcelone, octobre 2015

[Traduit de l’epagnol de Indy Barcelone, 13 oct 2015]


Pour écrire aux compagnons :

Mónica Caballero Sepúlveda
Francisco Solar Domínguez
C.P Villabona-Asturias
Finca Tabladiello s/n
33422 Villabona-Llanera
Asturias, Espagne