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Nous n’avons aucune préférence pour les brèves dites "politiques" qui ne s’opposent aux brèves "sociales" que pour les chantres de l’avant-garde. Nous reprenons ici ces deux catégories pour être clairs, sans les partager pour autant : la guerre sociale n’a besoin ni de sigles ni de communiqués pour exister quotidiennement et n’attend pas les projecteurs médiatiques. Les secondes demandent cependant un dépouillement régulier des journaux, notamment locaux, ou bien des témoignages directs. Elles sont donc moins nombreuses.

Une dernière précision : les journaux étant la voix des flics, les notices sourcées d’eux sont à prendre avec précaution.

NB : sauf mention contraire, les traductions et synthèses seront anonymes, appartenant donc à tous. Si nous mettons un lien, ce sera donc uniquement vers la langue d’origine du texte.

Burgos (Espagne) : émeutes à Gamonal contre un projet d’aménagement urbain
Article mis en ligne le 15 janvier 2014
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Burgos (Espagne) : émeutes à Gamonal contre un projet d’aménagement urbain

La ville de Burgos* en Espagne connaît le feu et la destruction depuis vendredi soir (11 janvier 2014). De nombreuses manifestations contre un projet d’amménagement urbain ont été réprimées violemment par les flics et la situation est vite devenue incontrôlable.

Les habitant.es du quartier de Gamonal à Burgos protestent contre la construction d’un parking souterrain et de la conversion d’une rue principale de la ville, la rue Victoria, en un boulevard à deux voies. En réponse aux travaux et à la répression, des barricades enflamment les rues, des banques sont attaquées, des arrêts de bus détruits et les flics reçoivent leurs lots de projectiles...

La nuit suivante (du 11 au 12/01/2014), un rassemblement a lieu devant le commissariat de police pour exiger la libération des dix-sept personnes arrêtées la veille. Le proc’ demande la prison pour les personnes détenues, et un demi-millier de personnes retournent à Gamonal, où deux banques sont défoncées et des poubelles incendiées.

Dimanche 12 janvier dans la soirée, les émeutes continuent de plus belle. Plus de 3000 personnes se rassemblent pour la libération des personnes arrêtées, dont leur nombre s’élève à 40.

Lundi 13 janvier, plusieurs milliers de personnes se rassemblent dans la journée, des barrières du chantier et de sécurité volent sur les flics. Il semblerait que la répression policière qui s’est déchaînée lors des dernières nuits - du fait de l’envoi sur place de dizaines de fourgons de flics antiémeute et de la Guardia Civil - ait incité davantage de personnes à descendre dans la rue contre ce projet urbain dont les habitant-e-s ne veulent pas !

Durant la nuit de lundi à mardi, 6 nouvelles arrestations ont lieu, ce qui fait un total de 46 personnes détenues par les flics.

Mardi 14/01, dès 6h30, des groupes de manifestant-e-s s’organisent pour empêcher les engins de pénétrer sur le chantier et bloquer l’avancée des travaux. Lycén-nes et étudiant-e-s de Burgos rejoignent la lutte en se mettant en grève illimitée ; Une des deux personnes incarcérée en préventive est libérée sous caution (de 3.000 euros). L’assemblée des habitant-e-s du quartier met en place une caisse de solidarité avec la personne toujours incarcérée.

Lors de cette même assemblée populaire, trois points sont adoptés par les habitant-e-s :

- arrêt immédiat des travaux
- libération totale de tous les prisonniers
- fin de l’occupation militaire et policière du quartier ‘Gamonal’ (ou plutôt « les flics hors de Gamonal »)

Dans la soirée, une manif est partie du quartier pour se rendre au commissariat et exiger une nouvelle fois la libération de toutes les personnes détenues.

Dans son rôle de larbin habituel du pouvoir, la presse nationale et internationale n’hésite pas à relayer les sales déclarations du ministre de l’intérieur espagnol, qui accuse « des groupes itinérants violents d’avoir infiltré les manifestations« .

Dans l’après-midi de mardi (14/01/2014) le maire de Burgos, Javier Lacalle, n’a pas d’autre choix que d’annoncer l’arrêt des travaux du boulevard et du parking pour au moins 15 à 20 jours (vu l’ampleur des manifestations destructrices et incendiaires à Gamonal). Des appels ont tourné pour ne pas relâcher la pression sur les autorités locales, même si c’est une petite avancée dans l’immédiat.

* Burgos est une ville située à près de 150 km au sud ouest de Bilbao. ‘Gamonal’, à l’est de Burgos est réputé pour être un quartier populaire aux fortes traditions de luttes.

[Repris du Chatnoiremeutier, qui a non seulement effectué cette synthèse, mais aussi des mises à jour régulières, 14/01/2014]

Pour celles et ceux qui s’intéressent à la continuité des luttes, le journal anarchiste Cette Semaine (n°90, automne 2006, pp.22-25) avait traduit de l’espagnol il y a sept ans un long texte de L’Observatoire Métropolitain contre la Spéculation Urbaine (Gamonal, juin 2006), déjà sur la lutte contre un projet municipal de parking à Burgos. On peut le retrouver ici, sous le titre : "Pour celles et ceux qui ne sont pas au courant de ce qui s’est passé... à Gamonal (Burgos)."